Koko di Koko et Consorts comparaissent à Kigulube. Ph. Laprunellerdc.info
Le ministère public demande la condamnation à perpétuité de Koko Di Koko et deux de ses coaccusés pour toutes les exactions commises par sa milice, sans considérer les circonstances atténuantes.
Cette réquisition a été faite au cours de l’audience de ce lundi 28 Octobre 2019, dans le procès opposant le chef de la milice Koko di Koko et 4 coaccusés au ministère public qui a eu lieu au palais de justice militaire dans la ville Bukavu.
Le ministère public qui demande au tribunal militaire dans ce dossier de condamner ces 3 prévenus pour toutes les autres infractions selon sa volonté, appelle à l’acquittement de deux autres dont les infractions n’ont pas été établies, en tenant en compte néanmoins, la répartition des dommages.
Avant de prononcer son réquisitoire, l’officier du ministère public a exposé sur les différentes exactions commises par la milice du prévenu Masudi Alimasi Frédéric dit Koko di Koko dans plusieurs villages comme Bipanda, Baliga, Chalamaze, Geuza, Ikapi, Kabukitu, Keba, Mitaba, Ibambyo, Kigulube, dans le territoire de Shabunda, et Kabikokole dans le territoire de Mwenga.
Celui-ci indique que la milice baptisée Raiya Mutomboki qui à son origine avait comme mission de chasser les groupes armés en chassant les FDLR en 2011, a par après détourné son objectif en commençant à attaquer les populations civiles.
Il affirme que ce groupe des Raiya Mutomboki conduit par un certain Donat, et structuré comme une armée avec 18 Brigades, dont l’une a été dirigée par Masudi Alimasi Frédéric (Koko Di Koko) s’est illustré dans plusieurs cas de violation de droits de l’homme.
Plusieurs infractions comme le meurtre, viol, esclavage sexuel et torture, commises par cette brigade ont été exposées dans cette audience, comme par exemple la date du 8 février 2018, où ce groupe est descendu dans le village de Kabikokole, coupant le pont entre ce village et Lugushwa pour que les forces de sécurité n’interviennent.
Ici, des habitants ont été emprisonnés par ces miliciens, en les torturant et en violant des femmes qui y étaient, et ravissant des biens et de l’argent. Ces derniers ont fait transporter ces biens par des habitants, emportant également des femmes comme esclaves sexuel.
Ces différentes infractions ajoutées au pillage des biens sont qualifiés par le ministère public comme des crimes contre l’humanité, étant donné qu’ils étaient dirigés vers la population civile avec une ferme intention en connaissance des conséquences de leurs agissements.
Pour rappel, dans cette affaire la cause des parties civiles est défendue par un collectif d’avocat œuvrant pour le compte des organisations membres de la TASK-Force Justice internationale, telles que la Fondation Panzi et TRIAL International, avec l’appui du PHR et de la MONUSCO, à travers le Bureau conjoint des Nations-Unies pour le droit de l’homme ainsi que la Cellule d’appui à la poursuite.
La prochaine audience dans ce procès est fixée pour le mercredi 30 Octobre prochain. Elle consistera à la réplique de la partie défenderesse, puis suivra l’audience du Vendredi 1er Novembre, au cours de laquelle la partie civile pourra donner sa réplique, avec débat entre le ministère public et les avocats de la défense.






