Bienvenu Karhakubwa est revenu sur les profils d’un bon dirigeant pour un Congo nouveau.
C’est au cours de la 7è COMREC 2018, la conférence des serviteurs de Dieu qui se tient dans la ville de Bukavu, du lundi 24 au dimanche 30 septembre 2018 sous la convocation du Révérend Pasteur Pierre Lemba de l’Église Renouveau Évangélique. Elle est sous le thème central « La restauration du sacerdoce pour une nation nouvelle ».
Bienvenu Karhakubwa y est intervenu successivement le mercredi 26 et le jeudi 27 septembre 2018 sur le sous-thème ‘ Le rôle et la responsabilité de l’Église ou du serviteur de Dieu pour un Congo nouveau ». ces assises poursuivent entre autre objectif sensibiliser les serviteurs et servantes de Dieu sur leur rôle et celui de l’Église dans l’épanouissement de leur milieu mais aussi sur l’importance de bien exercer leur ministère, « car la nation est le miroir, le reflet de son Église ».
Dans présentation, le chercheur Karhakubwa a répondu à une triple interrogation : Quel est le cliché de la Nation nouvelle, du Congo nouveau? Que doivent faire les serviteurs de Dieu (ou l’Église) pour l’avènement d’une nation nouvelle, d’un Congo restauré? Quel est le profil des dirigeants pour un Congo nouveau? Un triple objectif : celui d’amener les serviteurs à une réflexion sur une vision commune d’une RDC nouvelle aspirée par tous, celui d’amener les serviteurs de Dieu à prendre conscience de leur responsabilité dans l’avènement d’un Congo Nouveau ou restauré, et celui d’éveiller la conscience des serviteurs de Dieu et de tout citoyen pour contribuer à élever des dirigeants de valeurs pour la restauration de la nation
Il a ouvert une réflexion sur une RD Congo nouvelle qui s’est conclue en un rêve élargi sur les 4 points suivants : (1) une RDC où règne la paix, la justice, le droit ; (2) une RDC où chacun de ses citoyens se sent dans la joie de vivre, un pays dont sont fiers ses citoyens ; (3) une RDC qui fait vivre plusieurs, une nation qui nourrit d’autres nations; un pays qui bénit d’autres pays, un peuple qui fait vivre d’autres peuples. (4) un Etat évangélisateur des nations dans ce temps de la fin, qui vit et défend les valeurs évangéliques qui semblent aujourd’hui sous menace, des valeurs chrétiennes qui sont universelles et « universalisables ».
En ce qui concerne, le rôle ou la responsabilité des serviteurs de Dieu ou de l’Eglise dans ses différentes dénominations, Karhakubwa appelle les serviteurs de Dieu à : (1)connaitre et faire connaitre l’image du Congo nouveau et sa mission selon la volonté de Dieu, (2) prier pour le pays (prier pour le pays et sa mission, prier pour le processus électoral au pays, pour que le pays se dote, dans la paix, des dirigeants à la hauteur de la mission), (3) encourager et accompagner des chrétiens, emprunts des valeurs chrétiennes, dans les différents secteurs de la vie nationale où ils évoluent, notamment le secteur politique, (4)réveiller la conscience des citoyens( des électeurs) à élire de bons dirigeants à travers une sensibilisation au vote utile, (5) assurer l’encadrement et l’appui conseil aux chrétiens élus ou qui évoluent dans les institutions politiques ou autres institutions sociales pour la promotion du bien-être collectif, (6) servir des modèles d’intégrité et de gestion, car notre société souffre d’une crise de modèle et cela est un défi pour le serviteur de Dieu. Est-ce qu’aujourd’hui l’Église ou alors le serviteur est un modèle de gestion?, a-t-il lancé interpellation pour amener l’Église à réfléchir sur sa responsabilité dans la déchéance de la nation.
A la question de savoir quel profil des dirigeants pour une nation nouvelle ou un Congo nouveau ? l’orateur note six choses : des dirigeants qui connaissent et craignent Dieu ; des dirigeants ayant une vision, une vocation et une foi ( qui croient qu’ils peuvent); des dirigeants intègres et compétents (l’intégrité passe avant la compétence et l’expérience est un atout mais pas une condition) ; Des dirigeants à moralité saine, réglés dans leur conduite ( qui notamment ne s’adonnent pas à l’alcool, non livrés à l’immoralité sexuel) ; Des dirigeants qui aiment le pays et leurs concitoyens, et qui sont ouverts au monde, et donc capables d’ouvrir le pays au monde et non se cacher derrière un « patriotisme chauvin »; des dirigeants ayant l’humilité ( qui reconnaissent que ce qu’ils sont, ils le sont à cause de Dieu (type de David de la Bible) et la compassion (qui sont sensibles aux besoins du peuple qu’ils dirigent) .
Les leaders des Églises et serviteurs de Dieu sont appelés à contribuer d’une manière concrète à la restauration de la nation dans le choix des dirigeants pour l’émergence d’un Congo nouveau. Ils devront éviter de dire aux gens de voter nommément pour telle ou telle autre personne, à en croire l’orateur, mais plutôt inviter les fidèles, les citoyens à élire suivant un profil donné pour élever des hommes et des femmes normaux dans la gestion de la chose publique. Le prêcheur du renouvellement et du rajeunissement a invité les hommes et femmes de Dieu à contribuer au rajeunissement et renouvellement de la classe politique en vue de briser le système assis sur des antivaleurs qui rongent le pays depuis la colonisation, pour l’avènement d’un Congo nouveau.
« Nous vous exhortons, dans l’amour de Christ, à élever la voix et à dire à tout serviteur de Dieu, à tout citoyen électeur de:
1.Ne voter pour un candidat parce que simplement il appartient à sa famille, à son clan, à sa tribu ou même à sa province. C’est un vote tribal.
2. Ne pas porter son choix sur un candidat parce que, tout simplement, il lui a donné de l’argent, du poisson, du pagne ou polo, de la bière, … C’est un vote par intérêt éphémère pouvant hypothéquer tout son avenir. Là, il a voté l’argent, le poisson, la bière pour le diriger; et donc il souffrira des conséquences de son choix.
3.Ne choisir quelqu’un parce que quelqu’un d’autre le lui a recommandé simplement ( lui disant : ‘vote pour x’, sans savoir pourquoi). C’est un vote dicté aux conséquences énormes.
4.Ne pas voter pour quelqu’un qu’il ne connait pas. C’est un vote par ignorance!
5. Se garder de voter, au nom de la parité, pour des femmes irresponsables menant une vie de dépravation. Mais plutôt pour des femmes respectueuses et modèles en conduite.
7. Se garder de voter en faveur d’un candidat qui vit seul au pays, alors que toute sa famille (femme et enfants) ont fui le pays à la recherche d’une « bonne vie » ailleurs. Ce sont des mercenaires.
7. Ne pas choisir une personne qu’il reconnait immorale, c’est-à-dire qui vit dans la perversion sexuelle. Il ne se gardera jamais de harceler ses collaborateurs au risque de transformer les bureaux en des maisons de tolérance
8. Ne pas voter pour un candidat qui se fait porter sur ‘tipoy’; c’est un sens de mépris contre ses propres frères, un comportement de dominateur et d’esclavagiste, un comportement humiliant, avilissant, extravaguant et donc inacceptable à ce siècle.
9. Ne pas voter pour un candidat qui se confie au fétichisme et autres pratiques occultes semblables. De telles personnes ne seront jamais redevables devant le peuple qui les a élus, mais plutôt redevables aux féticheurs; le dirigeant n’étant redevable qu’à celui qui lui a donné le pouvoir.
10. Ne pas choisir un candidat totalement et publiquement abandonné à l’alcool et qui passe l’essentiel de temps dans des bistrots. C’est un jouisseur qui ne trouvera guère du temps nécessaire pour réfléchir pour l’intérêt public.
11. Ne pas porter son choix sur un candidat reconnu impliqué dans le pillage des ressources ou la spoliation du patrimoine public ou commun.
12. Ne pas voter pour quelqu’un qu’il reconnait meurtrier ou assassin, non repenti. », a exhorté Karhakubwa, pour ouvrir un débat sur le profil des dirigeants pour un Congo nouveau.
Tout serviteur ou enfant de Dieu, tout bon citoyen qui rêve un Congo nouveau devra connaitre et faire connaitre l’image et la mission du Congo nouveau (restauré), prier pour le pays, encourager les autres dans leur vocation, servir de modèle d’intégrité et de gestion, jouer son rôle pour l’émergence des dirigeants à la hauteur de la mission sus-évoquée et éveiller la conscience des citoyens pour contribuer à élever des dirigeants utiles. En ce temps précis des élections au pays, il devra voter pour des valeurs ( et donc contre les anti valeurs), nous disons pour des hommes et des femmes de valeur, nouveaux aux idées nouvelles, pouvant conduire la nation à sa destinée.
« ‘Quand les justes se multiplient, le peuple est dans la joie; quand le méchant gouverne, le peuple gémit’ (Proverbes 29:2). Voulez-vous vivre l’avènement d’un Congo nouveau, voir le pays restaure, travaillez chacun en ce qui vous concerne pour la multiplication des justes dans les institutions du pays a tous les niveaux et le pays sera sauve. Ainsi donc, la RDC sera restaurée et entrera sur le sentier d’accomplir sa mission. », a-t-il conclu.
Bienvenu Karhakubwa est intervenu à côté d’autres leaders et serviteurs de Dieu venus de différentes parties de la RDC dont le Bishop Afata (venu de la province de la Tshopo), l’Apôtre Sylla (venu de la province du Kongo Central), Pasteur Élisée Zagabe, le pasteur Thomas Kamana, le Bishop Olivier Tsasa, l’Évangéliste Grégoire Kazadi etc.
Rappelons que Bienvenu Karhakubwa est chercheur en Paix et Développement, enseignant à l’Université Évangélique en Afrique (UEA) et acteur de la société civile. Il travaille pour le compte du Centra Africain de Paix et Gouvernance (CAPG) et coordonnateur national de la Campagne des organisations de la société civile dénommée CAP vers les élections pour le renouvellement et le rajeunissement de la classe politique.






