Nord-Kivu: le MSF alerte sur une crise humanitaire oubliée dans le petit nord 

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« La crise humanitaire en cours dans le sud de la province du Nord-Kivu, le « petit nord », reste largement oubliée de l’opinion publique et des acteurs humanitaires ». Cette alerte est de Médecins Sans Frontière (MSF) contenue dans un communiqué de presse du 16 décembre et dont Laprunellerdc.info a pu consulter.

MSF fait savoir que les territoires de Masisi, Walikale et Rutshuru, au sud du Nord-Kivu, sont les théâtres quotidiens d’affrontements armés et de banditisme et connaissent depuis des mois une intensification des combats.

Pour cette organisation, cette situation a réduit l’accès de la population aux champs et aux centres de santé. Elle estime que près de 687 500 personnes vivent aujourd’hui dans des camps de fortune ou dans des familles d’accueil fragilisées par la crise.

« Depuis le début de l’année, nous constatons une hausse des cas de malnutrition et nous avons pris en charge deux fois plus de victimes de violences sexuelles que l’an passé », témoigne Ewald Stals, coordinateur de terrain MSF dans la zone de santé de Masisi.

MSF indique que ses équipes ont soigné plus de 11 220 enfants en situation de malnutrition, 2310 victimes de violences sexuelles et 1 980 personnes blessées par arme, de janvier à septembre 2019 dans les trois territoires.

« Les affrontements en hausse ont aussi eu pour corollaire une augmentation des blessés par balle, et un gonflement des camps déjà surpeuplés et manquant cruellement de sanitaire. Le choléra a fait son apparition et nous avons dû mettre sur pied un centre de traitement de choléra en urgence », renchérit Ewald Stals.

L’organisation médicale fait également savoir que l’absence d’organisations humanitaires dans ces trois territoires plusieurs et criante alors que les besoins se font ressentir dans le coin. C’est notamment le besoin d’accès à l’eau et aux soins dans les camps.

Ceci pousse le chef de mission de MSF, Karel Janssens à lancer un appel urgent à d’autres organisations humanitaires et bailleurs de se mobiliser dans la réponse humanitaire sur place au plus vite.

Pour rappel, plusieurs acteurs d’urgence avaient quitté la région à cause notamment de l’insécurité, des difficultés de mouvement et du manque de financement.

Mais depuis quelques mois, certaines organisations viennent de démarrer des activités, que Karel Janssens juge insuffisantes étant donné qu’il s’agit d’appui temporaire.

« Vu l’ampleur de la crise, un investissement bien plus massif s’impose dans le sud du Nord-Kivu, avec des organisations humanitaires installées sur le terrain et bénéficient de financements plus longs. Le plan de Réponse Humanitaire 2020 pour la RDC doit clairement prendre en compte cette réalité du « petit Nord-Kivu. », a-t-il déclaré.*

Thomas Uzima

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