Au Sud-Kivu les jeunes et autres structures de l’Union pour la Nation Congolaise (UNC) ne se sentent pas concernées par la gestion actuelle de la province dans la configuration actuelle et œuvreront jusqu’à ce que l’UNC recouvre « son image, son prestige et sa stature réelle ». Elles annoncent d’ailleurs des actions populaires pour rétablir l’équilibre et l’équité « bafouées » par cette gestion si aucune solution « de bonne foi » n’est trouvée.
C’est en tout cas la conclusion de certaines structures en majorité des jeunes du parti cher à Vital Kamerhe au Sud-Kivu dans une lettre adressée à leur président national et dont une copie est parvenue à exclusivité à Laprunellerdc.info.
Dans cette longue correspondance, la jeunesse de l’UNC, dénonce une mauvaise gestion des ambitions à l’interne dans leur parti politique, d’avoir été mal servis dans les différentes nominations et beaucoup d’autres plaintes.
Ce qui choque ces jeunes c’est le fait de n’occuper que 8 % des postes dans les institutions dans une province réputée fief naturel de 1UNC et avoir laissé aux «alliés de circonstance et l’UNC dans ces circonstances contrainte de ne se contenter que des seconds rôles ».
« Choses qui dégradent et érodent l’image et le prestige de l’UNC notre parti, a la grande indignation et grogne des cadres soucieux du rayonnement aussi bien provincial que national dudit parti, pour lequel ils se sont tellement battus et dépensés pour ne pas accepter de le voir aujourd’hui se rendre tête baissée a ses concurrents d’hier »
Cette situation a entraîné, selon la correspondance, des frustrations explosives, des guéguerres post- nominations, des intrigues fratricides et feux croisés au sein de réseaux sociaux, avec au finish une menace persistante des manifestations de rue de la jeunesse du parti contre les décideurs et profiteurs égoïstes.
Les structures de l’UNC écartées dans les consultations
Le parti à travers ses structures et cadres disent qu’ils ne sont pas consultés dans le partage des postes a l’instar de la désignation des ministres, des conseillers et du personnel d’appoint des ministères et du gouvernorat de province.
«Nulle part et a aucun niveau, les structures de base, intermédiaires et centrales du parti n’ont été approchées, consultées et ou informées de ce qui était en train d’être fait ; Les cadres et structures du parti ont été abandonnés à la merci des rumeurs et contraints à se ressourcer dans les réseaux sociaux ; Les communicateurs et autres leaders d’opinion du parti se sont trouvés dans ces entrefaites constamment hors plaque, non informés au point de s’être souvent retrouvés en pleines confusions et contradictions ridicules ».
Ils accusent clairement leurs mandataires en province d’avoir écarté des «dignes membres et pionniers locaux du parti », au bénéfice des « arrivistes et opportunistes parrainés par des mandataires du parti au sein des institutions publiques ».
Ils disent ne pas comprendre que leurs alliés de circonstance se tapent 124 sur les 135 postes en Province contre 11 postes seulement à l’UNC « pourtant détentrice de la plus grande et réelle capacité de pénétration au Sud-Kivu et surtout à Bukavu) » une situation qui considérée comme « une auto-reddition inadmissible et indigestible par les cadres du Parti ».
« L’inéquitable démarche de cette gestion en ce qu’elle consacre la voix prépondérante garantie aux mandataires du parti au sein des institutions publiques, dévalorise et infériorise les structures et les cadres de base du parti au profit desdits mandataires et leurs seuls proches collaborateurs, parents, amis voire arrivistes – qui en sont sortis bénéficiaires au détriment des cadres et militants de première heure… Que ceux qui exercent un mandant du parti cessent d’en jouir comme d’un bien privé et/ou confondre à une propriété voire un privilège familial et/ou de clique d’amis. » dit la Correspondance.
Pas de second rôle pour l’UNC
Ces jeunes qui n’acceptent plus de se contenter des seconds rôles, exigent réparation dans les prochaines nominations et placent la barre plus haut.
«Si en province du Sud-Kivu réputée fief de l’UNC ce parti peut avoir 11 postes sur 135 soit moins de 8% où est-ce qu’elle pourrait alors avoir plus ? Au Bas-Congo, Bandundu, Equateur, Maniema… ?Y a-t-il enfin une logique justifiant que l’UNC ne puisse que se contenter des seconds rôles en n’occupant que des postes d’adjoints là où elle est symboliquement servie ? 3. Qui nomme qui ? Qui propose qui ? Dans quel cadre ? A base des quel(s) critère(s) ? » s’interrogent-ils.
Ceux-ci recommandent de prendre régulièrement les avis des structures du parti et les associer à toute prise de décision à des postes nominatifs au sein du gouvernement provincial.
De faire en sorte que l’UNC joue les premiers rôles dans les postes qui restent à se partager en province du Sud-Kivu DPMR, CIPF etc…
« Qu’en compensation du préjudice lui causé, l’UNC bénéficie d’un quota de 60% des postes dans tous les cabinets ministériels soit 20 conseillers sur 30 et 6 directeurs de cabinet sur 10. 4. Que le Gouverneur de province puisse nommer deux commissaires provinciaux membres de l’UNC avec rang des ministres provinciaux ; Que le Président National de l’UNC puisse personnellement suivre avec soins diligents la gestion des ambitions au sein du parti aussi bien en province qu’au niveau national, pour que d’aucuns n’abusent de son silence intelligent ; à défaut de quoi, qu’il puisse désigner une haute personnalité sage et acceptée pour ce faire » lit-on.
Cette sortie officielle des jeunes du parti de Vital Kamerhe dans la province du Sud-Kivu confirme bel et bien les différentes frustrations exprimées lors de chaque nomination du Gouverneur Théo Ngwabidje Kasi. Le président de la Ligue des Jeunes avait dénoncé une certaine exclusion de son parti dans ces nominations en faveur de l’AFDC de Bahati Lukwebo dont est issu le Gouverneur actuel. Ces mêmes inquiétudes ont été fortement exprimées par le Parti du Peuple pour la Reconstruction et la Démocratie (PPRD).






