L’ancien ministre provincial des mines Apollinaire Bulindi a été entendu pour la deuxième fois dans moins de deux semaines par l’Agence Nationale de renseignements ce mercredi 2 Mai 2018.
Selon les sources proches de son parti politique et de sa famille, Apollinaire Bulindi était invité par les services de sécurité pour répondre à la plainte de l’autorité provinciale contre lui pour complot en vue de « tuer le gouverneur ». Des accusations que rejette son entourage qui parle d’un acharnement depuis que celui-ci a commencé à réclamer ses arriérés de salaire des anciens membres d gouvernement provincial.
Le lundi 23 avril 2018 dernier, celui-ci a passé plusieurs heures dans les installations de l’Agence Nationale de Renseignement à Bukavu. Ce sont d’abord les réseaux sociaux qui se s’étaient emparés de l’affaire qui parlent d’un « règlement des comptes ».
Un membre de sa famille expliquait alors que des agents de l’ANR avaient débarqué chez lui, lui enjoignant de les suivre au bureau de l’agence de Bukavu pour répondre aux accusations portées contre lui par Claude Nyamugabo. Quelques heures d’interrogatoire pour enfin ressortir libre dans la soirée.
« C’est maintenant que notre camarade revient de la Monusco pour demander une protection parce qu’il craint pour sa vie » expliquait le lundi 23 avril denier un membre de son parti politique, l’AFDC sous couvert de l’anonymat.
Apollinaire Bulindi refuse de commenter les faits mais reconnait qu’il est parmi ceux qui demandent le paiement des arriérés des salaires en tant qu’ancien ministre de la province du Sud-Kivu.
A la question de savoir s’il a tenté de menacer le gouverneur du Sud-Kivu, Apollinaire Bulindi dit ne pas comprendre pourquoi il le ferait.
« Je ne suis pas le seul à réclamer pacifiquement mon salaire et ça ne fait pas de moi un criminel, c’est un droit » dit-il brièvement au téléphone de Laprunellerdc.info.
Une source auprès du gouvernement provincial ne reconnait pas une quelconque plainte de l’autorité provinciale contre Apollinaire Bulindi.
« Peut-être que les services de sécurité ont voulu juste savoir comment il compte rendre la province ingouvernable si on ne lui paye pas ses arriérés comme il l’aurait dit sur les réseaux sociaux mais le gouverneur a toute une province à gouverner mais pas à s’attaquer aux individus ou à ses citoyens » dit un membre du gouvernement provincial, sous le sceau de l’anonymat.
« Le gouverneur a promis de payer les arriérés et tient fermement à son engagement, je ne vois pas pourquoi il mettrait en prison ceux qui réclament dans l’ordre leur salaire. Il ne faut pas seulement que les gens en profitent pour faire n’importe quoi » dit un autre.
Adonis Lubambo
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