RDC: fatigué de l’impunité, JED demande la réouverture des procès des journalistes assassinés sous l’ancien régime – La PrunelleRDC.info

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La Journée Mondiale de la Liberté de la Presse se célèbre chaque 3 mai et en R D Congo celle-ci coïncide avec la mise en place des nouvelles institutions qui sont en train de s’installer à l’issue de l’organisation des élections le 30 décembre 2018 dernier.

Mais selon l’organisation « Journaliste en Danger », après 18 ans de pouvoir, le Président Kabila a laissé derrière lui une presse moribonde, des médias sinistrés, et des journalistes livrés à la violence d’Etat. Considérée comme l’un des pires pays en Afrique pour les journalistes, la RDC occupe la 154è place sur 180 pays, dans le dernier classement mondial de la liberté de la presse publié par Reporters sans Frontières (RSF-Paris).

Au moins 14 journalistes ont été tués dans des conditions qui n’ont jamais été clairement élucidées.

Dans la majorité des cas,  des enquêtes annoncées au lendemain de ces assassinats, n’ont jamais eu lieu et ont abouti à des procès  qui n’ont pas permis d’identifier les véritables  commanditaires de ces meurtres des journalistes.

Journaliste en Danger cite des cas d’assassinat à  Bukavu, à l’Est du pays, de l’activiste Pascal Kabungulu de l’ONG Héritiers de la Justice (2005) et de deux journalistes de radio Okapi, Serge Maheshe (2007),  et Didace Namujimbo (2008), de Patient Chebeya à Béni (2010), des militaires en exercice se sont retrouvés dans le box des accusés. Il en est de même pour Franck Ngyke du journal La Référence Plus et son épouse Hélène Mpaka (2005),  ou pour Bapuwa Mwamba, Freelance à Kinshasa (2006).   

«Ces assassinats sont aujourd’hui le symbole de l’impunité des crimes commis contre les journalistes », indique JED.

Alors que le nouveau Président Félix Tshisekedi s’est engagé, dans son discours d’investiture, à faire des médias « des véritables 4è pouvoir » ; à œuvrer pour le respect des droits fondamentaux, et à sensibiliser les forces de sécurité au respect des droits et libertés des journalistes à exercer leur mission d’information sans crainte des représailles, JED considère que c’est la gangrène de l’impunité qui encourage l’intolérance contre les médias et entretient l’insécurité pour les journalistes.

Par conséquent, JED demande solennellement aux nouvelles autorités de la RDC de rouvrir les procès de tous les journalistes assassinés sous l’ancien régime de Joseph Kabila, afin que les principaux suspects répondent de leurs actes.

« L’Etat de droit souhaité par le nouveau pouvoir doit être la résultante de la cessation de la culture de l’impunité » poursuit-il.

Enfin, JED demande au nouveau pouvoir en RDC de faire de la protection des journalistes, et de la réforme du cadre juridique qui punit les délits de presse des peines de prison, une priorité, s’il souhaite effectivement que les médias deviennent « véritablement un quatrième pouvoir», comme il l’a promis lors de son discours d’investiture

Roger Kakulirahi

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