RDC: le professeur Adolphe Kilomba apporte son soutien à l’avortement médicalisé – La PrunelleRDC.info

Plusieurs femmes sont pointées du doigt, elles sont mal vues par la société pour avoir procéder à l’avortement qui, soit, s’est effectué clandestinement par les non professionnels, soit qu’il a été médicalisé. Le professeur-Docteur Adolphe Kilomba Sumaili, docteur en droit international est d’avis que l’avortement devra être sécurisé afin de sauver la vie d’un être humain.

Dans son intervention, Adolphe Kilomba souligne en premier lieu qu’en cas d’agression sexuelle, la personne a droit d’obtenir un avortement médicalisé. Il rappelle que certaines mauvaises langues stipulent que la loi n’est pas respectée en agissant ainsi.

« La réalité en est que la personne qui a été violée est traumatisée, a perdu son humanité, elle a encore perdu sa considération sociale et énormément de choses et même son ménage ».

Il fustige le comportement qui tend à mettre sur une même balance une victime qui a perdue, tout ce qu’elle a de plus chère et son bourreau.  Pour lui, la conséquence de cette situation est qu’il pourra naître, un enfant qui a besoin d’amour alors que sa présence va être le signe d’un traumatisme.

 «Il est impérieux de protéger la victime », martèle le Professeur.

 Cette dernière devra bénéficier de la liberté de garder la grossesse ou non, croit-il.

 «J’estime qu’en matière des droits humains et dans le cadre de la  protection de la victime, la ratification de l’accord de Maputo et sa mise en application dans notre pays, vaille toute la peine possible de protéger toutes ces femmes victimes de violences sexuelles et si par la voie d’avortement médicalisé elles peuvent se rétablir, il n’y pas quelque chose de mieux que ça. Il faudra donc laisser à ces femmes et filles la liberté de décider sur l’avenir de la grossesse qu’elles ont eu à l’issu de viol et c’est à elle de décider et non nous la société ou les membres de sa famille. Elles ont donc le dernier mot. Combien ces enfants souffrent dans notre société lorsqu’on doit les indexer qu’ils sont nés du viol ? A quoi ressemble une telle vie ? » s’interroge le professeur Adolphe Kilomba.

Le professeur Kilomba insiste quant au fait de ne pas garder la grossesse dans ce cas. La victime devra avoir la chance de se faire avorter médicalement et de  bénéficier de tous les soins médicaux nécessaires dans une structure sanitaire reconnue.

«Si l’on ne peut parler de l’avortement à haute voix pour pouvoir respecter la vie,  il y a toujours des avortements clandestins qui se font ça et là. Plusieurs filles meurent parce qu’elles se sont fait avorter à des endroits inappropriés. La société libre qui se veut respectueuse, devra respecter la liberté de chaque personne » conclut-il.  

La dépénalisation de l’avortement est partielle en RDC. Il est autorisé dans certaines circonstances et doit être fait selon les normes de l’organisation mondiale de la santé l’OMS mais aussi dans le respect strict de la loi. 

Signalons que le protocole de Maputo en son article 14 aborde la question de l’accès de la femme à l’avortement médicalisé et l’autorise dans les situations particulières à savoir lorsque la grossesse met en danger la santé mentale ou physique de la mère ou la vie de la mère ou du fœtus, en cas de viol, d’agression sexuelle ou encore d’inceste.

Anne Mushigo

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