Sud-Kivu: des activistes LGBT persécutés à Kamituga, RSM hausse le ton

Mairie de Kamituga
Mairie de Kamituga

6 activistes LGBT ont été persécutés fin juillet dernier par des membres de la communauté locale dans la ville de Kamituga, en province du Sud-Kivu.

Selon les informations de Laprunellerdc.info, des actes de violence, harcèlement et menaces de morts se sont intensifiés ces derniers mois, contre ces activistes LGBT dans cette ville minière du territoire de Mwenga.

Nos sources sur place renseignent que la communauté locale, des chefs coutumiers et des leaders communautaires locaux; accusent ces minorités sexuelles d’être en conflit avec la coutume «lega» dans leurs pratiques, qu’ils jugent de «sataniques et diaboliques».

Le 31 juillet dernier par exemple, 6 activistes LGBT ont été victimes de menaces de mort de la part des personnes inconnues; suivis des injures des habitants qui par des mots « choquants » ont menacé de les lapider.

Le même samedi vers 8 heures locales, pendant que ces activistes LGBT étaient à leur domicile; une foule de personnes s’est présentée au tour de la maison avec des fouets, scandant des chansons menaçantes à l’encontre de ces activistes.

Ces personnes ont forcé la porte avant de s’y introduire, et ont passé à tabac ces 6 activistes.

Selon nos sources, les victimes ont réussi à s’échapper et ont pris refuge chez l’un des leurs à Kamituga, mais n’y sont pas restés suite à la persistance des menaces.

C’est là qu’elles auraient pris la direction de Lugushwa, où elles vivent en clandestinité.

« Les victimes ont été obligées de louer une maison où elles vivent ensembles; car ayant été chassées par leurs familles respectives suite à leur orientation sexuelle. Maintenant nous apprenons qu’elles sont à Lugushwa, » renseigne une source locale sous couvert d’anonymat.

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Cependant, le Maire de la ville de Kamituga, Alexandre Bundya M’pila contacté par Laprunellerdc.info, indique qu’il n’est pas jusqu’ici saisi par cette situation. Celui-ci promet de donner d’amples détails une fois au courant.

Mais en réaction, Rainbow Sanraise Mapambazuko (RSM), une organisation locale qui encadre les activistes LGBT au Sud-Kivu, dénonce ces persécutions contre ses membres, et plaide pour leur évacuation dans la ville de Bukavu afin de leur garantir la sécurité.

Selon RSM, ce cas n’est pas la première violence à être infligée à ses membres de Kamituga. Déjà le 24 janvier 2020, soutient cette structure, deux activistes LGBT basés à Kamituga avaient été enlevés dans des circonstances jusqu’à présent non élucidées. L’un a été retrouvé mort 76 jours après son enlèvement, à 78 kilomètres de la ville de Kamituga sur la route Kamituga-Lugushwa. Et l’autre reste toujours disparu, malgré les enquêtes menées par différents services de sécurité et ses collègues LGBT pour tenter le retrouver.

RSM n’exclut pas l’hypothèse d’un enlèvement lié à leur orientation sexuelle et surtout qu’avant leur enlèvement, selon elle, ces deux activistes LGBT menaient des activités de sensibilisation de la communauté locale, pour le changement de leur perception des minorités sexuelles.

Bertin Bulonza

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1 commentaire

  1. Bonjour à tous, et bravo à M. Bulonza pour ce travail journalistique! Cette situation des minorités est très inquiétante, et un sujet de préoccupation à l’échelle internationale. La violence envers les moins forts, et notamment les minorités sexuelles, témoigne d’un état de droit malade et très dégradé. L’évolution de la législation doit assurer l’égale protection de tous les citoyens, et bien-sûr indépendamment de toute considération de leur orientation sexuelle réelle ou supposée. Le respect des libertés individuelles et la punition des coupables de violences (autrement dit, la justice), sont le meilleur moyen de favoriser le progrès et le développement économique. Sans paix sociale, sans respect des droits individuels, quelle sorte de progrès le Congo RDC peut-il espérer? Le progrès collectif commence par la paix, et le respect.
    Merci à vous.

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