Denis Mukwege : «il y a urgence pour nos autorités à démontrer également une réelle volonté politique pour mettre fin à l’insécurité à l’Est de la RDC »

Denis Mukwege : «il y a urgence pour nos autorités à démontrer également une réelle volonté politique pour mettre fin à l’insécurité à l’Est de la RDC »
Denis Mukwege. Ph. Laprunellerdc.info
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Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix 2018 appelle les gouvernants à démontrer une réelle volonté politique pour éradiquer l’insécurité à l’Est de la République Démocratique du Congo comme pour le cas de la mobilisation contre la Covid-19.

Un appel lancé dans un communiqué rendu public ce mardi 19 mai 2020, consulté par Laprunellerdc.info.

«Il y a urgence pour nos autorités à démontrer également une réelle volonté politique pour mettre fin à l’insécurité à l’Est de la RDC et prendre les mesures nécessaires pour prévenir la non répétition des violences à grande échelle que notre population subit depuis plus de 20 ans » appelle Denis Mukwege.

Pour Denis Mukwege, les solutions existent. Elles ont notamment été listées dans les recommandations du Rapport Mapping du Haut-Commissariat des Nations Unies publié il y 10 ans. C’est notamment l’établissement d’un tribunal international pénal pour la RDC et/ou de chambres spécialisées mixtes, mécanismes d’établissement de la vérité, programmes de réparation, et réforme profonde des secteurs de la sécurité et de la justice. 

«Le temps est venu de déterrer le Rapport Mapping car les victimes d’aujourd’hui et d’hier ont droit à la justice, à la vérité, à des réparations et à des garanties de non renouvellement face à ces atrocités qui doivent tous nous interpeller et qui doivent susciter des actions fortes des autorités congolaises et de la communauté internationale », insiste Denis Mukwege.

Contexte

Ce communiqué du Docteur Denis Mukwege arrive alors que dans la nuit de samedi à dimanche 17 mai, une vingtaine de personnes ont encore été massacrées à la machette à Djisa, en chefferie de Bahama Nord, dans le territoire de Djugu (Ituri). Parmi les victimes, on compte notamment des enfants, des femmes et des personnes âgées.

Il alerte sur le fait que ces tueries largement attribuées à la milice CODECO risquent de provoquer la formation de nouvelles milices d’autodéfense et d’attiser encore les violences intercommunautaires si les forces de sécurité nationales et de la MONUSCO ne parviennent pas à stabiliser la situation. 

Au Nord Kivu, rappelle Denis Mukwege, des milices poursuivent également leurs exactions dans l’impunité. Les ADF ont encore massacré 7 personnes ce dimanche 17 mai à Kokola, à proximité de Beni, où près de 1500 morts sont imputés à ce groupe armé depuis 2014. 

Au Sud-Kivu, les armées rwandaises et burundaises se battent par groupes armés interposés dans les hauts-plateaux de Minembwe, détruisant tout sur leur passage.

Et dans le Tanganyika, les Zambiens  qui, jusque-là, avaient entretenu de bonnes relations de voisinage avec  la RDC, à l’instar des voisins de l’Est, ont récemment envahi le pays « avec des conséquences sérieuses pour notre population ».

«Il faut mettre fin à la violence. L’instabilité et les massacres à répétition ne peuvent rester sans réponse » insiste le « réparateur des femmes ».

Gracieuse Wany S.

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