La prise de position de la France sur la crise politique de la RDC, en connivence avec le Rwanda et l’Angola, crée une ébullition incommensurable tant dans la classe politique congolaise qu’au sein de la société toute entière. Ce frappant rappel à l’ordre de Paris ressemble, pourtant, au floue artificiel d’avant décembre 2016, que la communauté internationale avait mis en place pour atténuer les courroux du peuple congolais contre le régime de Kabila !
Le crépuscule du deuxième mandat s’annonçait sombre, et nul ne se l’imaginait aussi moins agité qu’il l’a enfin été ! Trop décidés à en découdre avec le régime, les congolais n’ont pas su maintenir le tempo de leur détermination, suite à la pathétique implication de l’Union Africaine ainsi que de l’occident.
Ces puissances, prétendant se battre pour une solution concertée, ont pu anesthésier le peuple congolais au point de l’endormir profondément, en lui faisant croire à une solution miracle. En définitive, la fameuse solution n’est jamais surgie, et la constitution, qu’ils donnaient l’impression de défendre, se sabote davantage.
Si le retour à la charge de la communauté internationale s’avère impérieux pour décrisper la crise sociopolitique de la RDC, l’identité des partenaires, engagés dans ce schéma, entretient un doute sur la finalité de ladite démarche.
L’Angola jouit du sang neuf ingurgité par la prise des fonctions de Joao Lorenzo après des décennies de gestion autocratique sous Dos Santos. Démocratiquement mois sale, Luanda a pourtant à gagner dans le statuquo chaotique du géant voisin.
Dans un cadre purement économique, l’Angola ne se permettrait pas d’appuyer la mise sur pied d’une politique socialement ambitieuse, en RDC, sous peine de voir émerger une traçabilité du marché du pétrole qu’il gère dans l’opacité, à la frontière de avec le Congo. A cet effet, il n’y a pas pire rêve que de croire que Lorenzo snoberait pas ses propres intérêts pour ceux d’un tiers peuple.
L’autre partenaire africain du trio magique parait d’autant plus un choix intrépide que stratégique. Le Rwanda de Paul Kagame, traditionnel mal aimé des congolais, militer pour un Congo stable et prospère, apparait comme un gros poisson d’Avril.
S’en tenant aux gains que lui procure le désordre congolais, il est mal perçu que Kigali milite pour une normalisation de la situation sociopolitique au Congo, car fatale à l’émergence de son économie.
Exemple parfait de l’intolérance politique, l’actuel Chair Man de l’Union Africaine a su également s’arroger une présidence à vie, en tripotant constitutionnellement la disposition constitutionnelle limitant sa présidence dans le temps. Qu’aurait donc Kagame contre un disciple fidèle, qui s’inscrirait dans son schéma, en défiant toute opposition ?
Il est secret de Polichinelle qu’en dépit de la tyrannie qu’il incarne, le président rwandais jouit tout de même de la totale confiance du monde occidental. La France, n’étant pas capable de déroger à ce principe, semble s’inscrire dans cette logique routinière pour cette aventure, apparemment ambigüe.
Cependant, faire recours au Rwanda pour une « solution salutaire » en RDC, eût-égard au sulfureux souvenir de l’occupation de l’Est du Congo, est l’une des voies les plus sures susceptible de renflouer la côte de légitimité du pouvoir de Kabila, qui s’érigera en défenseur de l’intégrité territoriale nationale, contre un imposteur bien connu.
Tenant compte des menaces que profèrent dores et déjà le gouvernement congolais, à quiconque des pays voisins qui s’abuserait de s’ingérer des « linges sales »congolais, la tendance présage déjà une situation confuse, visant à endormir le peuple et lui faire rêver d’un probable soutien extérieur qui, au finish, risque de ne jamais survenir.
Pour rappel, la République française affiche farouchement son désaccord avec le pouvoir de Kinshasa au sujet de la crise politique en RDC. A cet effet, le président de l’hexagone, Emmanuel Macron, intensifie particulièrement des contacts avec des pays limitrophes, exhibant l’intention de vouloir de décrisper la situation politique, et assister le peuple dans sa quête pour le retour à l’ordre constitutionnel, mais Macron n’est pas exigeant envers les dictateurs. Il les reçoit à l’Élysée et ailleurs. Et c’est là, la légitimité de la question : pourquoi changerait-il cette fois avec Joseph Kabila ?
La Rédaction
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