Ville morte à Mwenga: des structures citoyennes fustigent l’usage des balles réelles et gaz lacrymogènes à Kitutu

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Vue sur Kamituga, en territoire de Mwenga au Sud-Kivu

Des structures citoyennes fustigent le comportement des forces de l’ordre, lors de la journée « ville-morte » décrétée lundi 13 septembre par les organisations des sociétés civiles locales sur toute l’étendue du territoire de Mwenga, en province du Sud-Kivu, pour dénoncer l’exploitation illégale des minerais, la présence des militaires dans les sites miniers, et la destruction de l’environnement par des sociétés minières.

Les organisations La Sentinelle et la Fondation WNJ l’ont dit dans une déclaration commune rendue publique ce mardi 14 septembre 2021, et dont une copie est parvenue à Laprunellerdc.info.

Selon elles, c’est inconcevable de voir des personnes « censées protéger et encadrer » la population, être celles qui « l’insécurisent et la menacent ». Ces  organisations disent regretter que les paisibles citoyens aient été dispersés par des coups de balles réelles et de gaz lacrymogènes à Kitutu, dans la chefferie des Wamuzimu, par des éléments de la PNC et des FARDC.

« Nous tenons à féliciter tout d’abord la population de Mwenga en général et celle de Kitutu en particulier qui ont répondu présentes, ce 13 septembre 2021 à l’appel de la journée ville morte de réflexion et méditation contre l’exploitation illicite des minerais dans tout Mwenga. Par contre, nous fustigions et condamnons l’usage de la force et des tirs à balles réelles à Kitutu par la police sous les ordres du commandant Morgan. Non seulement, il a fait usage des balles réelles mais aussi, il a fait appel aux éléments des forces armées. Toutes en synergie ont procédé à l’extorsion des plusieurs biens et téléphones des paisible citoyens inoffensifs« , lit-on dans cette déclaration.

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Maître José Nepangi de l’organisation la Sentinelle, estime que ces officiers et leurs dépendants qui ont commis ces actes « de barbaries » doivent répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes.

« Nous mettons en garde ces officiers qui se sont livrés à ces graves violations des droits de l’homme car ils s’exposent à des poursuites judiciaires. Le cas du tout puissant général John Numbi qui vit en cachette servirait des cas d’école pour ceux qui doutent encore de l’État de droit que prône le Président de la République. Nous demandons à la population de ne pas céder aux intimidations qui n’ont qu’un seul but, le désir de faciliter la persistance des étrangers et militaires dans les sites miniers et exploitation sans indemnisation préalable« , dit-il.

En réaction, le Commandant district du territoire de Mwenga, Colonel Alexis Nawej Mungedi, a indiqué que ces éléments sont intervenus afin de remettre de l’ordre dans cette entité, car selon lui, la population semait des troubles à l’ordre public en barricadant et brûlant des pneus sur les différentes artères de la chefferie des Wamuzimu.

Pour rappel, la journée ville morte décrétée par les organisations des sociétés a tourné au vinaigre ce lundi. La PNC et l’armée ont dispersés des manifestants à l’aide de balles réelles et gaz lacrymogènes. Ceux-ci étaient descendus dans les rues pour exprimer leur mécontentement face au comportement de la police qui venait demander à la population de ne pas observer la journée ville morte de peur d’être arrêtée.

Zéro Chinois et zéro militaire dans les sites miniers d’exploitation artisanale, et le respect des différents cahiers des charges signés par ces sociétés en ordre avec l’État congolais, c’est par ces revendications que les différentes structures citoyennes de Mwenga ont appelé une journée ville morte de réflexion et de médiation.

Abdallah Mapenzi

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