Cette libération de ces trois étudiants ne fera-t-elle pas oubliée le vrai problème des étudiants de cette institution d’enseignement supérieur et universitaire ? Parce que pour l’instant, les revendications de ces étudiants sont loin de trouver une réponse favorable.
C’est entre autre le problème des mémoires de certains étudiants finalistes et meneurs de la contestation qui ont été refusés par les autorités académiques et le renvoi définitif du leader de la contestation, l’étudiant Safari Byamungu Jean-Baptiste et le problème de hausse des frais.
Si depuis la médiation engagée par le vice-gouverneur du Sud-Kivu on renvoi la résolution du problème à l’interne au sein de l’institution, il est bien évident que cette question dépasse désormais les limites de cette institution comme le rappelait d’ailleurs monsieur Fiston Bahati Rubongo porte-parole des étudiants de l’Isp.
« Le vice-gouverneur a lui, pensait que ce problème doit-être résolu à l’interne, il a demandé à la communauté de l’Isp de résoudre le problème, il en a appelé à la paix et à la retenue ; il demande que les uns et les autres se rencontrent autour d’une même table pour résoudre la question. Quand déjà il y a un problème qui oppose les gens jusqu’aux manifestations, ce que ça dépasse déjà l’interne, qu’il faut quelqu’un un médiateur pour écouter les deux parties et faire revenir cette question le problème au niveau de l’interne, je ne pense pas que c’est le résoudre », se plaignait le Pp au sortir de la rencontre avec leur directeur général Boniface Kaningini et Hilaire Kikobya, le vice-gouverneur.
L’annonce de l’arrivée du ministre de l’enseignement supérieur et universitaire dans la ville de Bukavu qui pouvait être considérée comme un ouf de soulagement pour ces dizaines d’étudiants aura malheureusement déçus ceux qui croyaient au père Noël.
Steeve Mbikay s’est aussi contenté de renvoyer la question à l’interne de l’Isp, invitant les parties en conflit à dialoguer pour résoudre leurs différends.
En clair, les autorités politiques et celles de tutelle ont carrément abandonné la question au tout puissant Kaningini qui devra en faire ce qu’il veut au grand dam de ces étudiants qui vivent désormais dans une peur bleue.
Selon un témoignage sur place lors de différentes rencontres avec les autorités de tutelle et politiques il a juré ne jamais revenir sur sa décision de renvoi de l’étudiant Byamungu Jean-Baptiste. Kaningini est donc pour l’instant le maître du jeu. Il est le seul qui conduit à sa manière et impose le rythme par ses humeurs et ses caprices.
Le professeur ordinaire peut évidemment se frotter les mains d’avoir réussi à faire croire au monde que le problème dans son institution est au niveau des forces obscures, c’est-à-dire celles qui veulent sa peau parce qu’il n’est pas de telle ou telle autre colline. Un argument dangereux car il peut arriver à déboucher sur des situations incontrôlables dans une ville où les gens vivent ensemble depuis des lustres en frères et sœurs.
Pour l’instant, tout le monde devra se plier aux vouloirs de ce grand professeur qui du reste a dépassé le nombre d’années comme dirigeant d’une institution universitaire sans être remplacé. A Bukavu, on dit qu’il se comporte comme un chef coutumier qui ne reçoit des conseils que du très haut et cet échec dans les négociations avec les responsables politiques et ceux du secteur de l’ESU peut bien confirmer cette allégation. Car il est impensable qu’un ministre de tutelle qui avait entre autre objectif de trouver une solution à la question de l’Isp, reparte en laissant au seul DG la question en mains.
Voyons voir la résolution du problème « à la Kaningini » comme tous les responsables étatiques ne sont capables de rien pour l’instant en priant le bon Dieu pour qu’il touche le cœur de celui qui tient les rênes de l’Isp Bukavu de mains de maître depuis plus de cinq ans.
Adonis Lubambo
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