Sud-Kivu: Pierre Ndatabaye, le Mwami de Ngweshe, refuse aussi les réfugiés Burundais sur son sol – La PrunelleRDC.info

Touché, comme le reste de l’humanité, par les récents événements de Kamanyola ayant arraché la vie à plusieurs humains dont un officier congolais et 36 sujets burundais, dont 22 hommes et 14 femmes, l’autorité coutumière de la collectivité-chefferie de Ngweshe a choisi de sortir de son silence  afin d’exprimer sa désapprobation de la présence ces réfugiés à Kamanyola, compte tenu de la position stratégique de cette cité.

 « Tout en déplorant ces événements malheureux, (…), nous avons constamment récusé la présence sur notre sol des personnes qui appartiendraient à une secte mystico-religieuse qui aurait été interdite de fonctionnement au Burundi », a déclaré le Mwami Weza III dans un communiqué rendu public ce mardi 19 septembre 2017.

Dans cette déclaration officielle, le Mwami dit s’inquiéter de l’insécurité dans laquelle vivent les habitants de Kamanyola suite aux intempestives infiltrations qui s’y opèrent régulièrement ; pratique qu’il avoue avoir toujours dénoncé :

« La chefferie de Ngweshe n’a cessé de tirer la sonnette d’alarme quant à l’infiltration en groupement de Kashenyi, des personnes dont la présence n’a fait que désarticuler le fonctionnement harmonieux, et (…) a plongé nos population dans une psychose pérennante ».

Par ce communiqué, le mwami affiche sa ferme opposition à la présence des personnes appartenant à cette secte, tant à Kamanyola que sur le reste de l’étendue de la collectivité-chefferie, tenant compte de la forte démographie actuelle de la chefferie de Ngweshe et des malheureux souvenir de la venue des réfugiés Rwandais présents sur le sol congolais depuis près de  trois décennies déjà.

« Il ne peut être question d’accepter sur notre territoire, la présence de ce groupe compte tenu de la forte densité démographique à laquelle nous sommes butés, et le transit prolongé nous imposé des réfugiés rwandais depuis plus de trois décennies bientôt, avec la cohorte de conséquences que cela nous fait endurer jusqu’à ce jour »,  a annoncé Mwami Ndatabaye à l’opinion tant locale, nationale qu’internationale.

Mais les réfugiés, cités par nos confrères de radio Maendeleo, indiquent qu’ils ne veulent pas faire de la RDC leur terre promise comme l’ont annoncé les autorités congolaises et dénoncent la diabolisation dont ils sont victimes

« Nous sommes des réfugiés, ce n’est pas vrai, ce sont de fausses accusations, nous attendons le HCR pour être identifier et intégrer le camp de Mulongwe au sud de Fizi que les autorités nous proposent. Si les autorités et les peuples autochtones ne veulent pas de nous, nous sommes entre les mains du gouvernement et de ses partenaires qui peuvent nous chercher un autre endroit, il y a pas de problème, l’essentiel est que nous soyons sécuriser.  Notre terre promise, c’est le Burundi qui est notre patrie et pas Kamanyola », précise Nyandwi  Dionise, porte-parole des réfugiés cité par Radio Maendeleo de Bukavu.

Dans la nuit de vendredi 15 septembre plus de 36 réfugiés Burundais ont été tués dans des émeutes entre eux et les forces armées de la République Démocratique du Congo. Un sous-officier y avait aussi laissé sa peau. Une situation qui a renforcé le climat de méfiance qui règne entre ce groupe des réfugiés et la population autochtone.

John Achiza

Articles similaires

Meet The Team

We cover local stories & reporting on global events. We are three musketeers of media work in tight-knit harmony to bring you news that resonates.

Recent Posts

Advertisement