La République Démocratique du Congo est un pays où les grossesses précoces et non désirées consécutives à des viols sont très répandues mettant en danger la santé mentale et physique de la jeune mère. Les avortements clandestins et non médicalisés tuent ou mutilent des milliers de femmes et jeunes filles. C’est dans ce contexte que le mouvement ponctuel Coalition 14 s’est fixé comme objectif d’inciter la population à parler sans tabou de toutes les questions liées à l’avortement et à la santé de la femme.
Coalition 14
La mise en application effective de l’Article 14 du Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et de peuples relatif aux droits de la femme dit « Protocole de Maputo », garantit le Droit à la santé et au contrôle des fonctions de reproduction est particulièrement le plus important.
C’est en ces termes que s’exprime Espérance Mawanzo la répondante numéro Un de la Coalition 14, un mouvement né à Bukavu, au Sud-Kivu en 2017, une branche de son organisation, « Observatoire de la Parité ».
Dans son allocution, Mawanzo insiste sur ce qui suit : « Les pouvoirs publics veillent à l’élimination de toute forme de discrimination à l’égard de la femme et assurent la promotion de ses droits. Ils doivent prendre dans tous les domaines, notamment les domaines civil, politique, économique, social et culturel, toutes les mesures appropriées pour assurer le total épanouissement et la pleine participation de la femme au développement de la nation ».
Interpellation des États par le mouvement
Toujours dans son adresse, la représentante du mouvement Coalition 14 lance un appel pathétique aux États afin d’assurer le respect et la promotion des droits de la femme à la santé. Aussi lance-t-elle, les États doivent insister sur trois points. Il s’agit d’assurer l’accès des femmes aux services de santé adéquats, à des coûts abordables et à des distances raisonnables, y compris les programmes d’information, d’éducation et de communication pour les femmes, en particulier celles vivant en milieu rural.
En deuxième lieu fournir aux femmes des services pré et postnatal et nutritionnels pendant la grossesse et la période d’allaitement et améliorer les services existants et enfin protéger les droits reproductifs des femmes, particulièrement en autorisant l’avortement médicalisé, en cas d’agression sexuelle, de viol d’inceste et lorsque la grossesse met en danger la santé mentale et physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus.
Anne Mushigo






