Sud-Kivu: AFEM documente plus de 800 cas de VSBG en seulement 9 mois

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Conférence de AFEM ce mercredi sur les VSBG

Au total, 879 cas de Violences Sexuelles et celles Basées sur le Genre (VSBG) ont été documentés par les Noyaux Clubs d’écoute de l’Association des Femmes des Médias (AFEM), de janvier à septembre 2021, dans la province du Sud-Kivu.

Ces chiffres ont été dévoilés au cours d’une conférence sur l’évolution des violences liées à la santé sexuelle et reproductive, organisée ce mercredi 24 novembre 2021 à Bukavu par AFEM, à l’intention des autorités sanitaires, leaders religieux, journalistes et représentants des organisations de la Société Civile de Mwenga, Shabunda et Bukavu.

Au cours de cette conférence, AFEM a présenté aux participants les données chiffrées de l’enquête menée dans 129 structures étatiques et para étatiques, de janvier à septembre 2021, dans les zones de santé de Kadutu, Ibanda et Bagira en ville de Bukavu, mais aussi celles de Mwenga et Shabunda, sur les différents cas des VSBG.

Après cette enquête, il ressort que la zone de santé de Mwenga est en tête en termes de VSBG avec 357 cas, suivie de la zone de santé de Shabunda avec 334 cas. La zone de santé de Kadutu enregistre quant à elle 137 cas, celle d’Ibanda 30 cas, alors que la zone de santé de Bagira vient en dernière ligne avec 21 cas.

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Selon la même enquête, la plupart des cas ont été enregistrés au cours du premier trimestre, soit de janvier à mars 2021.

Les enquêteurs de AFEM révèlent à travers cette enquête, que le viol vient à la tête des cas documentés avec 129 cas, suivi des violences physiques avec 166 cas, les violences économiques avec 71 cas, les violences pyscho-émotionnelles 67 cas, les mariages précoces 50 cas, les grossesses précoces 44 cas et plusieurs autres formes de VSBG.

On note à travers cette enquête que 88% de cas sont des femmes (mineures et adultes), alors que 11.8% sont des hommes (mineurs et adultes).

Parlant du contexte de commission des actes, les enquêteurs de AFEM font remarquer que la plupart des cas ont été commis dans l’intervalle de 8 heures à 13 heures. Les incidents les plus rapportés dans cet intervalle sont les violences physiques, les viols sur les enfants et les violences pyscho-émotionnelles.

De 13 heures à 16 heures, les incidents les plus rapportés sont les harcèlements sexuels après les cours dans les écoles, pendant l’étude vespérale, sur la route du retour de l’école et pendant le retour du champ dans les villages.

Et de 19 heures jusqu’au-delà, ce sont les violences physiques, violences pyscho-émotionnelles et violences et celles sexuelles, qui sont rapportés. Cela est dû, selon l’enquête, au fait qu’à ces heures-là, les hommes et leurs femmes sont réunis en famille, et sont ouverts à des disputes conjugales. Également les débits de boisson sont fréquemment pointés du doigt dans plusieurs actes, suivi de l’ivresse.

Du profil des présumés auteurs

Évoquant la question liée au profil des présumés auteurs de ces cas de VSBG, l’enquête révèle que la plupart ont été orchestrés par des militaires et des éléments de la police, suivis par les parents et les enseignants.

Les résultats notent que les structures les plus mobilisées dans la prise en charge des cas de VSBG sont les structures sanitaires, la police, les ONG, les cliniques juridiques, les églises et les associations locales de développement.

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Pour tenter de mettre fin aux VSBG, l’enquête indique qu’es les structures enquêtées ont formulé des recommandations à soumettre à plusieurs niveaux tant local, national qu’international.

Entre autres, décourager les pratiques culturelles rétrogrades qui dégradent la femme dans son ensemble, la création d’un cadre de dialogue entre hommes et femmes sur des thèmes ayant trait aux VSBG mais aussi la vulgarisation des lois sur les VSBG et les différentes sanctions y relatives.

Pour ce qui est de la prise en charge des cas de VSBG, il a été recommandé de former les structures médicales aux principes de référencement et de contre-référencement mais également la dotation en matériels de prise en charge médicale aux structures et la création des maisons d’écoute, les cliniques juridiques et les centres de réinsertion socio-économique pour les victimes.

Ce mercredi, après la présentation de ces résultats, les participants ont formulé des engagements pour améliorer la Prévention et la lutte contre les VSB. Ils ont également procédé à l’amendement du rapport, et ont formulé des messages de plaidoyer à faire auprès des autorités à différents niveaux.

Pour décourager les auteurs présumés, les structures ont recommandé que les militaires et les policiers présumés auteurs soient traduits en justice, et qu’ils soient fréquemment mutés dans d’autres milieux.

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Signalons que cette conférence s’est tenue dans le cadre du projet « Promotion du droit d’accès à la santé sexuelle et reproductive à travers la lutte contre les sexuelles et basées sur le genre et l’amélioration de la participation des femmes dans les instances de prise des décisions au Sud-Kivu», financé par l’ONG internationale Kvinna till Kvinna, et mis en œuvre par AFEM. A travers ce projet, AFEM vise à contribuer à la réduction des cas de violences sexuelles et basées sur le genre, et à l’amélioration de l’accès des femmes et des filles au droit à la Santé sexuelle et reproductive.

Bertin Bulonza

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