Sud-Kivu : la nomination dans la territoriale d’un membre d’un mouvement citoyen fait polémique à Bukavu – La PrunelleRDC.info

C’est une nomination qui ne passe pas inaperçue dans la province du Sud-Kivu et dans la ville de Bukavu en particulier.

Amos Bisimwa, l’un des grands détracteurs du régime actuel a été nommé inspecteur itinérant à la territoriale avec grade de chef de division.

Membre de « Réveil des Indignés » un mouvement citoyen actif dans la ville de Bukavu et porte-parole d’un parti d’opposition radical, le PCP celui-ci a bénéficié de la largesse du ministre national de l’intérieur depuis décembre 2017.

Largesse, parce que comme les font remarquer plusieurs internautes, des postes même dans l’administration publique sont acquis ces dernières années sur base des quotas des partis politiques en RDC ou des recommandations politiques.

Nombreux d’entre les plus critiques se demandent comment un membre très actif d’un mouvement citoyen et cadre d’un parti politique d’opposition pouvait accéder à ce poste dans un régime qu’il vilipende en longueur des journées et qui fonctionne sur base des quotas; même si la quasi-totalité comprennent qu’un poste dans l’administration publique ne devrait pas s’acquérir sur des bases politiques.

« Normalement, sous d’autres cieux la fonction publique n’a rien de rapport avec la politique. Mais, est-il nécessaire de vous faire constater qu’en RDC actuelle, elle dépend désormais de la position dont on occupe dans les partis politiques de la majorité ? Et en plus, l’allégeance au rais, en commençant par sa grosse photo (réfugie) au-dessus de ta chaise derrière toi,  et à ceux-là qui veulent qu’on les appelle « autorités morales »? Si non, tu n’y a aucune place. Point n’est besoin de t’ajouter qu’en RDC actuellement tu ne peux être de la FP est avoir des analyses objectives de certaines situations. Le contraire, tu écope une demande d’explication, si pas la révocation aux premières heures, avant de t’asseoir. Toutefois, bonne carrière à toi ! »  dit un internaute et rapporteur national de la Nouvelle Dynamique de la société civile.

« Les gens n’ont pas changé, mais c’est leur masque qui est tombé. Que Amos nous dise que font les inspecteurs, un Chef de division C’est un Monsieur, un dirigeant dans l’administration publique.  On se rend compte que leur mission était de distraire la société civile et de diviser les mouvements citoyens et servir d’informateurs aux services de sécurité. Chacun connait la vérité sur votre agitation aujourd’hui » dit un autre internaute  et président du sous noyau de la société civile de Nkafu.

« Je préfère qu’on mette fin à ce débat. D’autant plus que le poste auquel Amos a été nommé revient à la fonction publique qui est apolitique, il sied de noter qu’il peut continuer avec sa lutte contre la Kabilie comme il le dit toujours. Plusieurs opposants dont je tais les noms sont dans la même fonction publique soit comme enseignants, infirmiers, médecins, etc.
Nous voulons seulement le voir à l’œuvre » 
dit un cadre d’un parti politique d’opposition.

Répondant à une conversation du président national de la Nouvelle Dynamique de la société civile dans un forum Whatsapp, le concerné dit attendre examiner froidement la question pour se prononcer et prendre une décision.

« Mon PN, tout en vous informant que cette nomination n’a rien de politique comme d’aucuns le pense, étant donné que le travail est un droit pour tout citoyen congolais, art 36 de notre constitution, je vous laisse entendre que vais analyser froidement cette question, certes le job description y afférent. Au cas où cela va mettre en cause ma lutte pour un État des droits en RDC, je ne ménagerai aucun effort pour décliner » dit Amos Bisimwa.

En attendant, les félicitations, pour la plupart ironiques à l’endroit de celui-ci continuent à pleuvoir. Sa nomination a même offusqué celle de l’ancien président fédéral du Mouvement de Libération du Congo, MLC au Sud-Kivu, Roger Sadiki; qui, on le sait déjà travaille au ministère national du plan et ne cache pas sa proximité avec des caciques de la majorité présidentielle.

En attendant, les sources concordantes font état d’une nomination connue depuis déjà trop longtemps et qui a été rendu publique seulement ces derniers jours. « C’est-à-dire qu’il ne peut prétexter qu’il ne connaissait pas qu’il sera ou qu’il a été nommé » dit un de ses collègues de « Réveil des Indignés ».

« Ce n’est pas un travail très alléchant, c’est un petit travail qui ne met pas quelqu’un à l’abri des besoins vitaux.   Les corps des inspecteurs sont aux abois et ne sont pas souvent pris en charge. Ça ne sert à rien de continuer à polémiquer sur ce nouveau statut car avec ce poste rien ne va changer. Ils resteront les mêmes mais on aura gagné en le faisant taire » commente un cadre de l’administration publique.

Le concerné aura-t-il le courage de démissionner ou de décliner l’offre qui n’est pas du tout alléchante ? Ou choisira-t-il de s’assumer et d’exercer malgré les critiques de l’opinion publique ?

Les inspecteurs territoriaux ont été mis en place lors de la création des entités territoriales décentralisées, ETD.  Ils ont pour entre autres missions de contrôler la gestion des taxes, les rétrocessions et vérifier si les dispositions constitutionnelles des ETD sont respectées.

Florence Ashuza

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