Tufaulu Pamoja: une trentaine de jeunes formés par «La Prunelle Asbl» à Bukavu s’engagent dans la consolidation de la paix

L’organisation «La Prunelle Asbl» a clôturé ce mardi 15 juin 2021, son atelier de formation de deux jours, organisée à l’intention de trente jeunes leaders de la ville de Bukavu au Sud-Kivu, sur la non-violence active, la consolidation de la paix et la transformation des conflits.

Ces assises qui entrent dans le cadre du Projet « Tufaulu Pamoja », visaient notamment à orienter et préparer les participants, en aiguisant leurs compétences dans le domaine de la paix et la résolution des conflits, afin qu’ils puissent à leur tour sensibiliser d’autres jeunes à se convertir en communicateurs sociaux de la non-violence, la consolidation de la paix, et la transformation des conflits.

Ce deuxième jour, le formateur, Réconcilié Obonage, enseignant à l’Université Évangélique en Afrique (UEA), a parlé de la gestion des conflits, notamment comment analyser ses causes, la position, les intérêts et les besoins des acteurs au conflit, mais aussi les différentes méthodes de gestion de conflits, et les techniques de médiation.

Celui-ci a rappelé que la transformation du conflit, traite l’ensemble des sources sociales et politiques d’un conflit, et cherche à transformer l’énergie négative de la guerre en changement social et politique positif.

«Il existe tout un éventail de moyens créatifs pour aborder et transformer les conflits, dans et par le travail de jeunesse. Les plus importants sont les activités de consolidation de la paix, les actions de promotion de la non-violence, les activités de réconciliation et de renforcement de la confiance, les activités du travail de jeunesse sur des thèmes spécifiques, comme l’environnement, ou même les activités du travail de jeunesse qui utilisent les disciplines artistiques et sportives,» a-t-il dit.

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Réconcilié Obonage

Quant à la non-violence, Réconcilié Obonage a insisté sur le changement social qu’elle apporte, sans le recours à la violence. Selon lui, elle constitue aussi une alternative à l’acceptation passive de l’oppression ou du conflit armé, en réaction à l’oppression.

«Plusieurs activités de réconciliation et de renforcement de la confiance sont possibles dans ce sens. Parmi les activités déployées, il faut citer des démarches significatives d’éducation et de persuasion, des actions de désobéissance civile, des interventions directes non violentes ainsi qu’un travail de communication ciblée auprès du grand public avec l’aide des médias de masse. Ces activités visent à renforcer la confiance entre des groupes qui font preuve de méfiance mutuelle à cause d’actes de ségrégation et de violence qu’ils se sont mutuellement infligés. Elles peuvent impliquer des jeunes directement affectés par un conflit, ou des jeunes qui n’ont aucune expérience du conflit mais ont hérité des préjugés et de la méfiance des générations précédentes,» explique -t-il.

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Les participants à cet atelier se sont engagés à initier des actions visant à promouvoir la paix et l’entente, dans les différentes communautés, mais aussi dans le rapport entre les organisations des jeunes et les autorités publiques.

«Nous nous engageons à être un outil puissant dans la lutte contre la violence qui est l’une des causes qui déchiquettent le tissu social. C’est donc un engagement d’œuvrer pour la consolidation de la paix, et être porteurs des messages de la paix dans notre communauté, pour arriver à un développement durable dans nos différentes communautés, à travers l’accompagnement de nos autorités,» dit l’un des participants, Ledoux Nkuzimwami.

Même engagement pour Grace Maroy, qui promet de vulgariser les connaissances acquises dans cette séance de formation auprès des autres jeunes.

«Nous prenons la responsabilité de sensibiliser des jeunes sur l’importance de mener toute lutte dans la non-violence, et nous pensons que cela peut contribuer à la réduction des conflits dans nos communautés. Nous allons désormais sensibiliser les jeunes et les femmes sur comment identifier les différents types des conflits dans leurs milieu respectifs, pour bien contribuer à la recherche et la consolidation de la paix,» dit-elle.

La Prunelle Asbl
des participants à l’atelier de La Prunelle Asbl

La Directrice exécutive de « La Prunelle Asbl » a remercié les jeunes participants à cette formation. Celle-ci affirme que dans le cadre du Projet Tufaulu Pamoja, son organisation va mettre en place des clubs des jeunes, qui pourront se réunir mensuellement pour se rassurer que les notions apprises dans cet atelier sont mises en pratique.

«Nous sommes réjouis de voir qu’après cette formation de 2 jours, ces jeunes se soient engagés à communiquer et agir toujours dans la non-violence. Parce qu’on avait constaté que la violence, même verbale, prenait déjà une ampleur considérable, particulièrement dans les réseaux sociaux. Et on a estimé important d’appuyer sur ce levier pour booster la participation de ces jeunes, qui ont promis de participer activement dans la recherche de la paix dans leurs milieux respectifs,» ajoute-elle.

Judith Maroy pense également qu’à travers l’engagement de ces jeunes, leurs activités et manifestations pour réclamer soit la représentativité, ou soit qu’ils soient considérés dans la gestion du pays, se feront désormais de manière pacifique.

Pour rappel, le projet Tufaulu Pamoja, financé par l’Ambassade de Suède à travers CAFOD; a pour objectif principal d’amplifier la voix et la représentation fortes des jeunes et femmes; dans le cercle de prise des décisions et les processus de paix à tous les niveaux. Le Projet reçoit la facilitation de la Commission Épiscopale Justice et Paix (CEJP). Cet atelier de deux jours s’est tenu à l’hôtel Witness, dans la commune d’Ibanda à Bukavu.

Museza Cikuru

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2 commentaires

  1. Merci beaucoup pour cet atelier dont le contenu cadre vraiment avec le besoin actuel de notre temps. Que le Seigneur aide nos jeunes qui ont participé à cet atelier de s’appliquer à ce qu’ils y ont appris.

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