RDC: Faudra t-il penser à créer une force spéciale pour imposer chaque fois l’alternance? – La PrunelleRDC.info

Le second mandat constitutionnel du président de République, Joseph Kabila Kabange, est arrivé à échéance depuis plus d’une année. Cependant, force est de constaté que ce dirigeant, au pouvoir depuis la mort de son père en 2001, ne montre aucun signe de vouloir céder son fauteuil à un quelconque successeur. La constitution ayant été piétinée et éclaboussée, l’accord du dit de La Saint Sylvestre n’a pas suffi pour étancher la soif impériale de l’homme fort de Kinshasa. La pression fuse de partout, mais Kabila ne montre pas la volonté de désarmer.

A son accession au plus haut poste politique du pays, nul ne voyait Joseph Kabila s’y accrocher si longtemps. Agé de seulement 29 ans à l’époque, le fils du regretté Laurent Désiré Kabila a vu son appétit croître avec l’âge. Après sa deuxième élection, en 2011, le président de la République a visiblement sorti le mot élection de son vocabulaire ! Prévue en 2016, les élections dont Kabila serait l’organisateur sans en être candidat n’ont jamais été effectives. Les gens se mordent les doigts, mais Kabila reste indifférent.

Joseph Kabila a pu trouver un moyen pour faire sauter le verrou de 2016

Fidèle à sa volonté de gouverner, et gouverner contre la volonté de tous, l’homme a défié tous ses détracteurs ; opposants, activistes de la Société civile, et autres, membres de la communauté internationale, tous s’écrasent contre le puissant arsenal multidimensionnel mis en place par le désormais homme fort de l’Afrique centrale.

Inconstitutionnel ou illégitime  depuis plus d’une année, Joseph Kabila devient de plus en coriace. Alors que l’opposition lui promettait l’hécatombe en décembre 2016, Joseph les a domptés l’un après l’autre à sa cause. Pendant les trois derniers mois de la fatidique année 2016, les équipes de Joseph ont déployé tous les moyens à leur disposition pour emballer tous les insoumis dans un sac imperméable.

Depuis que toute l’opposition a mordu à l’hameçon en acceptant d’accorder un glissement apaisé à Joseph Kabila, les dispositions constitutionnelles semblent appartenir à un passé irréversible. L’ordre constitutionnel n’est  plus d’une quelconque importance aux yeux de monsieur le chef de l’Etat. Ce qui doit naturellement constituer un principe de gouvernance, dans toute démocratie normale, se négocie, aujourd’hui à cor et à cri, mais ne s’acquiert toujours pas. L’organisation des élections a été renvoyée aux calendes grecques ; des manœuvres se multiplient pour tenter de contourner ces bonnes pratiques démocratiques.

En emmenant toute la classe politique à être unanime sur la primauté des accords unilatéraux, au-dessus même de la constitution, Kabila a tu tout un peuple. Désormais l’autorité morale de la Majorité Présidentielle peut gouverner à durée indéterminée. Seule sa volonté comptera pour qu’il organise des élections pour se trouver un successeur.

L’impuissance des législations congolaises contre l’homme fort de Kinshasa

La constitution de la République Démocratique du Congo, entant que charte de la République, est sans aucune force devant le président en exercice. Le principe selon lequel « Nul n’est au-dessus de la loi » est donc une illusion pour le cas présent. Le seul citoyen ayant le pouvoir qui dépasse la théorique puissance de la Constitution, c’est bien Joseph Kabila.

Clairement, Joseph Kabila n’est pas concerné par la constitution. Pourtant, il n’y a que cette loi qui devait déterminer les limites de son pouvoir. L’ambigüité ou mieux la légèreté entretenue par les dispositions constitutionnelles relatives à l’institution président de la république constitue une épineuse préoccupation, et fait l’objet d’interprétations controversées.

Faudra-t-il une « force spéciale démocratie » pour imposer l’alternance ?

Si le régime démocratique prône l’accès au pouvoir par le biais de vote, et crache fortement sur l’usage de la force, il s’aperçoit que le cas de la démocratie congolaise mérité une autre appréciation. Ainsi donc, ne serait-il pas impérieux de mettre en place une « unité spéciale démocratie » ayant comme mandat de destituer les dirigeants gourmands ? Une unité qui ne répondra qu’à la seule volonté de la loi et ne respectera pas les ordres des animateurs des institutions sans légitimité ni surtout la légalité. Cette hypothèse, qui semble donner plus de pouvoir aux porteurs d’armes, pourrait permettre si on l’expérimente de réduire le pouvoir et l’intouchabilité des certains hommes qui s’estiment plus important que les dizaines de millions qu’ils voient en dessous de leurs chaussures. Au finish, il va falloir sérieusement qu’on envisage une réflexion sur les dispositions spéciales qui permettront une alternance à temps, c’est-à-dire dans le délai constitutionnel si la constitution et d’autres lois du pays sont impuissantes.

La rédaction

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