Sud-Kivu : 19 policiers et militaires condamnés en appel notamment pour viol d’enfants

afejuco- kvinna - viol sur mineures
Des membres des forces de défense et de sécurité comparaissent à Walungu dans des dossiers de viol sur mineures. Ph. LaPrunelleRDC.info

19 membres des forces de défense et de sécurité viennent d’être condamnés à plusieurs années de servitude pénale, aux amandes et aux dommages et intérêts en faveur des victimes de viol, notamment des enfants. Par ailleurs, 4 ont été acquittés et libérés immédiatement ce lundi 30 Août 2021.

Des peines prononcées à l’issue des audiences foraines tenues par la Cour Militaire du Sud-Kivu siégeant en matière répressive pour viol à l’aide des violences et viol d’enfants, tenues dans les enceintes du Tribunal de Paix de Walungu au Sud-Kivu.

Lire aussi: Viol sur mineures : plus de 20 policiers et militaires comparaissent en appel à Walungu

Au total 9 policiers et 10 militaires ont écopé entre 12 mois et 20 ans de Servitude Pénale Principale et au paiement des dommages et intérêts entre 2000 et 10000 dollars Américains en faveur des victimes qui ont été en grande partie des mineures. Des viols qui avaient été commis dans plusieurs entités et agglomérations du Sud-Kivu. C’est par exemple au Camp Militaire Saïo (Bukavu), Walungu, Kabare, Uvira, Fizi, etc.

Satisfaction des parties civiles, la défense fera appel

Les avocats des parties civiles sont satisfaits des verdicts qui ont été prononcés contre les « bourreaux ».

« Pour nous c’est un sentiment de satisfaction totale parce que sur 20 dossiers qui était alignés par la Cour militaire du Sud-Kivu, nous venons d’obtenir 16 confirmation de jugement du premier juge. J’appelle les militaires et policiers à respecter la loi car s’ils arrivent à l’enfreindre, ils auront la justice dernière eux », dit Migabo Ngabo, avocat près la Cour d’Appel du Sud-Kivu pour le compte des parties Civiles.

Par contre, la partie défenderesse promet d’aller attaquer ces arrêts de la Cour Militaire du Sud-Kivu.

« D’une part, c’est une grande joie de voir que la Cour Militaire du Sud-Kivu vient d’acquitter certains des prévenus qui ont comparus pendant ces 10 jours. Parmi ces prévenus, nous venons de bénéficier de 4 acquittement. En tout cas, cela demeure un exemple à suivre pour la justice. Pour ceux qui ont été condamnés, nous promettons d’aller à la Haute Cour Militaire pour voir si cette juridiction peut casser ces décisions de la Cour Militaire de Bukavu », annonce Me Edom Cikuru, avocat Près la Cour d’Appel du Sud-Kivu, avocat de la défense.

Un acquitté sautille de joie

Le Premier Sergent Mazombo John est parmi les acquittés. Il était condamné en première instance pour viol d’enfant à 15 ans de Servitude Pénale Principale et aux dommages et intérêts équivalant à 5000 dollars Américains. Il sautille de joie après la lecture des sentences.

En effet, les juges d’appel l’ont acquitté et ordonné aussi sa libération immédiate pour insuffisance des preuves.

« La joie est immense, je ne sais quoi dire. Je rends grâce à Dieu et aujourd’hui, je crois en la justice Congolaise » clame-t-il, sous les larmes.

Un procès pédagogique et exemplaire pour les droits des femmes

Pour le premier Président de la Cour Militaire du Sud-Kivu, ce procès a un caractère pédagogique et exemplaire.

Il demande à tous les militaires et policiers de respecter les droits des femmes car la justice est extrêmement rigoureuse en matière de viol, et surtout de viol d’enfants.

« Je demande aux hommes qui servent sous le drapeau de respecter les droits de l’homme. D’éviter des violences sexuelles et celles basées sur le genre. Vous l’avez, vous-même constaté que la plupart de victimes sont des enfants de moins de 18 ans et des femmes qui ont été arrachées aux mains de leurs époux ou violées devant leurs frères et leurs enfants. C’était tellement sauvage que la Cour ne pouvait pas être clémente », dit à LaPrunelleRDC.Info, le Colonel-Magistrat, Mayembe Sangala Innocent.

Lire aussi: Sud-Kivu: 8 militaires et 2 policiers condamnés pour viol

Ces audiences se tenaient avec l’appui financier de la Fondation Panzi en collaboration avec l’Association des Femmes Juristes Congolaises (AFEJUCO) et l’organisation internationale Kvinna Till Kvinna, dans son projet « appui aux victimes des violences sexuelles et celles basées sur le genre à travers l’accompagnement juridique et judiciaire et la sensibilisation pour une meilleure protection des droits des femmes dans la ville de Bukavu et dans le territoire de Kabare ».

Elles ont débuté le 20 Août 2021 et ont été clôturées ce 30 Août 2021.

Jean-Luc M.

Etiquettes:

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.