Le territoire de Walungu en général et la chefferie de Ngweshe en particulier connait une infertilité du sol très criante depuis quelques années maintenant. Malgré toutes les méthodes de jachère, les habitants se plaignent toujours que le sol ne produit pas.
A en croire notre reporter en séjour dans les groupements de Kaniola, Walungu, Izege, ni le manioc, ni les bananes plus rien de consistant ne sort du sol du Bushi.
Dans un milieu où l’agriculture est la principale activité et même pour tout revenu des ménages, des milliers des familiers sont aux abois avec l’apparition de l’épidémie qui a d’abord ravagé tous les maniocs, et ensuite les bananerais.
Cette improductivité des activités champêtres n’est pas sans conséquences sur le plan social, sécuritaires et même environnemental. Le taux de malnutrition s’est accru selon les rapports des zones de santé, le banditisme et même la déforestation sont plusieurs conséquences qu’on peut palper dans les milieux affectés par l’infertilité du sol.

Pour monsieur Mubalama Maroy, un ancien cultivateur, converti en tailleur, les populations de ces milieux sont en désarroi faute des terres.
« Nous sommes ici sans aucune force. Nous ne cessons de nous demander qui nous a jeté un mauvais sort, de nos jours, tu ne peux plus trouver ni patate douce, ni manioc ni banane dans un ménage. Plus rien ne sort de notre sol. On nous a parlé de la mosaïque, on ne sait pas d’où est-elle venue. Voilà que j’étais déçu et je me suis converti en tailleur là non plus ça ne va pas parce que pour que j’aie un client il faut que celui-ci vende les braises. Depuis que les champs ont cessé de produire, tout le monde est devenu fabricant et vendeur des braises ce qui n’est pas aussi bon pour l’environnement»
Désespéré, Mubalama ne comprend pas le bien-fondé de la cérémonie traditionnelle dite « Mubande », il va plus loin en disant que cette cérémonie au lieu qu’elle attire bénédiction et production abondante comme on s’y attend souvent, elle lui attire la foudre, la famine, le malheur. Il veut que les autorités coutumières reviennent et demandent aux ancêtres le pourquoi de tout ce malheur.
Le territoire de Walungu comprend deux chefferies et douze groupements. Ceux-ci sont victimes de l’infertilité de leurs sols contrairement aux territoires voisins des Mwenga et même Kabare. Il vit désormais grâce aux importations même des légumes venant de Bukavu ou Kabare voisin.
Rappelons que la cérémonie tradition de Mubande est prévue ce dimanche à Walungu par le mwami Ngweshe. Il s’agit notamment de la bénédiction de la semence pour une bonne culture et très grande récolte selon la coutume. Deux autres cérémonies similaires ont été organisées les deux dernières années mais s’en était suivi du désastre, pluie diluvienne qui causaient d’énormes dégâts dans les champs des paysans.
Faudra-t-il une nième «Mubande» pour s’attirer la sympathie des ancêtres et redorer le sol de sa fertilité ?
Est-il que c’est aussi mythique!






