“N’avons-nous pas appris que nous ne pouvons pas aller aux élections dans le contexte de conflits?”, disait Denis Mukwege – La PrunelleRDC.info

Le meilleur moyen pour accéder au changement positif  ainsi qu’à une vraie indépendance dans un Etat qui se veut  démocratique, ce n’est pas le recours aux armes ! Ceci était le message du docteur Denis Mukwege lors d’une conférence de presse qu’il avait organisée après la date du 30 juin de l’année en cours.

 «  Nous voulons dire à la vaillante jeunesse qu’une telle reconquête ne se fera pas par la violence. La seule voie qui nous permettra de gagner notre indépendance  effective, définitive et de façon durable n’est rien d’autre qu’une résistance pacifique et non-violente » ; disait le docteur  devant caméras et micros des professionnels de média.

Si pour l’organisation des élections, la paix de forte rigueur, toute personne ou groupe de personnes qui tenterait en ce moment d’entreprendre la prise des armes ne contribuerait qu’à donner un motif à ceux qui cherchent à retarder la tenue des élections en RDC. Le docteur avait prédit, à l’époque, que les nombreux groupes rebelles qui voyaient le jour à l’est du pays joueraient un rôle prépondérant pour tirer le processus électoral en longueur.

« Les rebellions poussent partout comme des champignons ;  les portes des prisons sont ouvertes occasionnant des évasions massives pour alimenter ces mouvements inciviques qui prétendent qu’ils sont en train de se battre pour nous libérer ! Soyons vigilants, un mouvement violent qui tue ses concitoyens n’a rien de libérateur comme on l’a vis par le passer» Avisait-il en citoyen averti.

Il n’y a jamais eu de mouvement armé qui ne se déclare pas lutter pour le bien de la population ; mais, en réalité, ils viennent tous avec des plans motivés par des raisons lucratives qu’ils maquillent par des discours philanthropiques. Lors de cette présentation devant la presse, le docteur Denis Mukwege n’a pas manqué de fustiger  les mentors qui, dans l’ombre, créent ces mouvements afin de concrétiser leurs plans machiavéliques qui ne profitent aucunement à la population.

« Le minimum serait de savoir, qui serait derrière ces rebellions, et tout en gardant aussi  à l’esprit que la violence appelle toujours la violence. A qui profitent ces crimes ? A qui profitent ces violences ? En toute évidence, les conflits ne profitent pas au peuple congolais, mai à ceux- là qui les créent et, malheureusement, ils essayent de les entretenir car ils en tirent bénéfice. N’avons-nous pas appris que nous ne pouvons pas aller aux élections dans le contexte de conflits ? Cela semble très juste ! Un bel argument de poids, d’ailleurs, pour reporter les élections indéfiniment ! …Avons-nous vraiment besoins de cette politique de terre brûlée ? Et  si le Kivu s’embrase encore, n’est-ce pas un autre argument pour renvoyer les élections aux calendes grec à cause de l’insurrection armée complexe? Nous avons vraiment besoin de comprendre tous ces mouvements armés qui naissent ; quel est l’intérêt, pourquoi ces mouvements naissent, et quel est leur objectif ! » Alertait ce défenseur des droits humains qui semblait prédire les événements qui sont en train de nos rattraper maintenant.

A l’heure actuelle, la situation semble donner raison au gynécologue.  Longtemps cantonnés dans leur fief traditionnel de Fizi, les hommes de « Yakutumba », semblent plus déterminés à bousculer plus fort. Dès ce mercredi 28 septembre, leur ombre couvrait déjà la cité d’Uvira. Nul ne sait, jusqu’où s’étendra leur conquête. En tout cas, s’ils évoluent plus loin, ils pourront constituer une autre raison du retardement, ou même de la non-tenue, des élections générales prévue à la fin de cette année 2017, selon les accords dits de la Saint-Sylvestre.

Cette nouvelle pagaille voit le jour en plein processus électoral, alors que le calme semblait naître au KasaÏ où les opérations d’enrôlement avaient tardé à commencer suite à un regain de violences qui s’y était produit entre les FARDC et le groupe du chef tribal Kamwina Nsapu. Alors que le processus électoral semble déjà évoluer à pas de tortue, une nouvelle rébellion le décélérera encore plus, ou l’arrêtera carrément, selon qu’on en jugera l’impact.

John Achiza

Meet The Team

We cover local stories & reporting on global events. We are three musketeers of media work in tight-knit harmony to bring you news that resonates.

Recent Posts

Advertisement