Les routes de la province du Sud-Kivu sont dans un état de délabrement continu et très avancé depuis plusieurs années pour les unes et quelques mois pour les autres.
La ville de Bukavu n’est pas épargnée par cette situation qui agace plus d’un citoyen de la ville et de la province qui voit l’image de sa chère ville se détériorait du jour au lendemain suite à ce manque criant d’infrastructures routières.
Sur différents tronçons routiers, véhicules et les piétons se disputent la chaussée lors de chaque passage. Une situation qui créée de l’embouteillage et est à la base des certains accidents de circulation dans la ville. Parfois les véhicules se cognent contre les autres pour chercher un bon endroit où passer et protéger leurs véhicules de peur qu’ils ne s’endommagent.
Sur l’axe place de l’indépendance –Bagira par exemple, la chaussée est comparable à toute chose sauf à une route. Le rond point place de l’indépendance est désormais entouré par des trous béants alors qu’il faisait il y a un temps une place appréciée par plusieurs citoyens de la ville.
Sur l’axe major Vangu-Maria Kachelewa, la route n’existe presque plus. Aucun véhicule ne peut quitter Essence pour se rendre au parking qui va à Mwenga ou à Walungu. Difficile parce que déjà sans pluie, c’est presque une prouesse de faire ce tronçon. Là, la route ne s’est pas détériorée aujourd’hui ou hier mais aucun gouvernement n’a pensé à sa construction depuis des lustres pourtant elle a bien servi la ville de Bukavu.
Sur P.E Lumumba la principale avenue de la ville de Bukavu quittant Labotte jusqu’à la frontière Ruzizi 1er, la situation inquiète les conducteurs. Malgré quelques petits travaux de colmatage observés non loin de la mairie de Bukavu, la majeure ou la quasi-totalité est impraticable.
« Nos véhicules ne durent plus et sont rapidement endommagés à cause du mauvais état de nos routes. Que l’Etat prenne des mesures urgentes pour la réhabilitation de ces routes », nous a révélé un chauffeur d’un taxi-bus rencontré sur l’axe Nguba.
Dans la commune de Kadutu, la situation est la même sur plusieurs tronçons routiers qui sont en état de délabrement très avancé. De Lycée Wima au stade de la concorde de Kadutu ou de Pas à pas à Cimpunda, la situation est pire et insoutenable pour beaucoup des passagers et conducteurs.
Les routes secondaires sont aussi abandonnées à leur triste sort alors qu’elles pouvaient servir pour désengorger les routes principales et faciliter la fluidité de la circulation. Ici, tous les quartiers de trois communes de Bukavu sont concernés.
Bref, la ville de Bukavu manque cruellement des routes malgré les quelques efforts fournis par le gouvernement provincial et/ou central pour réhabiliter quelques tronçons de la ville.
Coup d’œil sur les routes de l’intérieur
En plus de cette difficulté de circuler librement à travers Bukavu, le reste de la province n’est pas épargné.
Au de-là des routes de dessertes agricoles qui ne semblent pas être la priorité des gouvernants Congolais et Sud-Kivutiens, les routes nationales sont délaissées et enregistrent couramment des cas d’accident de circulation.
Beaucoup des territoires de la province sont difficilement accessibles, vu l’état des routes qui y mènent.
Sur la route nationale n°2 Bukavu-Kamituga par exemple, rien ne va. La route devient de plus en plus impraticable. La route nationale numéro 3 est aussi en délabrement très avancé. Un véhicule de la Monusco a connu un accident vers Bunyakiri jeudi le 1er février. Alors qu’en décembre dernier, un accident avait fait une vingtaine de morts et plusieurs blessés sur ce tronçon.
Difficile depuis plusieurs années de quitter Bukavu pour Uvira en passant par Ngomo. Là aussi, les voyageurs choisissent d’emprunter la route du Rwanda pour se déplacer dans leur propre pays.
La route Bukavu-Shabunda reste aussi quasi-impraticable malgré la réhabilitation polémique de l’organisme UNOPS.
Un tableau sombre de la situation des infrastructures routières en province du Sud-Kivu qui devrait interpeller les autorités nouvellement installées de la province car pour un activiste de la société civile, développer le Sud-Kivu équivaut à développer le réseau routier et ça viendra de soi.






