Sud-Kivu: Ngwabidje et Marc Malago, tentent-ils d’écarter et/ou de diviser l’UNC ? | La PrunelleRDC

Le Gouverneur du Sud-Kivu et son adjoint tentent-ils de diviser l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) de Vital Kamerhe ?

C’est en tout cas la question qui circule sur les bouches des cadres de ce parti au Sud-Kivu depuis les péripéties de la mise en place du Gouvernement provincial et toutes les autres nominations au niveau provincial.

C’est d’ailleurs dans ce sens qu’abonde l’Interfédération de ce parti au Sud-Kivu qui dit, constater avec regret la mauvaise foi des autorités provinciales «de ne pas collaborer étroitement avec la hiérarchie de notre parti ».

Dans un communiqué  à l’intention de toutes les structures de son parti au Sud-Kivu, Richard Bunani dit avoir constaté la sortie en catimini des arrêtés pour cacher la représentativité réelle de chaque force politique selon son poids (cas de l’UNC), la remise des quelques postes de l’UNC à nos mandataires qui les répartissent selon leur désire sans aucune collaboration avec le parti, avec comme conséquences: la non maitrise du nombre réel des mandataires de l’UNC,  l’insoumission à la hiérarchie du parti et non versement de 10% du salaire perçu exigés à chaque mandataire, bipolarisation des instances dirigeantes de notre famille UNC au Sud-Kivu, l’indiscipline généralisée au sein du parti…la  tentative d’entretenir une division parmi les députés provinciaux en accordant à certains des petits avantages.

«Notre interfédération du Sud-Kivu a adressé plusieurs messages verbalement et par écrit pour demander à l’autorité provinciale de corriger toutes les erreurs constatées sans succès.  Suite à la pression que les structures du parti exercent sur l’interfédération dans le sens de revendiquer leurs droits, nous demandons à tous les animateurs de nos différentes structures ce qui suit: Organiser urgemment les réunions d’information afin de préparer nos cadres et militants à revendiquer nos droits par les moyens légaux, répertorier les membres de nos différentes structures qui sont déjà pris comme mandataires du parti dans les services publics » exhorte l’Interfédéral de ce parti au Sud-Kivu.

Pour Richard Bunani, les revendications de l’Inter-fédération doivent monter jusqu’au niveau national pour que les ministres nationaux de l’UNC respectent les recommandations du Président National, Vital Kamerhe en tenant compte du nombre de députés produit par la province du Sud-Kivu car, dit-il, «les électeurs de nos députés doivent être correctement récompensés ».

Une déclaration grave qui a tout son sens ?

Cette déclaration de Richard Bunani est grave mais elle a tout son sens, reconnaissent plusieurs cadres de l’Union pour la Nation Congolaise au Sud-Kivu.

En effet, explique un cadre, depuis les nominations au niveau de la province, rien ne passe par le parti. Tout se gère au niveau de Marc Malago, actuel Vice-Gouverneur et certains mandataires au niveau du gouvernement provincial et de l’Assemblée Provinciale.

« C’est eux qui gèrent toutes les opportunités du parti. Rien ne passe par l’intérfédération. Ils nomment ou font nommer des hommes et femmes à leur gré et souvent par amitié sans la casquette de notre parti. L’intérfédération ne gère que le bureau et rien d’autres » accuse un cadre qui a requis l’anonymat.

Le 19 juillet dernier, des jeunes et autres structures de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) disaient ne pas se sentir concernés par la gestion actuelle de la province dans la configuration actuelle et promettaient d’œuvrer jusqu’à ce que l’UNC recouvre “son image, son prestige et sa stature réelle”. Elles annonçaient d’ailleurs des actions populaires pour rétablir l’équilibre et l’équité « bafouées » par cette gestion si aucune solution « de bonne foi » n’est trouvée.

Dans cette déclaration relayée par Laprunellerdc.info, ces jeunes révélaient que ce parti, à travers ses structures et cadres, ne sont pas consultés dans le partage des postes à l’instar de la désignation des ministres, des conseillers et du personnel d’appoint des ministères et du gouvernorat de province.

«Nulle part et a aucun niveau, les structures de base, intermédiaires et centrales du parti n’ont été approchées, consultées et ou informées de ce qui était en train d’être fait ; les cadres et structures du parti ont été abandonnés à la merci des rumeurs et contraints à se ressourcer dans les réseaux sociaux ;les communicateurs et autres leaders d’opinion du parti se sont trouvés dans ces entrefaites constamment hors plaque, non informés au point de s’être souvent retrouvés en pleines confusions et contradictions ridicules » pouvait-on lire dans leur déclaration.

Ils accusaient clairement leurs mandataires en province d’avoir écarté des «dignes membres et pionniers locaux du parti», au bénéfice des « arrivistes et opportunistes parrainés par des mandataires du parti au sein des institutions publiques».

Une crise profonde à l’UNC Sud-Kivu

Des cadres de l’UNC ne le cachent pas : ces différentes sorties au sein de leur parti témoignent d’un malaise profond qui tarde à se résoudre et qui a voulu se résoudre par des «biceps».

Des biceps, oui, explique-t-on au sein de l’UNC, d’autant plus que les premières protestations de plusieurs cadres avaient conduit à des manifestations pour demander le départ de l’Interfédéral Richard Bunani. Des manifestations qu’on disait téléguidées par l’actuel Vice-Gouverneur et cadre de l’UNC, Fiston Malago. « Il voulait placer à la tête du parti des gens qui sont acquis à son désordre pour effacer le parti en complicité avec le Gouverneur » accuse un cadre.

Tout de suite, des députés s’en mêlent, ils tentent de résoudre la question mais certains sont « ridiculisés » car «séquestrés» dans le bureau de l’interfédération par des militants reconnus comme des «pros Malago». Plusieurs députés défendent «la légalité» et disent refuser le «gangstérisme» au sein de leur parti.

«Ce n’est pas parce qu’on est mandataire du parti qu’on se permet tout. On ne peut pas commencer à diviser le parti pour continuer à le gérer de manière cavalière, à manipuler tout le monde par des manifestations ridicules » réagissait un député.

Quelques jours plus tard, les uns et les autres tentent de dissiper le « malentendu » et se «réconcilient» mais comme on le peut voir dans ce communiqué de l’interfédéral de l’UNC, la situation est restée la même : les nominations se font toujours comme avant sans passer par le parti et les frustrations se multiplient.

Pourtant, les proches du Vice-Gouverneur se défendent de vouloir créer la cacophonie au sein du parti. Beaucoup pensent que les réactions des autres cadres du parti dénotent d’une «aigreur » parce qu’ils n’ont pas encore été nommés.

«Marc Malago n’a pas intérêt à travailler pour diviser le parti. C’est son parti et ceux qui racontent cela sont des aigris. Le parti est bien représenté au niveau provincial» dit un de ses soutiens et membre des institutions provinciales.

“Que vient faire le Gouverneur Théo dans une affaire d’un parti politique qui n’est pas le sien? Ils doivent régler leurs histoires et trouver où ça suinte et ne pas accuser un non-membre de leur parti de vouloir le diviser” répond un cadre AFDC, le parti de l’actuel Gouverneur.

Les autorités provinciales actuelles tenteront-elles de trouver la situation au problème en demandant la liste de ceux qui doivent être nommés au sein du parti UNC ou tenteront-elles de commencer des véritables pourparlers avec toutes les parties et revoir les choses? Pour l’instant, rien n’est prévisible mais les accusations de tentative de division du parti de Kamerhe se multiplient et les prochains jours pourraient être décisifs.

Jean-Luc M.

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