Sud-Kivu: l’action de l’autorité se fait toujours attendre face aux incendies à Bukavu – La PrunelleRDC.info

Cela fait plusieurs mois déjà que les incendies ont pris de l’ascenseur dans la ville de Bukavu. Personne ne s’interroge jusqu’à ce jour sur leurs origines et leurs causes. On n’assiste qu’impuissamment aux désastres causés. Souvent ce sont les églises qui viennent au secours des sinistrés ou alors les organisations locales ou internationales qu’elles sollicitent pour cette assistance. Ce vendredi 17 Août à Bukavu au quartier Nyalukemba le feu a détruit plus de 400 maisons, selon les chiffres du chef de quartier.

Les services anti-incendies comme tous les services de l’État sont en veilleuse faute de paiement des salaires des agents ou encore faute de lubrifiants, de carburant, de matériels ou des pièces de rechange. Si le hasard permet que le camion de service soit en bon état, ce sont les bouches d’incendie qui ne sortent pas de l’eau car les tuyaux de la Regideso n’alimentent pas régulièrement tous les quartiers de la ville. A cela s’ajoute l’inaccessibilité aux lieux des drames.  Les habitations ont été érigées sans respect des normes au vu et au su de tous. Des routes, comme des canalisations prévues par les services techniques (géomètres et arpenteurs du cadastre foncier) ne sont pas prises en compte lors des constructions. Dans certains quartiers plusieurs maisons sont en dessous des lignes haute tension du courant électrique.

Une phrase habituelle : « L’origine reste inconnue ». Est-ce expressément que la question apparait comme un non-événement ? Sous d’autres cieux lorsqu’une catastrophe survient, la première chose à faire est de chercher à sauver des vies humaines. Ce n’est pas le travail des seuls secouristes de la Croix-Rouge ou des volontaires scouts mais devrait être l’exercice de toute personne apte.
La deuxième chose et la plus importante d’ailleurs, c’est la présence de l’autorité qui ne doit pas attendre que les médias étrangers ou encore les réseaux sociaux pour se manifester.

Sur les avenues Pesage et Irambo 2, plus d’une centaine des maisons ont brûlé et le Gouverneur de la Province qui est à Uvira en compagnie du Chef du Gouvernement National ne montre aucun signe rapide de compassion à l’égard de cette population qui a perdu ses logements, ses biens de valeur. Le Maire de la ville passe seulement un message dans lequel il invite à la solidarité. Mais l’action devrait être spontanée et palpable ; surtout venant de lui. Qu’est ce que lui a fait pour que les humanitaires agissent ?

Un acteur de la société civile passe sur sa toile : «Toute notre compassion et solidarité à l’endroit des compatriotes victimes d’incendie hier à Bukavu au quartier Nyalukemba où le feu à dévoré plus de 400 maisons. Ceci est une véritable catastrophe humanitaire. Nous espérons très bien que les autorités tant nationales que provinciales devraient intervenir, toutes affaires cessantes. Ceci est arrivé alors que le Gouverneur Nyamugabo se trouve en mission à Uvira avec le premier ministre congolais Bruno Tshibala, aucune raison n’expliquerait qu’ils restent à Uvira. Ils doivent tout suspendre et venir en urgence à Bukavu pour voir de quelle mesure aider ces compatriotes. C’est cela être responsables et sous d’autres cieux, les plus hautes autorités seraient déjà sur place au plus tard aux petites heures de ce matin.» tonne Jean Chrysostome Kijana.

La présence du gouverneur comme symbole devrait rassurer ses administrés. Mais dans tous ces incendies enregistrés dans la ville ces derniers mois, Claude Nyamugabo est calme. Il n’y va pas personnellement pour se rendre compte de l’étendue des dégâts entant que numéro Un de la province du Sud-Kivu. Aucune mesure pour tenter de mettre fin à ce phénomène n’est annoncée. C’est comme si en ce moment c’est bien la campagne électorale qui préoccupe celui-ci alors que ses administrés sont en difficultés. Même si un de des collaborateurs affirme qu’il a des services, on ne peut pas s’imaginer qu’il soit tranquille quand deux enfants meurent ou quand plus de 50 maisons sont touchés par le feu.

Par exemple, le 28 juin dernier au Nigéria un camion-citerne avait explosé, le président Houari lui-même est intervenu par un communiqué radiodiffusé pour s’adresser à sa nation. En Italie, un pont a cédé sur une autoroute et un deuil national a été décrété.

Ceci devrait effectivement provenir non des membres de la société civile mais de nos dirigeants surtout en cette période cruciale du processus électoral, ils devraient manifester leur intérêt et prouver à la population qu’elles sont à son service et davantage à leur proximité. Bien entendu, ils n’ont pas de compte à nous rendre car nous ne les y avions pas placés. Voyons ce que nous réserve l’avenir. Nous en dirons davantage.

 Daniel Sezibera

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