
La prise de ces produits est très nuisible à la santé vus les diverses maladies qu’ils sont susceptibles de causer chez l’homme. Le problème de foie et tant de troubles mentaux peuvent être générés par ces boissons. Les méfaits sont réels et s’observent chez les consommateurs ; hélas, les conséquences des uns n’enseignent pas les autres, car nous pouvons constater que cette pratique connait un succès au sein de la jeunesse Bukavienne. La gamme étant variée, certaines personnes, avant de consommer ces produits, prennent soin de lier les ouvertures inférieures de leurs pantalons car, impérativement, ils doivent chier dedans.
Vu la couche sociale intéressée par ces produit, en majorité des jeunes, ils présentent un réel danger pour la cité toute entière. Ces jeunes désœuvrés, déjà dépendant de ce méchant produit, s’adonnent à des actes de brigandage pour se trouver de quoi s’en payer. Ceci crée une insécurité sans nom dans beaucoup de coins de la ville de Bukavu. Pire encore, les agents de l’ordre ne font rien pour décourager ce délit. A Irambo (entrée de l’avenue Pesage II), par exemple ces boissons sont devenues une célébrité ; Elles se consomment à ciel ouvert, et sont souvent à la base des violences qui y sont enregistrées régulièrement. A l’Essence, à Nyamugo comme dans d’autres quartiers chauds de la ville, on constate que tous les malfrats qui se font appréhender sentent toujours ces boissons. Qui nous dira si les maisons de leur vente ne servent pas de cadre aux différents brigands qui terrorisent la ville ?
Ces boissons, communément appelées “Sapilo”, proviennent de plusieurs sources ; certaines sont produites au pays, d’autres, des pays voisins (l’Ouganda et le Burundi). Ce qui inquiète, c’est ce constat selon lequel, leur consommation est prohibée, les producteurs locaux ne font jamais l’objet d’une quelconque poursuite judiciaire, ce silence coupable de grands décideurs insinue une complicité dans la perpétuation de ce sale produit.
Il ne s’explique pas, non plus, que des substances interdites traversent les frontières nationales et se retrouvent sur le territoire congolais, et cela, sans qu’une seule de la multitude de services étatiques retrouvée à la douane n’en fasse mention ! Est-ce une question d’incompétence ou simplement un manque de volonté ? Rien que par ce simple constat, il y a lieu de déduire que ces services n’ont pas leur raison d’être, si leur présence ne peut pas contribuer à la sécuriser le territoire nationale.
Cette pratique n’est interdite qu’officiellement, car elle ne connait aucune mesure de rétorsion ferme. Les buveurs et les consommateurs font abstraction à la prohibition car ils reconnaissent ne courir aucun risque en ne s’y conformant pas.
Et l’Etat, que fait-il ? Pourquoi ne met-il pas de la pression sur ses récalcitrants ? Si mettre fin à des mouvements rebelles armés, du genre M23, Kamwina Nsapu…, ne peut nécessiter que des mois, ou des semaines, cette pratique ne peut avoir subsisté que grâce à l’indifférence des instances étatiques auxquelles cette matière revient d’attribution.
Par amour à la jeunesse qui est détruite par ces boissons, par pitié pour la population insécurisée par ces jeunes accro d’ivresse, l’Etat doit, de toute urgence, agir afin de mettre totalement un terme à cette dégoûtante pratique. Pour mieux contrôler la situation, l’Etat, de par la souveraineté dont il jouit, doit ordonner la fermeture des usines nationales de ces boissons et interdire strictement l’entrée des produits de ce genre sur le sol congolais en provenance de l’étranger ; Ensuite viendra le tour de traquer les vendeurs locaux et les consommateurs. La jeunesse est l’épine dorsale de l’évolution de tout Etat.
John Achiza
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