Sud-Kivu: Patient Bashombe ou le symbole d'une société civile de proximité | La PrunelleRDC

Le président du bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu est sur tous les fronts. De la base jusqu’aux activités de plaidoirie, Patient Bashombe semble être en train de tenir à sa promesse de rompre avec le passé bureaucratique et de se rapprocher d’avantage de la population qu’il est censé représenter.

Jamais un président du bureau de coordination de la société civile n’avait marqué sa présence à côté de la population en si peu de temps au cours des dix dernières années.
Patient Bashombe, élu en juin 2017 a déjà à son actif, au moins dix neufs descentes sur terrain et s’est déjà rendu dans les cinq territoires de la province et dans toutes les trois communes de Bukavu. L’ambitieux président veut aussi, avant la fin de cette année rejoindre Idjwi, Fizi et Shabunda. Finies donc les grandes époques de bureaucratie exagérée L’homme est sur tous les fronts où il faut vraiment être. Catastrophes naturelles, tracasseries policières, problèmes d’eau, d’insécurité, violations de droits de l’homme, l’homme marque sa présence au grand soulagement de sa base.

Pour exemple, on l’a vu à Panzi alors que les vendeurs dénonçaient une tentative de spoliation de leur lieu de travail, à Nyawera pour refuser les tracasseries policières récurrentes dont sont victimes plusieurs femmes en ce lieu, à Kadutu pour suivre l’incident du tuyau de la Regideso qui mettait en mal l’évolution des travaux de la construction du pont Kibonge alors qu’il pouvait laisser cette tâche aux noyaux. On l’a vu sur un terrain aussi dangereux que celui de Kamanyola avec la problématique des réfugiés Burundais « Il aime rassurer et se rassurer que tout va bien » commente un président d’un noyau de la société civile.

Pour David Cikuru de la société civile de Ndendere, « c’est très positif car il se rend compte des problèmes de la population. Grace à cette politique de proximité, la population communique avec les leaders sociaux », et de poursuivre, « ses prédécesseurs faisaient des rondes à Kinshasa, dans des séminaires et toujours cloués dans leur bureau ». Et Hyppocrate Marume, ancien président de la société civile de Nkafu de poursuivre « ces descentes sont une innovation à encourager de la part du nouveau président. Cela confirme sa distinction car il fait ce que les autres n’ont pas fait et cela se voit même dans les actions » commente-t-il.

En s’approchant de la base, cela peut faciliter le lobbying et le plaidoyer auprès des autorités de la place car il connait et voit lui-même le problème soutient Marume.

Bonne chose aussi pour Gentil Kulimushi, de la société civile, sous noyau de Cikonyi qui estime que cette présence quasi quotidienne de Patient Bashombe sur terrain, c’est très bien et ça donne un plus aux noyaux et sous noyaux.
« Ca va renforcer la société civile à la base » mais celui-ci demande au président de tout faire pour organiser les élections des présidents des noyaux et sous noyaux pour plus de crédibilité de ses animateurs.

Les noyaux et les sous noyaux sont en tout cas les chouchous du nouveau président du bureau de coordination de la société civile qui a été d’ailleurs propulsé par ceux-ci alors que ces adversaires s’en méfiaient ou presque.
Qu’on le veuille ou non, le président du bureau de coordination de la société civile a inauguré une nouvelle ère dans cette structure qui coordonne les forces vives de la province.

Ceci ne va pas sûrement manquer de lui créer des ennuis avec les autres structures qui profitaient de l’absence sur terrain des bureaux précédents pour se taper une certaine crédibilité au sein de la population. Et ça, le président de l’ONG Ouvriers d’Impact l’avait compris depuis la campagne pour son élection à la tête de cette prestigieuse structure citoyenne : Je serai plus sur terrain que dans mon bureau, disait-il.
Bashombe qui promettait après son élection qu’il sera le président de la société civile de proximité est, pendant ses six premiers mois en train de tenir ses promesses.

Il connait donc le pouvoir de la base et ne veut en aucun cas la décevoir. Ne pas décevoir sa base, oui mais jusqu’à quand ? Si cette attitude s’inscrit dans la durée, alors il ne sera pas malhonnête qu’il soit couronné « leader de proximité par excellence ». Mais plus deux ans et demie restent encore avant la fin de son mandat et il doit continuer à faire ses preuves.

Honneur-David Safari

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