RDC: Le calendrier qui servira de béquille à l’allié Joseph pour déverrouiller le cap de Décembre 2017 (Editorial)

RDC: Le calendrier qui servira de béquille à l’allié Joseph pour déverrouiller le cap de Décembre 2017 (Editorial)
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La Commission électorale nationale indépendante congolaise a publié, ce dimanche 5 novembre 2017, son calendrier alors que plus que quelques jours nous séparent du fatidique délai consensuel, de décembre 2017, pour l’organisation des élections présidentielles. Ce calendrier prévoit l’organisation des trois scrutins en la seule date du 23 décembre 2018, en opposition aux principes de deux dialogues ayant permis le prolongement de la magistrature du chef de l’Etat.

Trop longtemps attendu, c’est enfin dimanche qu’est sorti l’agenda dont va, en principe, se servir la CENI pour la matérialisation de l’exercice démocratique dont elle assume le patronat, les élections. Cependant, quel crédit doit-on accorder à l’institution de Corneille Nangaa, dont la dernière sortie médiatique faisant état de l’impossibilité d’organiser les élections dans moins de 500 jours avait fait réagir le monde entier ? Si cette nouvelle démonstration du président de la CENI n’est pas le fruit des menaces de madame Nikki Haley, histoire d’atténuer la  vigueur de la communauté internationale, peut-on y trouver une contradiction notoire entre les convictions de l’homme et ses propos.

Alors que les opposants, dans la diversité de leur appartenance, se préparent à organiser des actions de grande envergure, en cette fin d’année, la CENI a choisi de se servir de la même fin d’année pour leur offrir, en cadeau de noël,  le calendrier qu’ils lui réclamaient depuis plusieurs mois maintenant ! Cependant, cadeau s’avère détérioré, voire imbibé de poison, vue la circonstance de sa venue.

Si les forces vives s’activaient pour demander un calendrier, ils en voulaient qui leur offrirait une alternance avant la fin de l’année 2017 ; mais fidèle à sa détermination à respecter les « cependant » et les « toute fois » des accords, la CENI ne répondrait à leur vœux que par miracle. Ce qui n’a, d’ailleurs, pas été le cas car la feuille de route qu’elle a mise en publique ce dimanche viole, de manière flagrante, même l’accord de la Cité de l’Union Africaine que les opposants radicaux jugent d’accord de la trahison.

La CENI congolaise dont, la neutralité et l’indépendance n’ont jamais fait l’unanimité, semble baliser le chemin aux nouvelles assises qui pourront permettre au pouvoir en place de se trouver une nouvelle béquille pour franchir le cap du 31 décembre avec la bénédiction de la communauté internationale qui ne semble pas opposée à des élections en 2018. Le choix du mois de décembre de l’année prochaine, n’est-ce pas un énième indicateur de la volonté de la CENI de projeter l’organisation du scrutin au plus tard possible ! Des contraintes pourront être évoquées pour justifier un nouveau report, entre temps la venue du Christ s’approche à pas pesant (Des 18 années qu’aura faites le président Kabila au pouvoir, au soir de l’an 2018, les élections ne lui en auront offertes que 10).

Si les opposants ne jurent que par une transition sans Kabila, car conscients de l’impossibilité de la tenue des élections en 2017 et impatients de voir celui-ci hors du palais de la nation, la CENI dont l’allégeance à la majorité n’est plus à démontrer n’a rien attendu pour tendre une bouée de son sauvetage à son allié ; car si transition y aura, ce sera au terme d’un probable dialogue, et sans exclure un seul acteur. La Majorité au pouvoir, que l’opposition accuse d’être la seule à ne jamais critiquer les agissements de la CENI, pourrait, sans surprise, intégrer ce calendrier dans son cahier de charge afin d’obtenir quelques mois de plus à l’actif de son champion Joseph.

Après un long suspens, la CENI a enfin révélé ce qui ne pouvait surprendre personne, le calendrier favorable à un après décembre 2017 on ne peut plus doux ! Chapeau-bas au  puissant jongleur, aujourd’hui vice-président de la CENI, Norbert Basengezi qui aura gagné le pari d’avoir servi correctement sa famille politique de provenance, de tous les membres du bureau de cette institution d’appui à la démocratie.  Si Jean-Pierre Kalamba ne sent plus le MLC, Corneille Nangaa est devenu le moins membre de la Société civile possible. Que dire de madame Elodie Ntamuzinda ? Elle maitrise toutes les exceptions des accords et des lois de la république favorables à un moment de plus au séjour du président Joseph Kabila au plais de la nation.

L’action de la CENI, digne d’un serment de fidélité, reflète au vu des plus vigilants observateurs, l’image du genre de transition souhaitée par le chef de l’Etat. La communauté internationale, déjà piégée par cette intelligence de primauté de la CENI, aura du mal à se laver d’accompagner le processus électoral  alors qu’il rencontre visiblement son souhait ; celui de voir la présidentielle organisée en 2018. L’opposition congolaise, toujours affaiblie par ses divisions internes, n’aura reçu qu’un poing de plus dans son intimité ; sa fameuse « transition sans Kabila » ne s’obtenant par aucune manœuvre non-violente, le schéma de la CENI risque d’être le moyen légal à envisager, bien qu’en panne de légitimité.

Ce calendrier semblable au bâton de Moïse, lors de la traversée de la mer rouge, est bénéfique à la majorité présidentielle qui s’accapare, par cette voie, d’un court moment de liesse alors que les mouvements citoyens et les autres forces vives politiques et civiles se mordront les doigts en s’y opposant sans espérer à grand-chose. Et, l’intérêt du peuple est à rechercher à la poubelle!

John Achiza

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