Vital Kamerhe: L’homme qui finit par avoir raison? – La PrunelleRDC.info

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Vital Kamerhe est l’une des personnalités qui font bouger la sphère politique à tout moment en République démocratique du Congo. Qu’on le kiff ou qu’on le déteste, « monsieur Google » comme l’appellent ses sympathisants, est un acteur incontournable du jeu politique du pays ; et de part son influence, il est capable d’élargir son emprise même à ses adversaires.L’unanimité n’étant pas de ce monde, certains ne partageront  pas ce point de vue mais à chacun ses mérites .

Principal pionnier du succès XXL du président Joseph Kabila aux élections présidentielles de 2006, l’homme passera à l’opposition en 2009 suite au désaccord avec son champion autour de la venue de troupes rwandaises en RDC pour une opération conjointe de traque des FDLR (Front Démocratique pour la Libération du Rwanda). A l’opposition, il va lutter aux côtés du vétéran Etienne Tshisekedi, sans trop d’entente, pour déloger le président Joseph Kabila de la commune de la Gombe. Planificateur par excellence, Vital Kamerhe proposera moult voies à son ainé, mais aucune ne fut mise en application compte tenue de la méfiance qui régnait entre les deux hommes, Etienne Tshisekedi le traitant de « taupe de monsieur Kabila » ! Au finish, son tout dernier plan, celui de la dispersion dans l’unité (qu’il nomma triangle nucléaire), n’aboutira à rien car le président Kabila a pu décrocher un autre quinquennat.

L’homme qui commence par où les autres vont finir
Après avoir tenté en vain l’invalidation des résultats des présidentielles via la cour suprême de justice, qu’il estimait avoir été truquées, infatigable, Vital sillonnera tous les salons internationaux en train de prêcher un dialogue réunissant toute la classe politique afin de « mettre un terme à la crise politique née du raté électoral de 2011 ». Peu de gens lui prêtèrent oreille à ce moment ! Il n’aura raison que des années plus tard quand les autres (opposition radicale pro-Tshisekedi et gouvernement) se réunirent à plusieurs reprises sur le vieux continent afin de préparer un éventuel dialogue prévoyant une éventuelle transition.

D’abord non-partant pour le dialogue de la cité de l’Union africaine qu’il qualifiait de Messe noire, Vital Kamerhe s’inscrira, en un clin d’œil, dans le sens des dialogueurs. Ceci lui vaudra diabolisation quand le camp Tshisekedi, désormais dénommé Rassemblement des forces politiques et sociale acquises au changement, changea le fusil d’épaule et s’opposa au dialogue, pourtant en préparatif duquel le rassemblement s’est constitué à Genval. Sa participation à ce dialogue ne fut pas vue d’un bon œil car les conclusions reportaient les élections au mois d’avril 2018.

Avait-il raison, peut-être, car aujourd’hui ses réfractaires sont partants pour l’organisation des élections au premier trimestre de l’an 2018. Après l’échec du dialogue dit de la CENCO, dont les décisions n’ont jamais été appliquées selon les attentes du camp du rassemblement, l’opposition radicale, consciente d’avoir été roulée et que donc les élections n’auraient pas lieu avant la fin de cette année, ouvre enfin une brèche pour un prolongement dépassant la magique date du 31 décembre 2018 ; mais elle préconise une transition sans Kabila dont la formule peine à être révélée !
La démarche silencieuse vers les élections Malin, comme à son habitude, Vital Kamerhe est le seul, des leaders politiques du pays, qui s’atèle aujourd’hui à conforter son parti sur le terrain et à aligner ses troupes en ordre de bataille. Alors que le richissime Moïse Katumbi est cloué hors du pays par ses divers ennuis en justice dû à la question d’abus de confiance, de passeport étranger et de mercenaires, son retour au pays est devenu presque hypothétique. Félix Tshilombo Tshisekedi, qui devait raviver le rassemblement à l’intérieur du pays, ne semble pas trouver utile de le faire. Il passe du temps à sillonner les grandes capitales occidentales pour des missions diplomatiques que Katumbi, dans le cadre de complémentarité, assumerait correctement. A l’heure actuelle, Vital semble être le seul à avoir en tête l’idée de compétir aux élections générales dans ce pays ! A la majorité, on n’ose pas évoquer l’idée du successeur du Raïs ; et ce avec raison car le jour où cela fera l’objet d’un débat, ce sera sans doute un signe précurseur de l’éclatement de cette puissante famille politique, le président Joseph Kabila étant le seul en qui tout le monde se retrouve, et aucun leader ne sort du lot pour se positionner en potentiel remplaçant du chef de l’Etat en exercice.

Au rassemblement, les gens donnent l’image d’être sereins, mais le même problème de porte-étendard se pose ! Constitué d’un côté de disciples de feu Tshisekedi et de l’autre de déserteurs de la majorité présidentielle n’ayant pas digéré de voir le président Joseph Kabila franchir le cap du 19 décembre 2016 étant président de la République, l’union n’a de fondement que dans la lutte contre Kabila. En cas de victoire, les fidèles de feu Tshisekedi céderont-ils ce précieux butin à l’homme d’affaire Moïse Katumbi que leurs réfractaires accusent de les avoir achetés par ses millions ? Tenant également compte des diverses affaires en justice de l’ex-gouverneur du Katanga (l’affaire de passeport italien peut lui valoir l’exclusion de la course pour le fauteuil du palais de la nation), le rassemblement a besoin d’un homme fort autre que le chairman. Qui serait-il ? Félix ? A part ce nom de Tshisekedi dont il est héritier, le fils du monument n’a pas imposé sa notoriété au niveau national ! Pierre Lumbi ? Conseiller du chef de l’Etat en exercice, il y a peu, il n’aura pas la faveur des cadres du camp tshisekediste ; il est, en tout cas, mal parti pour émerger.

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