Nicolas Kyalangalilwa, membre du Bureau restreint de la Société Civile du Sud-Kivu et l’un des leaders du mouvement du 14 mars Dynamique Elila. Ph. Laprunellerdc.info
Le mouvement du 14 Mars, dénommé «M14/Dynamique Elila» se fixe désormais comme objectif de sensibiliser les communautés de base dans les territoires de Mwenga, Shabunda, Uvira et Fizi afin d’obtenir la création de la province d’Elila différente de celle du Sud-Kivu actuel afin, dit-on de permettre « aux peuples marginalisés d’avoir une libre administration et une autogestion » à travers un démembrement de l’actuelle province.
C’est en tout cas, une annonce faite le 14 mars dernier à la presse après une rencontre de certains jeunes de l’espace Lega à Bukavu.
Selon l’un des ténors du mouvement, le pasteur Nicolas Kyalangalilwa, cela est dû au dernier développement de la situation politique de l’heure avec notamment les différentes nominations au cabinet du chef de l’Etat et les élections du bureau définitif de l’assemblée provinciale.
«Il y a lieu de se poser des questions sur les motifs réels de certains acteurs politiques leaders du Sud-Kivu qui poursuivent un agenda qui fait expressément semblant d’ignorer les réalités géopolitiques de la province, au profit des intérêts égoïstes et politiciens. Ces réalités et sensibilités géopolitiques ont pourtant constitué depuis plusieurs années les bases de la paix et de la cohésion sociale ainsi que de la cohabitation pacifique des peuples du Sud-Kivu. Nous dénonçons ce complot ainsi que cette tendance néfaste de ceux qui visiblement jettent les jalons des tensions communautaires dans la province et qui cherchent par tous les mécanismes à frustrer et écarter le peuple lega de la gestion du pays en général et celle de la province du Sud-Kivu en particulier» dit la déclaration lue par Nicolas Kyalangalilwa.
Cette déclaration a été en quelque sorte soutenue dans la soirée de ce 14 mars par le député national Jean-Marie Bulambo Kilosho qui a appelait également à une gestion consensuelle du pouvoir dans la province du Sud-Kivu. Celui-ci c’était insurgé contre l’élection des membres du bureau définitif de l’assemblée provinciale en menaçant de « lâcher la bombe de scission».
Des mouvements des jeunes prennent acte
Dans une autre déclaration faite quelques heures après celle-ci, des jeunes réunis au sein de différentes communautés (Bashi, Lega, Bembe, Bafuliru, Banyamulenge, Bahavu, etc.) disent prendre acte de cette démarche. Ils disent par ailleurs déplorer les agissements de quelques leaders qui se « dissimulent derrière les casquettes tribales pour justifier leur échec aux échéances électorales ».
Ces mouvements des jeunes disent condamner fermement « avec toute la dernière énergie cette montée vertigineuse d’actes et des comportements tribaux dans le chef de certains leaders ».
«Toutefois, puisque la communauté du Sud-Kivu se sent plusieurs fois gênée par ces chantages à répétition de ceux qui ont décidé de se défaire du Sud-Kivu pour devenir demain un État d’Elila, nous prenons acte de leurs démarches mais nous leur rappelons que la scission d’une province est l’apanage du pouvoir constitutionnel et par ricochet un pouvoir laisser au peuple s’exprimant par référendum» disent ces mouvements des jeunes.
Cette question de la province d’Elila refait surface à chaque étape d’élections ou de partage du pouvoir dans la province du Sud-Kivu. Elle est évoquée par plusieurs acteurs politiques et sociaux et dans les salons de certaines mutualités tribales mais elle pourrait dégénérer si l’Etat ne s’y implique pas. Car, averti un acteur politique, «si ces leaders de la dynamique comprennent chacun les tenants et les aboutissants, il est possible que les masses interprètent autrement et que les agissements des uns et des autres aillent dans une direction dangereuse».






