Sud-Kivu : Cité dans le dossier Mbobero, Norbert Katintima livre ses vérités – La PrunelleRDC.info

C’est dans le cadre de « Cinyabuguma », (une association regroupant des Bashi vivant à Kinshasa), que Norbert Basengezi Katintima choisit de s’exprimer sur le dossier de la  concession Hongo de Mbobero.

Une concession disputée entre le président Kabila et plusieurs familles de ce village du territoire de Kabare, à quelques Kilomètres au Nord de la ville de Bukavu.

Dans une longue explication écrite, l’actuel vice-président de la CENI, très cité comme l’un des commissaires, dédouane totalement le chef de l’État Joseph Kabila, qui selon lui, a  bénéficié « d’un bail emphytéotique » mais a refusé de rester dans cette situation en décidant d’acheter  aussi auprès de Monsieur Mihigo avec un montant de plus ou moins 300.000 dollars américains.

« Une année après, le Président de la République m’a envoyé Martin CHAMULESO pour dire qu’il est au courant que cette concession a un propriétaire du nom de MIHIGO et que malgré ce bail emphytéotique, il préfère l’acheter…Sous d’autres cieux, un Chef de l’État qui a déjà 3 arrêtés des Ministres nationaux et un contrat de bail emphytéotique d’un Gouverneur ne pouvait pas faire ça. Mais aujourd’hui, il est vilipendé pourtant l’on a une vie avant, pendant et après la Présidence. On a aussi une famille quand on est Chef de l’État »dit-il.

Il dit aussi s’étonner qu’un dossier qui n’impliquait que 8 personnes prenne l’ampleur actuelle.

A la fin, il propose des pistes de solution pour espérer ramener la paix et la quiétude dans cette région.

Ci-dessous l’intégralité de la communication de Basengezi Katintima sur le dossier Mbobero.

Objet : Ma contribution pour la résolution du dossier HONGO

Chers tous, J’ai décidé de vous réunir aujourd’hui autour du Président de Cinyabuguma, du comité des sages et de quelques ressortissants de Kabare-Mbobero en vue de nous aider nous tous à échanger des informations sur la concession querellée de Mbobero, ex-Michaux et réfléchir ensemble sur les voies de solutions.

Je le mets par écrit parce que je ne veux pas que mes idées soient transformées par la suite. Je tiens à m’excuser d’avoir gardé longtemps ce silence en usant de sagesse croyant que nous aurons d’autres sages parmi nous.

Je remercie le Président de Cinyabuguma et le Président du comité de sages pour ce cadre qui nous est offert.

  1. Historique de la concession

Depuis l’époque coloniale, donc avant l’indépendance, ce terrain appartenait à Monsieur Michaux et sa femme, décédés en Afrique du Sud vers les années 1970, précisément en Avril et Juillet 1974. C’est donc un terrain extra coutumier.

Pendant la zaïrianisation, cette concession de 153 ha pour certains et 206 pour d’autres, a été acquise par Monsieur MIHIGO CHOKOLA JB (Paix à son âme). Les lettres d’acquisition de cette concession existent et ont été confirmées par un jugement de 1984 contre les 8 anciens travailleurs de Me Michaux.

Ces 8 travailleurs sont restés dans la concession pour garder la Maison et s’assurer de l’entretien de la Route.

Impayés, donc sans décompte final, avant sa mort selon leurs propres écrits, en annexe, qu’ils m’ont déposé pour les aider à la médiation, Me Michaux leur a écrit à travers un certain Mitima qu’il n’a pas d’argent mais qu’ils restent là où ils sont (Annexe). Ce document est notarié, je ne sais comment à la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe en 2014.

En 1994, Hongo est occupé par les réfugiés rwandais. J’ai vu en lisant le Rapport de ces 8 notables avec qui nous étions en contact qu’ils reconnaissaient que MIHIGO devrait les héberger chez lui, dans sa concession et non dans les parcelles querellées.

Le Gouverneur Kyembwa et le Gouverneur MAGABE avec le projet Habitat pour humanités qui a fait le lotissement de Karhale ont voulu étendre la ville de ce côté-là. Le ministre des affaires foncières du RCD également, au moment où nous avions loti Panzi. Il y a aussi certains Bashi qui voulaient également reprendre ce terrain mais tout le monde a été buté aux actes de jouissance foncière détenus par notre frère, feu Jean Baptiste MIHIGO CHOKOLA. En 2006, C’est le Ministre Venant TSHIPASA qui reprend cette concession et la remet par arrêté dans le domaine privé de l’Etat en même temps que l’INERA MULUNGU. En 2008, c’est le Ministre KAPUKAPU ayant comme Chef de Cabinet Alexis Kanyenye qui confirme l’arrêté de TSHIPSA sans distinguo avec la partie querellée. En 2009, c’est le Ministre MAJ KISIMBA qui confirme les 2 arrêtés de ces prédécesseurs.

  1. Comment le Président de la République apparait dans ce dossier ?

Nous nous retrouvons avec Vital Kamerhe à Bukavu pour la campagne du Gouverneur Louis Léonce MUDERHWA. Kamerhe avait négocié avec la famille MUDERHWA de la vente de leur concession se trouvant à AMSAR au Président de la République. Je ne sais pas, ce qui s’est passé mais d’un coup, la famille MUDERHWA a refusé l’offre au motif qu’elle n’avait pas besoin d’intermédiaire avec le Chef de l’Etat et qu’elle ne veut pas vendre. Par respect au Président de l’Assemblée Nationale, le Conservateur de l’époque conseillera à la délégation de prendre plutôt la concession Hongo en faveur du Président de la République au lieu de les lotir comme prévoyaient les 3 arrêtés précités. Ce conservateur est aussi de Kabare et son Grand-frère est le Directeur de Cabinet Adjoint du Gouverneur élu MUDERHWA.

Après le départ du Président Vital Kamerhe de l’Assemblée Nationale, je crois en février 2009, le Gouverneur de Province élu a pris deux actes :

1°) Celui de donner une partie de cette concession à une école. C’est dans ce lotissement qu’on a construit aussi l’Hôpital de la famille de notre frère Dr Kachungunu. C’est aussi dans ce lotissement qu’on a vu les propriétaires passer de 8 à 53. Sont-ils de des fils ou filles de ces 8 personnes ?

2°) Le deuxième acte posé c’est l’octroi par le Gouverneur d’un bail emphytéotique au Président de la République, Chef de l’Etat sur cette concession se référant aux arrêtés des 3 Ministres précités et au conseil de ses services. Ces beaux ont été donnés à Me NKULU KILOMBO.

  1. La réaction du Président de la République

Une année après, le Président de la République m’a envoyé Martin CHAMULESO pour dire qu’il est au courant que cette concession a un propriétaire du nom de MIHIGO et que malgré ce bail emphytéotique, il préfère l’acheter. Après contact, MIHIGO ira avec Me NKULU à Bukavu, au temps du Gouverneur CISHAMBO. Ils feront encore les tours du terrain avec KABEGO, son frère, Me NKULU et le Gouverneur. MIHIGO a donné deux propositions, celle d’avoir une maison à Kinshasa ou avoir 300 000 USD. Le Président a accepté de lui donner les 300 000 USD. Au 1er tour, il a eu l’argent Chez NKULU, 2ème tour Chez Katintima et 3ème tour Chez Me NKULU. Il a été payé en 3 tranches pour la simple raison qu’il trainait à déplacer les originaux des documents de sa concession de Bruxelles (Coffre) vers Kinshasa et montrer ses limites.

Depuis 2009, je n’ai remis mon pied dans cette concession que pendant la campagne électorale de 2011.

Sous d’autres cieux, un Chef de l’Etat qui a déjà 3 arrêtés des Ministres nationaux et un contrat de bail emphytéotique d’un Gouverneur ne pouvait pas faire ça. Mais aujourd’hui, il est vilipendé pourtant l’on a une vie avant, pendant et après la Présidence. On a aussi une famille quand on est Chef de l’Etat.

L’on s’étonne également que ce dossier prenne de l’ampleur au-delà des 8 personnes qui avaient négocié, sous la conduite de l’Abbé BALEGAMIRE et Madame Elodie, une voie de sortie pacifique.

Notre constat également c’est de voir que l’on parle plus de Katintima parce qu’il amené les 100 000 USD au propriétaire vendeur et que l’on parle moins de tous ces autres qui avaient participé ou contribué à la reprise officielle de ces terres pour les remettre dans le domaine privé de l’Etat. Le hasard fait qu’ils soient tous du même coin. Concrètement, il y a lieu de poser les questions ci-après :

– Qui était Dircab aux affaires foncières quand le Ministre Kapukapu avait pris son arrêté ?

– Qui était Secrétaire Général dans l’Administration de ce Ministère ? – Qui était conservateur des Titres fonciers ? – Qui était Gouverneur de Province? – Qui était Son Dircaba et plus tard Dircab de Marcellin Chishambo?

– Qui a participé à la démolition si vous lisez la lettre du Mwami ? – Pourquoi l’on n’a pas attaqué MIHIGO de son vivant quand le Chef de l’Etat a commencé à dormir à Mbobero avant, pendant et après la campagne électorale ?

.4. Pourquoi le Mwami s’en est pris à Katintima ? Rencontre hasardeuse à la présidence

Le Chef de l’Etat m’a appelé pour dire que la Première Dame a été contactée par la famille Mihigo pour une audience et qu’il voudrait que j’y prenne part. Je lui ai dit d’en parler aussi à Me NKULU qui détient les originaux du dossier et qui a fait le mesurage avec notre frère, feu Jean-Baptiste MIHIGO.

Par surprise en y arrivant, j’y ai rencontré 3 personnes. La seule que je connaissais, c’est notre Mwami. Dans cette brève rencontre qui n’a duré que 20 à 25 minutes, la Première dame a posé au Mwami la question suivante : « Majesté, que venez-vous faire ici ? ». Réponse du Mwami : Je parlerai le dernier et après il n’a rien dit.

La deuxième question était posée dans le même sens à la Dame qui était avec le Mwami. Sa réponse était qu’elle voulait savoir pourquoi le terrain a été payé en trois tranches et si c’était à 300 000 USD seulement. La troisième question a été posée à la troisième personne qui était dans cette délégation et que le mwami citera comme beau-frère à MIHIGO dans sa lettre contre moi. || répondra simplement qu’il accompagnait Madame. Comme Mushi moralement j’étais mal à l’aise. La parole fut donnée à Me NKULU et à moi-même. Me NKULU a donné toute l’historique avec Papiers originaux tel que relaté ci-haut ; Nobert Basengezi Katintima, j’ai parlé moins d’une minute en demandant à la Dame si elle connaissait l’écriture de son mari. Oui, je doutais seulement de ces 3 tranches avait-elle répondu.

  1. Réaction de la Première Dame

Reprenant la parole, la Première dame nous remercia d’être venus. Elle expliqua que la paie s’est déroulée en 3 tranches parce qu’ils ne ramassent pas l’argent. Tout en condamnant certains Maris qui n’ont pas le temps de parler à leurs femmes, elle avait fait comprendre qu’on ne pouvait pas lui donner tout l’argent au moment où les originaux se trouvaient à Bruxelles et qu’il n’avait pas montré toutes les limites. Pour elle, à partir de ce jour-là cette affaire était clarifiée et avait insisté sur le fait que son Mari avait déjà tous les documents mais il a encore acheté chez le propriétaire. Elle clôturera l’audience en posant la question si nous avions à ajouter, personne n’a répondu positivement et la réunion s’est terminée. Je téléphonerai au Mwami pour qu’on en parle après mais plus tard, j’ai vu une lettre sur les réseaux sociaux où il m’accuse d’avoir dit à la population de Mbobero qu’on leur a donné 60 000 USD de relocalisation, qu’il était à la démolition sur ordre de l’autorité provinciale et qu’il a fait garder la barrière sans être payé. Ma faute réside dans le fait que j’ai voulu gardé son honneur et sa dignité. Plus tard, il a parlé à plus d’un dont le Président RUHANA MIRINDI, Damien, Vital et Aimé que je le sabote.

A tous, j’ai demandé qu’on se rencontre. Il n’en voulait pas. Vous comprenez la raison. Je ne sais pas si la relocalisation était la priorité de gens de Mbobero. Je ne sais pas si lui était ou non à la démolition. Je ne connais pas le nom de la personne qui m’a donné les 60 000 USD. Mais je connais devant plus de 50 personnes avec le même argumentaire développé plus haut, comment le Mwami s’est engagé positivement à pacifier cette contrée mais il a été mal compris. Chers frères ;

C’est cette lettre, ces intrigues, cette honte que j’ai connu devant la Première Dame qui a stoppé mon élan de négocier à la demande de ces 8 notables et de l’Abbé BALEGAMIRE, Curé de la Paroisse de Bagira à l’époque. Quand nous sommes allés à Bukavu, la délégation du Dircab nous a invités. J’ai donné le même témoignage devant le Mwami, le Gouverneur MUDERHWA et le Président Bernard de CINYABUGUMA.

J’ai été sidéré par le message d’un frère, un ambassadeur ami qui a voulu déplacer la vérité alors qu’au sein de sa propre famille, il y a des signataires des actes relatifs à ce dossier. Je l’ai pardonné. Je viens ici, la Barza des Bashi parce que nous ne devons pas être CINYABUGUMA . Sans l’être réellement.

S’attaquer à des innocents oubliant qu’ils ont des familles et couvrir les vrais acteurs demande réparation.

6. Comme vous avez l’information, pensons maintenant à la voie de sortie.

1°) Prendre l’engagement de dire la vérité à tout le monde dans ce dossier.

J’ai des chaines de Radio et Télévision sur lesquels on m’injurie chaque jour pour ce dossier mais je n’ai jamais répondu car les ennemis des Bashi n’attendent que ça. Je peux le faire maintenant si vous me l’autoriser.

2°) Prendre l’engagement de faire taire vos réseaux sociaux contre nous tous y compris l’acheteur.

Car on ne peut pas aller négocier avec celui qu’on vilipende pourtant il avait refusé l’offre préférant acheter

3o) Recommencer là où nous nous sommes arrêtés. C’est notre engagement où nous devons impliquer le Gouverneur actuel. Le calcul de ce lot querellé est entre 5 à 8 Ha. Des hommes et femmes épris de paix peuvent le négocier sous deux angles tout en ayant en tête que le débat juridique sur le concessionnaire de ce lot a été clos en 1984 :

  1. a) L’angle du Mwami : Relocalisation, nouvelles parcelles et construction en tôles et planches
  2. b) L’angle du départ avec les 8 notables et l’Abbé Curé BALEGAMIRE: Bon voisinage, terrain d’entente 6 à 8ha contre la paix. Les deux angles ont comme préalables, la discipline et l’ordre.

7. Conséquence de ce conflit

 Mbobero en particulier et le Sud-Kivu en général ont perdu un grand projet. Celui de la construction du plus grand poulailler de la RDC avant celui de Lubumbashi. L’argent n’aime pas les bruits des bottes.

CONCLUSION

  1. Je vous laisse la latitude de choisir entre les deux voies ou d’y ajouter une 3ème ou même une 4ème car ce dossier a été mal géré au niveau provincial et local.
  2. Je vous demande de constituer un comité de sages pour mener ces négociations et relever l’honneur du Bushi dans ce dossier (Ailleurs, on donne des terrains au Chef de l’Etat comme l’a fait le Gouverneur à son temps ; chez nous il refuse l’offre et achète mais on continue à le vilipender).
  3. Notre silence est rompu aujourd’hui et je vous demande d’exploiter ce document pour mettre fin à l’intoxication même aux attaques personnelles sans preuve. Le CINYABUGUMA peut avoir droit à tous les documents relatifs à ce dossier, à travers soit moi-même, le Gouverneur ou ses services. Mais l’essentiel c’est le bon voisinage, la paix et le respect mutuel.

Fait à Kinshasa, le 19 Juillet 2018

Norbert BASENGEZI KATINTIMA

Articles similaires

Meet The Team

We cover local stories & reporting on global events. We are three musketeers of media work in tight-knit harmony to bring you news that resonates.

Recent Posts

Advertisement