RDC: la NDSCI demande la fin des «menaces et intimidations» proférées par les autorités à l’endroit des enseignants

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Manifestation des enseignants du Sud-Kivu à Bukavu. (Image d'illustration) ©Laprunellerdc.info

La Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI) en RDC demande la fin de « toutes les menaces et autres intimidations » proférées par les autorités du pays, à l’endroit des enseignants, suite à la grève qu’ils ont déclenchée dès la rentrée scolaire le 4 octobre dernier.

Elle l’a dit dans une déclaration rendue publique mardi 12 octobre 2021, et dont une copie est parvenue à Laprunellerdc.info.

La NDSCI dit suivre «avec grande inquiétude» la persistance de la grève des enseignants des écoles publiques et conventionnées, qui affecte la quasi-totalité d’établissements d’enseignement primaire, secondaire et technique sur l’ensemble du territoire national.

«La NDSCI note avec consternation que cette grève légitime soit-elle, vient administrer un coup de plus au secteur de l’éducation nationale qui connaissait déjà plusieurs problèmes et dont les deux dernières années ont été péniblement clôturées. La NDSCI est toute aussi préoccupée par les conséquences macabres qu’entrainent ces récurrentes préoccupations sur le niveau et la qualité de la formation que devait recevoir les enfants et la jeunesse congolaise. Le risque de voir sacrifiée toute une génération d’enfants congolais avec une éducation au rabais sont tellement grands et devaient préoccupés tout bon citoyen et responsable politique et public sérieux,» peut-on lire dans cette déclaration signée par Jean-Chrysostome Kijana, président de cette structure.

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La NDSCI dit trouver « légitime et fondée » cette grève, mais invite les différentes parties prenantes à privilégier la voie du dialogue, «en mettant chacune de l’eau dans son vin» afin que l’éducation des enfants ne soit pas sacrifiée.

«Tout comme la gratuité est bien garantie par la constitution du pays, le droit à l’éducation de nos enfants et le droit à un salaire décent sont aussi garantis par la même constitution aux enfants et aux enseignants. Il revient donc au gouvernement congolais de prendre toutes ses responsabilités afin que tous ces droits soient considérablement respectés et réalisés pour l’intérêt de toute la nation,» explique-t-elle.

La NDSCI invite ainsi les enseignants à négocier avec l’Etat, tout en exerçant leur devoir.

«L’évaluation objective de la politique de la gratuité de l’éducation de base, cheval de bataille du président de la République, afin de trouver des voies et moyens pragmatiques de sa mise en œuvre réelle et effective, dans le respect des droits des uns et des autres. En attendant que toutes ces solutions et autres soient trouvées la NDSCI invite les enseignants à négocier avec l’Etat tout en exerçant leurs devoirs et cela pendant tout le premier trimestre de cette année,» insiste-t-elle.

Rappelons que dès la reprise des cours le lundi 4 octobre dernier, les enseignants des écoles conventionnées, notamment ceux catholiques et protestants, ainsi que ceux des écoles publiques, ont entamé un mouvement de grève. Ces derniers demandent que leurs conditions soient améliorées par le Gouvernement, notamment par la prise en charge de tous les enseignants « Nouvelles Unités et Non Payés », la majoration de leur salaire, la suppression des zones salariales, et l’opérationnalisation des mutuelles de santé des enseignants.

À la suite de cette grève des enseignants, le Ministre de l’EPST avait demandé au Service National de Contrôle et de Paie des Enseignants (SECOPE) d’effectuer des visites de contrôle physique dans les différentes écoles à travers la République, pour que les enseignants absents sans raison valable, soient désactivés sur les listings de paie. Selon lui, ces derniers ont séché les cours sans motif valable. Quelques enseignants de certaines écoles de Kinshasa ont même été désactivés du listing de paie.

Mais cette décision a provoqué la colère des enseignants dans différentes provinces à travers le pays, qui ont rappellé que le droit de grève est garanti aux travailleurs, en vertu de l’article 193 de la loi de 2016 portant statut des agents de carrière des services publics de l’État.

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La sénatrice Francine Muyumba a même adressé une question orale avec débat au Ministre Tony Mwaba, sur ce remplacement des enseignants grévistes par des enseignants “Nouvelles Unités”. Mais cette question n’a pas encore été déclarée recevable par la Chambre haute du Parlement.

Malgré la menace du Gouvernement de désactiver tous les enseignants grévistes de la liste de paie, plusieurs syndicats des enseignants ont décidé de camper sur leur décision, promettant de poursuivre la grève. Ces derniers ne jurent que sur l’amélioration de leurs conditions, avant de reprendre le chemin de l’école.

Abiud Olinde

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