Procès Koko di Koko: la partie civile exige 5000 à 50.000 dollars de réparation pour chaque victime de meurtre, viol, pillage ou torture – La PrunelleRDC.info

Koko di Koko et coaccusés. Ph. Laprunellerdc.info

Une énième audience du procès opposant le chef de milice Koko di Koko et ses 5 coaccusés au ministère public a eu lieu ce Vendredi 25 Octobre 2019 au palais de justice militaire dans la ville Bukavu.

Au cours de cette audience essentiellement consacrée aux plaidoiries des avocats de la partie civile, ces derniers ont exposé sur les différentes exactions commises par la milice du prévenu Masudi Alimasi Frédéric dit Koko di Koko dans plusieurs villages des territoires de Mwenga et Shabunda.

Pour commencer, la partie civile dans ce procès explique que c’est depuis 1996 que la RDC connaît des guerres à répétition dont les responsables ont profité de la léthargie de l’état pour perpétrer des exactions comme moyen d’acquisition du pouvoir, ou des grades.

C’est ainsi que selon elle, est né le groupe des Raiya Mutomboki conduits par un certain Donat, et structuré comme une armée avec 18 Brigades, dont l’une a été dirigée par Masudi Alimasi Frédéric (Koko Di Koko) qui s’est illustré dans plusieurs cas de violation de droits de l’homme.

Plusieurs infractions commises par cette brigade ont été exposées dans cette audience, comme par exemple la date du 8 février 2018, où ce groupe est descendu dans le village de Kabikokole, coupant le pont entre ce village et Lugushwa pour que les forces de sécurité n’interviennent.

Ici, des habitants ont été emprisonnés par ces miliciens, en les torturant et en violant des femmes qui y étaient, et ravissant des biens et de l’argent. Ces derniers ont fait transporter ces biens par des habitants, emportant également des femmes pour esclavage sexuel.

La partie civile affirme que des villages environnant Kigulube et Kabikokole ont été attaqués par ces miliciens en 2018, y commentant des actes de viol, pillage systématique des biens, dans l’objectif de se procurer des biens, de l’argent et de l’or pour la survie de leur mouvement. 

Concernant le meurtre, la partie civile affirme que plus de 27 personnes ont perdu la vie au cours de différentes attaques dans différents villages, selon les affirmations des différentes victimes au cours des audiences qui se sont tenues à Kitutu et à Kigulube.

Pour le viol, la partie civile évoque que les accusés ont exécuté des actes graves qui consistaient à introduire des doigts ou des objets dans les parties génitales de plusieurs femmes en présence de leurs maris et de leurs enfants, à la recherche de l’or. 

À propos des tortures qui auraient été perpétrées, la partie civile affirme que le groupe de Koko di Koko a infligé des souffrances morales et physiques aiguës, caractérisés par des coups pour l’obtention des biens ou à cause de la résistance à la remise des biens ou même le refus du viol.

La partie civile évoque également la disparition forcée des personnes qui auraient été amenés par ce groupe armé en brousse, et qui n’ont jamais été retrouvés par les membres de leurs familles.

Ces différentes infractions ajoutées au pillage des biens sont qualifiés par la partie civile dans ce procès comme des crimes contre l’humanité, étant donné qu’ils étaient dirigés vers la population avec une ferme intention en connaissance des conséquences de leurs agissements.

Elle indique que dans tous les villages qui ont été attaqués, l’Etat a failli à sa mission régalienne de protéger la population, qui a été abandonnée par l’Etat qui est censé assurer la protection et la sécurité des personnes, vu que en dépit de l’avertissement des autorités militaires et policières sur une attaque programmée par la milice de Koko Di Koko, les forces de l’ordre sont restés passifs et les populations ont été attaquées.

La partie civile qui représente 307 victimes qui ont subi des préjudices par les faits commis par la milice de Koko Di Koko, notamment 214 victimes à Kigukube et 93 à Kabikokole, suggère que le tribunal militaire exige des réparation envers les 6 prévenus, notamment 20 000 dollars pour chacune des victimes de viol, 20 000 pour chaque victime de tortures, 50 000 dollars pour chaque victime des meurtres, 30 000 pour chaque victime d’esclavage sexuel, 10 000 pour chaque victime privé de liberté, 40 000 pour chacune des victimes de la disparition forcée, et enfin 5 000 dollars pour chaque victime des pillages et autres destructions, avec ordre d’ordonner à ce que tous les biens emportés au cours des différentes attaques soient restitués ou dédommagés.

Vu que toutes ces populations n’ont pas été aidées par les forces de sécurité ou de la police, alors que plus ou moins proches des villages régulièrement attaqués, la partie civile estime que l’État doit prendre en charge médicalement et psychologiquement toutes les victimes de ces exactions.

La prochaine audience dans ce procès est fixée pour le lundi 28 Octobre 2019. Elle consistera à écouter le réquisitoire du Ministère Public.

Museza Cikuru

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