Sud-Kivu: soutenant le message de Mukwege du 30 juin, le Prof Nyaluma préconise une « deuxième indépendance » | La PrunelleRDC

Le professeur Arnold Nyaluma (AN) estime qu’il y a un impératif d’une deuxième indépendance en RDC après 58 ans d’accession à la souveraineté nationale et internationale. Dans une interview accordée à la rédaction de Laprunellerdc.info (Lprdc) autour du message de Denis Mukwege le 30 Juin dernier, celui-ci compare les dirigeants actuels à ceux de l’époque de Léopold 2.

Soutenant l’appel de son collègue Denis Mukwege, pour une Transition sans Kabila, il estime que les dirigeants actuels qui ont échoués ne peuvent pas organiser des élections au pays. Pour y arriver, il n’est pas nécessaire qu’on passe par les armes dit-il mais pense déjà à des actions de désobéissance fiscale et en appelle à la prise de conscience du Congolais. Interview

Lprdc : Le docteur Denis Mukwege s’est exprimé à l’occasion des 58 ans d’indépendance, que retenez-vous  de son adresse ?

AN : Ce que le prof Mukwege a dit, c’est ce que tout le monde voit. C’est-à-dire qu’à 58 ans d’indépendance, le peuple est resté aux oubliettes. Les dirigeants actuels ont exactement les mêmes méthodes qu’au temps du caoutchouc rouge de Léopold 2. C’est-à-dire que vous avez un gouvernement qui ne se préoccupe pas du bien-être de la population, qui n’a qu’un seul but l’exploitation du territoire, l’exploitation des richesses ; c’était ça sous Léopold 2 et c’est ce que nous vivons encore aujourd’hui et donc il y a un impératif d’une deuxième indépendance. Les congolais doivent encore se libérer et je crois que c’était ça aussi le sens de la communication du prof Mukwege.

Lprdc : Comment comprenez-vous qu’il continue soutenir que ça ne sert à rien d’avoir des élections et qu’il prône ce qu’il appelle Libération et préparer les élections après ?

AN :  Je crois que le prof Mukwege est mal compris parce que nous sommes tous dans une même dynamique pour dire que les élections n’auront pas lieu. Nous avons le courage de le dire. Nous constatons qu’il y a un zèle malsain qui est entretenu par la CENI et le gouvernement pour que les élections n’aient pas lieu. Alors l’on ne devrait pas attendre la fin, c’est-à-dire le 23 décembre, pour constater l’impossibilité de tenir les élections. C’est maintenant que ce constat doit se faire, et puisqu’il en est ainsi, puisque ceux qui devraient organiser les élections n’ont pas pu, on ne doit pas leur donner un prix. Ils doivent plutôt constater qu’ils sont incapables d’organiser les élections et se mettre à côté, laisser qu’on ait des gens qui peuvent organiser des élections et des bonnes élections.

Lprdc : Vous voulez une transition sans Kabila …

AN : Une transition sans Kabila et sans tous les hommes politiques et ce n’est pas la première fois, ça s’est fait en Centre Afrique, on a vu les résultats dont le modèle peut être reproduit au Congo.

Lprdc : Est-ce que vous professeur lanceur d’alerte, vous n’avez pas l’impression que vous criez dans le désert ?

AN : C’est ça le rôle de l’élite. Parce que quand vous êtes élite vous êtes en avance par rapport aux événements.  Lorsque Galilée a dit que la terre tourne autour du soleil, personne ne pouvait le comprendre  mais quelques mois après on l’a compris et c’est pourquoi nous voulons qu’il y ait suffisamment des professeurs lanceurs d’alerte ; des chercheurs, des intellectuels, des citoyens qui peuvent anticiper les événements et ne pas courir derrière les événements.

Lprdc : 58 ans, n’a-t-on pas connu quand même une certaine évolution sur le pla politique ?

AN : Je crois que non. Si on a eu un semblant de démocratie qui a duré à peine deux ou trois jours avant la mise au frigo de Patrice Emery Lumumba, nous avons sombré dans un noir pire encore d’ailleurs que la colonisation.  Puisqu’au moins le colonisateur a laissé les infrastructures que nous nous sommes attelés à détruire depuis lors ou acquérir à titre privé alors que c’étaient des biens publics.

Lprdc : Quel scénario prévoyez-vous à la fin de l’année 2018 en RDC ?

AN : Nous, nous proposons une transition sans les hommes politiques actuels. Nous demandons au peuple d’être en alerte. On va constater au 27 décembre que les élections n’ont pas eu lieu et on va mettre en congé les hommes politiques.

Lprdc : Comment vous allez vous y prendre ?

AN : Cette question a déjà été posée au Burkinafaso, cette question s’est posée dans plusieurs autres pays du monde, on n’a pas besoin pour cela de prendre des armes, il suffit qu’on dise Non et ça va aller. Aujourd’hui le peuple de Bunyakiri dit Non aux taxes et le gouvernement sera obligé de faire des routes ; et donc en partant déjà de l’incivisme fiscal, du boycott des autorités comme ça été le cas au temps de Gandhi eh bien on peut y arriver.

Lprdc : Un message à nos lecteurs ?

AN : Je veux dire à tout le monde que la situation que nous sommes entrain de vivre n’est pas une fatalité. Le Congo n’est pas condamné à être tel qu’il est. Un autre modèle est possible si chaque citoyen s’intéresse à la gouvernance et dit non à la médiocrité.

Propos recueillis par Honneur-David Safari

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