Sud-Kivu: 11 ans après, les victimes exigent « l’exhumation » du Rapport Mapping

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1ère Commémoration des massacres à Bukavu. Ph. Laprunellerdc.info

Les victimes des différents massacres commis sur les populations du Sud-Kivu, se sont encore une fois concertées pour exiger « l’exhumation » du rapport Mapping, 11 ans après sa publication, mais aussi demander l’instauration d’un Tribunal International pour le Congo.

Elles l’ont dit vendredi 1er octobre, au cours de la toute première célébration provinciale des massacres qu’a connu le Sud-Kivu depuis 1993, qui a été organisée par l’Assemblée provinciale.

Cette commémoration coïncidait également avec la célébration par la RDC du 11ème anniversaire depuis la publication du rapport du projet Mapping, qui retrace les violations les plus graves des droits de l’homme commises entre 1993 et 2003 en RDC.

Au cours de cette commémoration, différentes victimes, venues de plusieurs territoires, se sont succédées du haut de la tribune pour expliquer à l’assistance les tragédies qu’elles ont eu à subir pendant la période des massacres, voyant leurs frères, sœurs et parents mourir sous le coup des armes et machettes.

A travers leurs témoignages, les victimes exigent « l’exhumation » du rapport Mapping, tout en réitérant l’obligation pour l’état, la RDC, d’accélérer ses intentions en vue de l’instauration d’un tribunal international pour la RDC, afin que justice soit faite, que réparation s’en suive, mais surtout la garantie de non répétition. 

Le bureau de l’Assemblée provinciale du Sud-Kivu, a rassuré que dans son rôle législatif, il poursuivra ce combat à travers l’adoption d’un édit provincial, qui devra non seulement identifier les sites des massacres à travers toute l’étendue de la province, mais surtout s’assurer de la protection de ces sites.

Zacharie Lwamira, son président, a salué l’engagement du Dr Denis Mukwege dans la lutte pour l’instauration du Tribunal International pour le Congo, à travers la mise en œuvre des recommandations du rapport Mapping, qui rapporte 617 incidents graves sur la période de 1993 à 2003, et qui malheureusement est resté lettre morte.

«Un vaillant et seul congolais, le Prix Nobel de la Paix, Dr Denis Mukwege, est à l’œuvre pour l’exploitation minutieuse de ce rapport enfin d’établir les responsabilités au travers des sanctions pédagogiques et remettre les victimes dans leurs droits pour que des tels actes ignobles ne se répètent plus jamais au Sud-Kivu et sur toute l’étendue du territoire national,» a laissé entendre le président de l’assemblée provinciale du Sud-Kivu.

Zacharie Lwamira pense qu’il est pratiquement difficile ou mieux possible d’envisager une paix durable sans rendre justice aux victimes de ces massacres.

« Aujourd’hui nous organisons ces activités pour soutenir, non seulement le noble combat du Dr Denis Mukwege, dont les plaidoyers en faveur des victimes de ces massacres au travers la création du tribunal international pour la RDC, mais aussi c’est une façon pour nous d’honorer la mémoire de nos compatriotes, victimes de ces massacres. Il faut dire ici qu’il est pratiquement difficile ou mieux possible d’envisager une paix durable sans rendre justice aux victimes de ces massacres. A cet effet, nous demandons à travers cette commémoration et à l’instar d’autres pays qui ont connus ce genre des massacres, la création d’un tribunal international pour la RDC sur ces massacres qui ont eu lieu dans notre province et qui sont repris dans le rapport Mapping,» a-t-il soutenu.

Il faut dire que cette première commémoration provinciale des massacres commis sur les populations au Sud-Kivu, intervient après la descente d’une commission parlementaire sur plusieurs sites des massacres dans différents territoires de la province. Elle été organisée par l’Assemblée provinciale en collaboration avec la Fondation Panzi, et a connu la participation des centaines des personnes venues des villes et territoires de la Province.

Toutes unanimes, les personnes qui y ont pris part, ont réaffirmé à travers leurs messages imprimés sur des calicots et banderoles, le souci de voir le rapport Mapping être exploité, et les auteurs des massacres jugés et condamnés.

Bertin Bulonza

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