Homme politique est, ici chez nous, confondu à gamin sans intelligence. A l’opposition, comme à la majorité, les gros gamins de politiciens du Sud-Kivu nous ont habitués à un vocable honteux, dans tout cas de grand événement politique dans notre pays. Comme s’ils n’ont pas leurs têtes au-dessus de leurs épaules, les politiciens du Sud-Kivu, sont incapables de donner leur voix ou, au moins, d’influencer les grandes décisions. Toutes les tendances politiques ont réaction commune dans pareille situation, « attendre la position de la hiérarchie avant de se prononcer ». Que la position de la fameuse hiérarchie soit défavorable aux intérêts du citoyen congolais, le politicien Sud-Kivutien s’en tape. Pourvu que cela face plaisir à « l’autorité morale ».
Tel le Sud-Kivu est éloigné de la capitale nationale, tels les intérêts du citoyen Sud-Kivutien ne sont pas pris en considération par les décideurs de Kinshasa. Vous trouvez un parti dont le leader ou certains cadres qualifient tout ressortissant Kivutien de non-congolais, avec des membres au Sud-Kivu ! Et, pour la majorité, c’est des grands intellectuels malheureusement. Face à telle diabolisation, vous ne trouverez aucun lever son petit doigt pour dénoncer cette stigmatisation dont ils ne sont pas exclus, non plus.
Le clientélisme politique est une méthode qui est appliquée avec succès en province. Dans des émissions politiques radiodiffusées ou télévisées, nous assistons à des terribles contradictions qui frisent de la médiocrité. Quelqu’un qui défendait la position A, le matin, n’aura pas honte de défendre la position B (diamétralement opposée à A) à midi ; seulement parce que la hiérarchie s’est prononcée dans ce sens. Que vaut un politicien Sud-Kivutien sur le plan national ? Un simple suiveur sans intelligence qu’on peut trainer, comme une charrette, dans un sens comme dans l’autre.
La saveur du lucre en politique n’est dégustée que par certaines langues. Dommage que ceux qui applaudissent ne sont pas forcément ceux qui bénéficient des délices de la politique. Nos illustres politiciens ne font pas, curieusement, partie de ceux qui profitent réellement de la politique ; si non le vécu quotidien du citoyen Sud-Kivutien en ferait témoignage. Nos élus, tant provinciaux que nationaux ne se rendent célèbres que lors des motions juteuses ; ne profitant qu’à leurs ventres et aux réservoirs de leurs jeeps.
Dans une province majoritairement opposante, la pression devait se faire ressentir sur les dirigeants. Force est de constater que les différents leaders politiques locaux de l’opposition n’ont même pas de base ! Ils s’appellent leaders politiques, mais en dehors des micros des radios et des caméras de télévision où ils chantent la gloire des autorités morales, ils sont incapables de mobiliser rien que cinq de leurs voisins !
Les fameux défenseurs du pouvoir en place, on n’en parle même pas. Toute parole venant des autorités supérieures a force d’un verset de la sainte Bible. « J’ai bu Kabila comme de la drogue », a déclaré un politicien de la place. Pour cet homme, tout ce que dit le chef de l’Etat est parfait, et donc, il ne peut rien avoir à lui proposer.
La décevante classe politique du Sud-Kivu ne sort jamais victorieuse dans le concert des grandes résolutions. Cette province jadis productrices des géants, semble avoir perdu la chance d’en produire davantage, dans le domaine politique surtout. Nos politiciens nous causent honte. La dernière expertise leur restée, ce sont les critiques envers leurs collègues ou envers ceux qui exercent d’autres professions, journalistes y compris ! Les politicien Sud-Kivutiens devaient, en primaire, s’arrêter et se poser de questions sur leur avenir politique, et prendre des mesures pour viser plus haut, plutôt que demeurer dans l’ombre des prédateurs de leurs compétences qu’ils qualifient de guides ou autorités morales.
John Achiza
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