Sud-Kivu-16 Janvier: Quand le vice-gouverneur du Sud-Kivu caresse et menace l’opposition – La PrunelleRDC.info

Lors  de son allocution, au cours du culte organisé dans l’enceinte de la Paroisse internationale provinciale de Bukavu ce mardi 16 janvier 2018, l’adjoint de Maitre Claude Nyamugabo s’est montré en même temps rassurant et menaçant.

C’était à l’occasion de la commémoration du 17ème anniversaire de l’assassinat tragique de feu, le président, Laurent-Désiré Kabila que monsieur Hilaire Kikobya, dans ses prérogatives de gouverneur de province ad intérim, s’est exprimé d’un ton plutôt cassant. Sans répits, il n’a pas manqué d’avouer l’intention de son gouvernement à opposer sa musculature à quiconque  refusera de se courber à la volonté suprême.

« Tout celui qui a envie de prendre le pouvoir, qu’il se range du côté des élections ; et celui qui n’en a pas l’envie, il y a l’autorité de l’état qui va être établie pour que les choses redeviennent normales », a-t-il prévenu.

Bien avant ce message autoritaire, le deuxième citoyen de Nyamoma s’était montré on ne peu plus conciliant et, plus que jamais, pacificateur. Annonçant la volonté du gouvernement à organiser les élections au cours de cette année 2018, Kikobya a avoué n’avoir que la protection de ces hostilités démocratique comme priorité.

« Pour cette année 2018, nous irons aux élections, et nous ne protégerons que les élections et rien que les élections. Nous devons éviter qu’il y ait bain de sang dans notre province… ça ne sert à rien  qu’on se tiraille, qu’on affute les armes dans tous les sens. Nous sommes là pour l’intérêt de tout le monde, et nous devons protéger tout le monde », tentait de rassurer monsieur le vice-gouverneur.

La cérémonie commémorant la disparition de Mzee Laurent-Désiré Kabila s’est clôturée sur un message aux allures d’une déclaration de guerre de la part de l’autorité provinciale, à l’encontre des différentes structures citoyenne. Ceci après l’intervention du bureau de coordination de la société civile au Sud-Kivu qui a promis de continuer les marches. Bien qu’abrité par une église, symbole de la paix et de la concorde, la cérémonie aura tout été sauf un havre de paix pour l’opposition et la société civile, qui appellent à une marche pacifique, ce dimanche 21 janvier 2018.

John Achiza

des acteurs de la société civile environnementale lors de leur manifestation dans la ville de Bukavu. Photo d’illustration, Laprunellerdc.info

Josué  Aruna, Président provincial de la Société Civile Environnementale et Agro-Rurale, est sous menace depuis le début de ce mois de septembre.

A en croire Ladislas Witanene, secrétaire administratif de la Société civile environnementale, son président est sous menace sécuritaire depuis le 9 septembre quand les bandits armés étaient venus le visiter dans sa maison mais par grâce les aurait échappé.

Il affirme que les menaces de mort que reçoivent  Josué Aruna et sa famille sont liées à son activisme pour la protection de l’environnement.

Suite à l’ampleur du dossier, à la psychose dans laquelle vivent Josué et sa famille, à la suite des paroles proférées par ces malfrats, Ladislas  Witanene appelle donc aux autorités à plus de responsabilité afin que la protection et la sécurité de Josué et sa famille soient rassurées et que justice et réparation soient aussi faites.

Josué Aruna est un fervent défenseur de la nature et des valeurs environnementales en RDC il est aussi grand défenseur du patrimoine mondial le PNKB.  Sa famille a été visitée en date du 9 septembre par des inconnus armés et qui n’ont cessé depuis lors de lui proférer des menaces de mort. Une plainte contre inconnue avait été déposée par lui mais jusque là aucune suite.

Jean-Luc M.

Vue du Lycée Wima, une école Conventionnée Catholique de Bukavu. Photo d’illustration

Des réactions, on en enregistre toujours depuis quelques heures après le déclenchement de la grève par les enseignants des Ecoles Catholiques et Protestantes dans la ville de Bukavu.

C’est le cas de l’acteur politique et enseignant Fidèle Mugisho qui dénonce le comportement de la Coordination des Ecoles Conventionnées Catholiques mais aussi des enseignants de ce secteur.

«Le chef de l’État vient de décréter l’effectivité de la gratuité conformément à l’article 43 de la constitution, curieusement, les amoureux de la prime cherchent à saboter cette mesure combien salutaire. Je pense que nous tous connaissons bien le comportement des écoles catholiques quant à la prime, celles-ci ont toujours dit que c’est l’intérêt de l’enfant qui passe d’abord avant celui de l’enseignant, voici ce qui se passe ce matin ,il n’y a pas cours dans toutes les écoles catholiques ce mercredi, au motif qu’il y a Assemblée Générale des enseignants, ceci constitue une erreur grave car à part l’État congolais, personne autre ne peut interdire aux élèves d’étudier alors qu’il n’y a même pas grève»  se désole Fidèle Mugisho.

Rappelant la résistance des écoles catholiques pour le combat de la suppression de la prime, Fidèle Mugisho suspecte ces gestionnaires d’écoles à vouloir «saboter tout simplement la bonne volonté du chef de l’État et son Directeur de cabinet Vital Kamerhe ».

«En définitif, sachons que la prime est un poison qui a déjà affecté les organes des certains acteurs, pour le faire sortir, il faut une forte dose, cette dose c’est la résistance contre le retour de la prime. Elle ne reviendra plus. Que les amoureux de celle-ci sachent bien que le pouvoir a changé, selon les informations à notre procession on cherche à persuader les parents en leur demandant de  faire une contribution pour seulement le fonctionnement. Nous connaissons tous comment sont venus les comités des parents» insiste-t-il.

Avec la gratuité l’enseignement, estime Fidèle Mugisho, le ministère de l’agriculture, pêche et élevage peut déjà lancer deux campagnes(et cela obligatoirement): « Aucun ménage sans élevage et aucun champs non cultivé », car désormais chaque parent qui a plus de trois enfants scolarisés aura la possibilité d’acheter, soit une chèvre, mouton, porc, poule, dindon, engrais par mois.

Rappelons que les enseignants des écoles conventionnées catholiques réunies ce mercredi à l’EP Matendo ont déclenché un mouvement de grève à partir de ce jour. Ces enseignants revendiquent la majoration de leurs salaires et la prise en compte de plusieurs autres revendications.

Jean-Luc M.

Réunis ce mercredi 25 septembre 2019 au Bureau de Coordination de la Société Civile, les acteurs de cette faîtière se sont exprimés sur certaines situations dans la ville.

La situation sécuritaire de leur collègue Julien Namegabe, président du sous noyau de Nkafu, et qui est poursuivi en justice  pour avoir dénoncé les spoliations, l’insalubrité dans les abattoirs ont donc attiré leur attention.

Pour ces acteurs, ils disent être prêt à en découdre avec toute autorité qui pense procéder par des menaces et intimidations pour les faire taire. Ils promettent ne ménager aucune énergie pour ça.

«nous saisissons de l’occasion pour mettre ceci au clair, les acteurs de la société civile ne ménageront aucune énergie en cas de menace contre l’un de leurs pour envisager des actions qui s’imposent pour mettre hors d’état de nuire toute autorité qui se retrouverait dans cette situation »

Pour rappel, Julien Namegabe, Président de la société civile sous noyau de Nkanfu est sous menace d’arrestation.

Pour avoir initié la campagne de désobéissance fiscale dans le marché Beach Muhanzi suite à l’insalubrité qui y est observée, cet acteur a été amené en Justice. 

Jean-Luc M.

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