L’organisation Ek’abana relève que depuis un temps, le phénomène Enfants sorciers a grimpé dans cette partie de la ville de Bukavu à tel point que ses locaux ne sont plus en mesure de répondre aux demandes des enfants qui sont malheureusement pourchassés à cause de ces accusations .
Donatus Birindwa, médiateur juridique du foyer Ek’abana révèle par exemple aussi que la Mujakazi donne l’ordre d’amener une population sur 80 m2 qu’elle accuse de sorcière. Il situation qui inquiète Ek’abana qui se demande pourquoi le silence de l’autorité politico-administrative et policière.
« C’est chaque jour que nous recevons les enfants accusés de sorcellerie et nous sommes déjà incapables de les recevoir car les chambres sont déjà toutes occupées par d’autres enfants accusés de sorcellerie. La cause c’est un boulevard ouvert au phénomène Maman Mujakazi qui fait la loi surtout à Cimpunda, Ciriri et à Burhiba. La maman donne un ordre qu’elle a reçu une révélation de Dieu qu’on lui amène une population sur 80 m2 et les jeunes viennent de Kabare et de partout ailleurs pour détruire des maisons et passer aux exactions de tout genre en cherchant des personnes présumées sorcière et c’est par là que les souffrances commencent » dénonce Donatus Birindwa.
L’organisation Ek’abana ne comprend pas ce « silence de mort » de l’autorité alors les violations des droits de l’homme dues à ce phénomène s’accroissent du jour au lendemain dans ces parties de la ville. Ces enfants qui sont pris en charge par le foyer Ek’abana viennent déjà torturés et/ou brulés renseigne Donatus Birindwa.
« Ça devient un phénomène très délicat qui doit toucher toutes les autorités politico-administratives de notre pays en général mais aussi dans notre province, nous avons écrit au maire de la ville et nous lui avons demandé trois choses : D’abord , son implication personnelle dans l’éradication de ce phénomène qui fait rage et qui fait souffrir beaucoup des personnes dans notre ville, ensuite nous avons demandé le soutien du maire dans l’organisation d’une séance de sensibilisation dans cette contrée et la troisième chose, c’est de demander à la police qui voit comment les gens sont maltraités d’agir ».
Donatus Birindwa craint que cette situation ne dégénère dans l’avenir et espère que l’autorité prendra des mesures car ce sont les vies des enfants qui sont en jeu.
Adonis Lubambo
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