«Si vous n’aimez pas ceux qui vous dirigent, aimez le Congo” (Denis Mukwege aux hommes d’affaires)

«Si vous n’aimez pas ceux qui vous dirigent, aimez le Congo et faites quelque chose pour que ça change»

c’est en tout cas par exhortation, que le prix Nobel Congolais a appelé les membres de la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) à tout faire pour créer des conditions pour plus de production et contribuer à la réduction de la pauvreté au pays afin de favoriser la paix au pays.

Un appel fait ce samedi 14 décembre dans la salle de la Fondation Panzi lors d’une journée d’échanges dénommée : « Business for peace, Peace for Business », entendu par « les affaires pour la paix, la paix pour les affaires ». Une journée co-organisée par la Fondation Panzi et la Fédération des Entreprises du Congo (FEC).

Relevant que la réduction de la pauvreté et du chômage au pays permettrait d’occuper des jeunes qui choisissent les groupes armés, Mukwege a insisté que les opérateurs économiques congolais fassent des affaires qu’il faut léguer à la génération à venir. Des entrepreneurs qu’il a appelé des « braves» dans un environnement « hostile » pour les affaires.

«Nous devons faire arrêter le fait que lorsque vous roulez dans une voiture, parce que vous allez travailler, vous méritez, que tous les autres voisins soient jaloux de vous. Ça, ça doit s’arrêter et la seule façon de le faire c’est de créer une énergie qui permet à ce que ce que nous nous puissions partager ce que nous produisons ou créons. L’embellie, la récente éclaircie dans le ciel politique de notre pays permet d’y croire. Et moi je crois que lorsque nous des nouveaux dirigeants, faisons un effort pour les accompagner. Ce n’est pas nécessaire de les aimer, aimez le Congo. Si vous n’aimez pas ceux qui vous dirigent, aimez le Congo et faites quelque chose pour que ça change. Si vous n’êtes pas d’accord avec un courant politique, soyez au moins d’accord avec votre nation. Croyez en votre nation; et si vous y croyez, vous n’allez pas poser des questions par rapport à ce que vous faites pour votre pays. Et lorsque l’Etat ne peut agir, les entreprises devraient s’organiser pour prendre des initiatives et assurer le relai. Ça serait le cas dans le domaine agricole » a insisté le célèbre gynécologue congolais devant des hommes et femmes d’affaires venus de plusieurs provinces de la RDC.

Mukwege qui insiste que le pays est en crise, voire par terre appelle à répondre à cette crise en étoffant des stratégies d’alliance et de collaboration. Collaboration stratégique entre la FEC et les organisations du secteur non-marchant. Coopération également avec l’Etat.

«Et ensemble nous pourrions mener des plaidoyers au niveau international afin d’améliorer l’image de notre pays, attirer les investisseurs et faire de sorte que les lois commerciales ou humanitaires édictées à l’échelle internationale soient mieux comprises et appropriées au niveau local et ne plombent pas l’élan positif de nos entreprises” a-t-il dit, les appelant à être des hommes et femmes d’affaires qui donnent espoir à leur société. 

Au cours de la rencontre, le médecin Directeur de l’hôpital de Panzi est continuellement revenu sur la responsabilité de entreprises envers la société congolaise et leur contribution à la construction et à la consolidation de la paix, car reconnaît-il, le commerce prédateur peut jouer un rôle négatif sur la paix en générant ou en exacerbant les conflits et que le secteur privé en collaborant avec les autres segments de la société civile et l’Etat, en faisant la promotion de l’éthique de responsabilité dans le business peut contribuer à construire la confiance, la stabilité et la paix.

“Ce climat de paix est par ailleurs bénéfique aux entreprises qui peuvent ainsi faire des bénéfices durables” a-t-il relevé rappelant le rôle positif du commerce et du monde des affaires dans la pacification et l’intégration de l’Europe.

Jean-Luc M.

CATEGORIES
TAGS

COMMENTS

Wordpress (1)
  • comment-avatar
    PIERRE YEREMIAN 1 mois

    Le message du Dr Mukwege lors de la rencontre avec les entrepreneurs est plein de bon sens , mais il concerne aussi tous les autres entrepreneurs et tous les consommateurs civils également.
    Car les initiatives socio économiques – coopératives solidaires , groupements , coordination des activités génératrices de revenus – se heurtent dans la réalité à une concurrence sournoise des pays frontaliers vers la RDC et notamment pour les produits agricoles et de première nécessité . Pas de taxes , entrée sans barrière douanière pour chercher les approv , retour avec les produits finis ( exemple : la farine de manioc) ce qui casse la valeur ajoutée des petits producteurs locaux . Le Cameroun cette année a taxé 50 produits de première nécessité à l’importation.et que dire des barrières internes sur les routes !Pourquoi des mesures de base pour favoriser l’entreprenariat local ne sont pas prises ?

  • Disqus (0 )