Osons dire Non! (Bernardin Sebahire) – La PrunelleRDC.info

Dans un pamphlet envoyé à la rédaction de Laprunellerdc.info, Bernardin Sebahire, chercheur à l’Institut Supérieur de Développement Rural, ISDR et Experts Médias se plaint de la situation d’une RDC indépendante depuis 58 ans.

Celui-ci refuse tout de même de s’inscrire dans la logique de fatalité, de « résignation et de soumission à l’immobilisme ambiant ».

Ci-dessous le pamphlet de Bernardin Sebahire

En 58 années d’indépendance, au-delà des crises et des turbulences sans nombre, que d’opportunités offertes par le cours de l’histoire pour le décollage durable du Congo ! Et en même temps : que de ratés, de gâchis !

Pourquoi le Congolais ne change-t-il pas ? Parce que les mauvaises habitudes acquises en RDC depuis les régimes politiques passés ont la carapace si dure qu’il faudra des générations pour s’en défaire ?

Combien de temps encore : 25, 50, 100 ans ? Voudrait-on me faire croire que pour le Congo, il s’agirait d’une fatalité de « nègre » ?

Dans un État comme dans toute organisation humaine, « le poisson pourrit par la tête ». Par tête », j’entends interpeller tout celui qui, en RDC, à quelque niveau de responsabilité publique qu’il se trouve, dispose sur les hommes, sur les choses d’une autorité et d’un pouvoir d’influence, d’encadrement, d’orientation, d’organisation, de décision, de contrôle et de sanction. C’est à ce niveau principalement qu’il faut apporter la thérapie du changement en RDC.

Certes, je réalise l’ampleur et la complexité des défis de tous ordres auxquels les uns et les autres, gouvernants et gouvernés, au fil des ans, sont confrontés au quotidien.

Mais je refuse de m’inscrire dans la logique de fatalité ; fatalité de la médiocrité ; fatalité de la crise ; fatalité du consensus mou et du conformisme sécurisant qui confine à la conspiration du silence, à l’omerta ; à l’acceptation de la loi du « moindre mal » ; je refuse de m’inscrire dans cette logique de résignation et de soumission à l’immobilisme ambiant.

Je refuse de m’habituer à « l’anormal » et de m’abandonner à l’inacceptable ;

C’est à mes yeux, une simple question de respect à l’égard des Congolaises et Congolais que je ne considère pas comme des « objets de mobilisation » toujours disponibles, prêts à chanter, à danser en l’honneur et à la gloire des « dignitaires » de tous les temps.

Il ne suffit pas d’avoir l’argent pour croire tout se permettre face à une population désargentée, démunie et déforcée.

La RDCongo est en « collapsus étatique » gravissime ; elle est entrée dans une spirale infernale de la dérive continue et dangereuse si l’on en juge objectivement par les principaux indicateurs actuels.

En dépit des apparences, des non-dits, de faux-semblants, des bilans d’autosatisfaction, la crise congolaise est une de ces crises « oubliées », malgré toute l’agitation diplomatique qui n’en présente que la face émergée.

Je crois en cette sagesse qui enseigne que : « C’est le déclin total quand l’homme se contente de dire « que va-t-il se passer ? » au lieu de dire « que dois-je faire ? »

Bernardin SEBAHIRE RUHONGEKA

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