des élèves dans une école privée de Bukavu. Ph. Laprunellerdc.info
Des centaines d’élèves des écoles publiques ont été visibles dans les rues de la ville Goma depuis la matinée de ce lundi 18 Novembre.
Cette marche est partie de l’Institut Majengo où des élèves ont mobilisé leurs collègues afin de se joindre à eux.
Cette marche avait pour Objectif de déplorer la grève des certains enseignants de leurs écoles respectives qu’ils considèrent “d’injuste”.
La marche avait comme point de chute le Gouvernorat de province où un mémorandum a été remis par ces élèves reçus par le Gouverneur de province ainsi que la ministre provinciale de l’éducation.
Après avoir reçu ce mémorandum ces derniers ont promis une solution durable aux préoccupations de ces élèves d’ici le 20 Novembre afin que les cours reprennent et ont tenu à saluer le système organisationnel de ces élèves qui sont ” non violents”.
Une chose qui a conduit au Gouverneur de province Carly Nzanzu Kasivita à convoquer d’urgence une grande réunion ce Mardi 19 Novembre avec les chefs des établissements scolaires de la province pour des décisions afin de répondre aux préoccupations des élèves.
Cela fait déjà environs deux semaines depuis que ces enseignants ont décidé de décréter une grève sèche au sein de leurs écoles. Ils exigent le paiement des agents Nouvelles Unités dites (NU) et les Non payés (NP) ainsi que l’amélioration de leurs salaires.
Les parents prendront en charge les NU et les NP
La où les choses semblent ne pas marcher c’est la suite que le Gouvernement provincial a réservé à la question de ces enseignants NU et NP.
Selon nos confrères de 7sur7.cd, Prisca Luanda, ministre provinciale de l’éducation, qui s’est exprimée à la place du gouverneur après l’audience a annoncé que la stratégie adoptée pour la prise en charge des agents NU et NP, est qu’ils pourraient être sous la responsabilité des parents, selon leur nombre dans les écoles respectives où ils sont engagés.
“Demain (ce mardi), nous aurons une réunion avec les gestionnaires des écoles pour voir comment nous pouvons résoudre la question des NP et des NU car nous avons dit que les enseignants payés par l’État ne doivent pas réclamer plus, ou un manque à gagner. On doit beaucoup plus se pencher sur ceux qui ne sont pas payés. Nous avons montré une stratégie, comment prendre en charge les NP et les NU, qui pourraient être pris en charge par les parents, cas par cas. Le frais à payer par les parents pour leur pris en charge dépendra de leur nombre dans une école”, a rapporté la ministre Luanda Prisca, citée par nos confrères.
Une décision qui cracherait sur la décision de Félix Tshisekedi et du gouvernement Ilunga
Certes qu’il faut trouver des solutions aux problèmes des enseignants Non Payés et Nouvelles Unités (NU) mais cette procédure va à l’encontre de la volonté du Chef de l’Etat et du gouvernement congolais de rendre gratuit l’enseignement de base en RDC.
En effet, ramener la question de la paie de ces enseignants entre les mains des parents paraît plus dangereux parce que cela pourrait constituer une jurisprudence pour poursuivre le système qui est plutôt apprécié par des responsables et gestionnaires des écoles.
Pourtant, l’article 204 de la Constitution de la République Démocratique du Congo met l’Enseignement Maternel, Primaire, Secondaire et Professionnel dans les pouvoirs exclusifs des provinces.
“Article 204: Sans préjudice des autres dispositions de la présente Constitution, les matières suivantes sont de la compétence exclusive des provinces : 13.«L’enseignement maternel, primaire, secondaire, professionnel et spécial ainsi que l’alphabétisation des citoyens, conformément aux normes établies par le pouvoir central » dit la Constitution de la RDC.
Dans le sens de cette disposition constitutionnelle, des enseignants de plusieurs provinces comme celle du Sud-Kivu par exemple demandent que les pouvoirs provinciaux prennent les choses en mains en intégrant dans les budgets des provinces la prise en charge des enseignants non payés et nouvelles unités en attendant le grand combat pour l’amélioration des salaires.
Maintenant que le Gouverneur Carly Nzanzu Kasivita décide de laisser encore une fois cette question aux niveaux des écoles et les parents, cela ne tardera pas à dégénérer et pourrait servir de chemin pour revenir à ce que plusieurs parents ont qualifié “d’arnaque” de la part des gestionnaires d’écoles surtout conventionnées (Protestants et Catholiques) qui ont profité de la faiblesse de l’Etat pour hausser les frais de motivation à leur guise depuis plus de deux décennies.
L’enseignant a un interlocuteur: l’Etat
Plusieurs dans les provinces ont déjà compris que l’Enseignant ne devrait plus se rabattre au parent pour vivre. son principal patron reste l’Etat et le Gouverneur du Nord-Kivu et son gouvernement devraient considérer cela comme un acquis irréversible.
Tenter de ramener les parents dans la prise en charge des enseignants à quelques niveaux que ce soient en dehors des frais déjà fixés dans son arrêté, équivaudrait à dire simplement que le Nord-Kivu refuse de respecter la mesure du Gouvernement et de la première institution du pays tendant à mettre de l’ordre dans le secteur de l’éducation de base. Pourtant, ce serait à lui de trouver une solution si celle au niveau national traîne.
Comment Carly Nzanzu et son gouvernement pourraient contrôler cette brèche ouverte dans les écoles au cas où il décidait d’aller jusqu’au bout de cette logique?
Il faut sauver l’année scolaire mais pas à n’importe quel prix! Si les parents recommencent à prendre les enseignants en charge avec le soutien du gouvernement du Nord-Kivu, ce serait une véritable bêtise du Gouvernement Kasivita!
Jean-Luc M.






