
Amener les jeunes et la population de bushi à mettre en pratique les valeurs coutumières et la bénédiction des semences agricoles et l’élevage sont des grands objectifs d’une activité dénommée « Mubande » organisée ce dimanche 29 aout dans le territoire de Walungu, chefferie de Ngweshe au Sud KIVU.
Au cours de cette grande activité qui regroupe tous les Bashi ressortissants du territoire de Walungu dans la chefferie de Ngweshe, le Mwami NGWESHE –XV WEZA-III Pierre J-M.J. NDATABAYE – MUHIGIRWA a procédé à la distribution des semences agricoles aux habitants de ce territoire pour les encourager à plus développer agriculture dans le Bushi qui était jadis le poumon de leur économie.
Dans son allocution, cette autorité coutumière rappelle que les Bashi ont institué, depuis la nuit des temps, des grands moments de retour aux racines. Il s’agit de ces racines d’où remontent, la sève nécessaire pour la vie, l’existence et la résistance aux aléas de l’histoire et du modernisme.
« Nos traditions baignent dans cette sève dont le rôle est de consolider nos institutions, nos savoirs et nos valeurs en tant que Peuple. Ces traditions nous ont chaque fois aidés à rester à la fois nous-mêmes, dans la définition de la vision de notre destin en tant qu’Entité territoriale, mais aussi à mieux nous ouvrir aux autres Peuples donnant ainsi la chance de développer harmonieusement l’espace géographique et culturel nous légué par nos Ancêtres »
Le « MUBANDE » en est l’un de ces moments précieux de la vie du Peuple SHI. Plus qu’une cérémonie coutumière, née de l’histoire vivante du peuple shi, qui est un ensemble des pratiques et lien, les valeurs, les savoirs et les institutions. C’est un événement de rapprochement humain et de toutes les forces visibles et invisibles qui concourent à la croyance monothéiste du Peuple SHI.
Les temps troubles qui ont marqué durement le Pays et le Chefferie en particulier, depuis la dernière rencontre en 2008, ne pouvaient aucunement permettre le respect de la date habituelle du mois de juin, afin d’organiser la communion à laquelle ils ont participé a indiqué le mwami. Le tableau en est sombre et les stigmates sont encore bien frais dans les mémoires du peuple :
« Que des personnes tracassées, humiliées, pillées, enlevées, brulées, violées, tuées… tous ces dégâts moraux et matériels ont abouti à une paupérisation inouïe de nos administrés, auxquels on a souvent honte d’exiger encore de payer la moindre taxe légale ! » argue sous un regret le Mwami Ndatabaye
Cette autorité a expliqué les difficultés qu’a traversé son entité à cause des multiples guerres qui ont déchiré les bushi durant plus d’une décennie. Pour lui c’est ce qui a fait qu’on n’a pas célébré le Mubande 9 ans durant. Il appelle les jeunes Shi à ne pas s’adonner à la consommation des boissons fortement alcoolisées qui les détruit au lieu de les construire. Il les exhorte donc à plus de courage et au développement des activités champêtre. Il dénonce aussi la gestion calamiteuse de l’administration publique en leur demandant de se remettre à l’ordre car rien ne peut aller dans les désordres même si certaines plaintes pèsent sur lui quant au non-paiement des arriérés des salaires des 8 mois des travailleurs du Bwami.
Signalons que le Mubande est une activité coutumière qui consiste à la bénédiction de la Terre nourricière, et la célébration de la confiance dans l’Etre-Suprême immuable, que le Bashi appelle le « NYAMUBAHO ». Le « Mubande » est aussi un moment de l’expression de la Communion entre le Peuple et le Mwami, entre le Peuple et la Terre, entre les Bashi et DIEU qui assure fertilité, production et abondance, dans l’invitation de tous au travail et à la cohésion sociale. Petit bémol quand même : Le Mwami s’est essentiellement exprimé en français. Zigashan’emumbiri n’emogo !!!
Honneur-David Safari






