Sud-Kivu : ces avortements clandestins qui nous tuent! – La PrunelleRDC.info

Assister impuissamment à la disparition d’une patiente parce que des complications graves ont surgi lors d’une interruption volontaire d’une grossesse par tâtonnement n’est pas une chose facile. Cette plainte émane de Paulin Mboso, médecin titulaire d’un centre de Santé au Sud-Kivu.  Il relate, avec désolation, les cas de certaines patientes agonisantes et acheminées tardivement dans sa formation médicale.

Actuellement un grand nombre de femmes et filles ayant provoqué des avortements clandestins et sanctionnés par des complications sévères, recourent à la dernière minute aux cliniques ou aux Centres de Santé  les plus proches et les plus crédibles pour une prise en charge et la réparation des dommages causés par des charlatans.

Le médecin Paulin Mboso évoque le nombre de cas survenus à son centre de santé. «Lorsque cette situation malheureuse arrive, je fais tout ce qui est à mon pouvoir pour sauver cette vie qui s’éteint petit-à-petit »

Le cas le plus récent, raconte-t-il, est de Clara une jeune femme de 38 ans, mère de 8 enfants vivant dans le village de Matili en territoire de Shabunda dans la province du Sud-Kivu. Poussée par la souffrance et la pauvreté après avoir perdu son mari dans une incursion des bandes armées, elle se livre à la débauche et tombe enceinte.  Des confidences de sa voisine, elle tente d’avorter en ingurgitant des quantités de racines pour expulser le fœtus  qui risque encore une fois d’être une charge supplémentaire dans sa vie.

N’ayant pas trouvé un résultat satisfaisant, elle se laisse conduire auprès d’un guérisseur du quartier, communément appelé « Munganga Mzee », explique son médecin.

Après plusieurs tentatives, ce dernier avoue ses limites et son incapacité. Il recommande que sa patiente soit immédiatement conduite à une structure sanitaire ou elle pourra bénéficier des soins urgents. «Car elle saigne abondamment ».

Le médecin titulaire du Centre de santé de Matili constate que les organes génitaux sont mutilés et une hémorragie se développe.

Malgré tous les efforts entrepris et des médicaments administrés, les dégâts ne purent être évités. Clara est partie.

Ce médecin lance un appel pathétique aux femmes ayant besoin d’une prise en charge correcte du point de vue gynécologique de recourir au meilleur personnel soignant pour des soins appropriés et surtout pour des consultations nécessitant une bonne orientation.

Anne Mushigo

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