
Le projet de Facilitation du Commerce dans la Région des Grands-Lacs continue les contacts avec les membres des associations des petits commerçants transfrontaliers œuvrant dans la ville de Bukavu autour de la question de leur restructuration en association.
Ce vendredi 7 Septembre dans la salle des réunions du PFCGL à Labotte, ceux-ci ont échangé sur la question de l’évolution de l’adhésion des Petits commerçants Transfrontaliers aux associations.
Ont pris part à la réunion, les membres des Associations des commerçants transfrontaliers (transporteurs, handicapés et commerçants).
Alors quel regard ont les bénéficiaires du projet et comment accueillent-ils cette restructuration ? Après la rencontre de ce vendredi, certains commerçants ou bagagistes transfrontaliers se sont confiés à Laprunellerdc.info
D’abord c’est Willy Ringo (WR), président de l’association MAPENDA WALEMAVU RUZIZI 1er qui effectue ses activités à la frontière Ruzizi Ier séparant la RDC et le Rwanda parle de cela en tant que bagagiste et personne vivant avec handicap.
LaprunelleRDC: les petits commerçants viennent d’une réunion avec le PFCGL et la question de la restructuration est toujours au menu. Quel regard vous-avez en tant que bénéficiaires ?
WR : Nous, nous sommes contents parce qu’on est venu nous organiser. Il y avait déjà un désordre. Ces organisations qui sont venus aider les petits commerçants transfrontaliers sont à remercier ; nous en sommes contents parce qu’il y aura la réduction de ce désordre. Cette organisation a débuté à Goma, et comme ça arrive ici chez nous à Bukavu nous espérons que ça aura des bons résultats. Parce qu’on nous dit qu’un petit commerçant transfrontalier doit avoir le capital de 2000 dollars sans dérangement. Il doit importer des marchandises que l’on contrôle pour voir s’il est dans les normes de ce qui est exigé ou non. On nous a dit que c’est seulement les marchandises en provenance du Rwanda que nous avons l’autorisation d’importer, celles des autres pays doivent être rigoureusement contrôlées. Nous espérons que ça va nous aider parce qu’on nous met ensemble, on nous organise en associations et on sait désormais qui est petit commerçant transfrontalier et qui ne l’est pas. On nous dit que nous resterons d’un côté de la frontière pour aider les petits commerçants à transporter leurs colis. Je suis déjà dans l’association et on nous dit que c’est celui qui est dans l’association qui doit faire des transactions au Rwanda. Celui qui n’est pas dans l’association ne peut pas travailler ici à la frontière, ça nous aidera à bien travailler. C’est extrêmement positif.
LaprunelleRDC : Les rumeurs circulent que vous favorisez la fraude aux frontières, qu’en dites-vous ?
WR : Les questions de la fraude me dérangent beaucoup. Je ne pense pas qu’un handicapé qui continue de vivre dans la précarité puisse faire de la fraude. Si non, on serait déjà riche. L’enfant d’un handicapé n’étudie pas, il n’est pas comme les autres enfants ; alors pourquoi nous feront la fraude. Si un handicapé peut faire de la fraude je pense qu’il vivrait bien chez lui et ses enfants étudieraient. Si nous allons avec vous à frontière je peux vous montrer tel à la fraude et tel n’en a pas. Nous handicapés, nous sommes accusés gratuitement alors que nous pouvons aider l’État à dénoncer la fraude aux frontières. Nous lançons un cri d’alarme au gouverneur, aux autorités pour s’impliquer dans cette question et dénicher les auteurs de la fraude à la frontière, qui ne sont pas certainement des handicapés qui se réjouissent aujourd’hui de cette structuration. Un handicapé ne doit pas faire de la fraude, il doit dénoncer ces cas.

LaprunelleRDC : Quel est votre message à l’égard du PFCGL qui vous réunit continuellement autour de ce projet de restructuration ?
WR : Nous demandons au nouveau comité du FPCGL de travailler ensemble avec nous, de ne pas nous abandonner. Lorsque nous amenons un rapport il faut l’exploiter et laisser les autres-là qui restent à la frontière, qui disent du mensonge à propos de nous, qui veulent à ce que nous puissions quitter le travail pour eux.
Même son de cloche pour Mulangaliro Espérance (ME), membre de l’association militant pour la promotion des personnes marginalisées(PROPM) et petite commerçante transfrontalière qui aspire devenir grande commerçante grâce à ses activités. Elle s’est confiée elle aussi à Laprunellerdc.info.
LaprunelleRDC : Quel est l’avantage d’être au sein d’une association des petits commerçants ?
ME : En tout cas je suis contente. Premièrement nous les petites commerçantes on ne se connaissait pas, chacune devrait résoudre son problème lui-même. Mais depuis que le PFCGL nous a pris en charge, on se connaît. Tu trouves moi qui suis de l’avenue Essence je connais quelqu’un du Feu Rouge, de Nguba, presque toute l’entité de Bukavu et on sait résoudre nos problèmes.
La prunelle RDC : A part le fait de se connaitre, quel autre avantage avez-vous en association ?
ME : Lorsqu’un membre de notre association a un problème directement le comité de l’ACT descend sur le lieu pour le défendre, ça c’est l’avantage que nous avons au sein de notre association. Au sein de l’association il y a des filières. Lorsque nous allons au Rwanda et que nous sommes dans la même filière ça nous permet d’aller acheter à moindre prix. Comme moi qui fais le commerce des divers plastiques, j’achète à Kamembe. Nous connaissons le lieu où l’on vend cher et moins cher.

LaprunelleRDC: Quel résultat comptez-vous avoir après la restructuration par le PFCGL ?
ME : Nous espérons que ça produira de bon résultat pour nous permettre de quitter au rang de petite commerçante à celui de grande commerçante.
Laprunellerdc.info: Merci
Rappelons que c’est Seulement 1% des petits commerçants exerçant leur travail aux deux frontières de Bukavu qui se déclarent être en association, selon un rapport du consultant en charge de l’identification et de la cartographie des associations des petits commerçants transfrontaliers, dévoilé le 22 Août dernier.
Selon le consultant, la ville de Bukavu dispose de plus ou moins de 8000 petits commerçants transfrontaliers dont 2000 à Ruzizi 1 et 6000 à Ruzizi 2 repartis sur 18 marchés de la ville où sont écoulés leurs marchandises.
Ce manque d’association pour les petits commerçants, constitue un défi, selon les organisateurs car, c’est à partir des associations qu’ils tirent leur légalité.
D’où l’engagement du PFCGL d’organiser ces petits commerçants transfrontaliers afin que non seulement ils ne deviennent pas un casse-tête pour les administrations à la frontière mais pour que l’État Congolais soit aussi bénéficiaire des dividendes de leur travail. C’est pourquoi d’ailleurs le projet en cours pour la construction du marché transfrontalier à la Frontière Ruzizi 1er. Un projet financé par la Banque Mondiale.






