A la 37ème session du Conseil des Droits de l’homme de l’ONU, la ministre des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa s’est offusquée de l’envahissement de la cathédrale Notre-Dame à Kinshasa samedi dernier par les jeunes militants du PPRD (parti présidentiel) en béret rouge.
«Les lieux de culte ne peuvent jamais être profanés ni par certains éléments indisciplinés des forces de l’ordre, ni par certains manifestants proches de l’opposition torse nu avec des bandeaux rouges sur la tête sifflant devant la croix de Jésus Christ, ni par d’autres proches d’un parti de la majorité avec des bérets rouges sur la tête scandant des menaces dans la cour d’une paroisse. Ces actes sont condamnables non seulement par des lois du pays mais aussi par la morale», a déclaré la ministre, le 27 février 2018, au Conseil des Droits de l’Homme.
Marie-Ange Mushobekwa a également appelé l’église à la neutralité dans la période de tension politique que traverse le pays.
«L’église doit rester neutre et jouer son rôle de rassembleur. Elle doit éviter de monter certains de ses fidèles contre d’autres les poussant ainsi à s’affronter comme cela s’est passé le 24 février dernier dans une paroisse à Kinshasa », a-t-elle ajouté. Un appel qui, sans doute, fait allusion à des manifestations anti-pouvoir organisées par le CLC et soutenues par l’église catholique.
La ministre des Droits humains, Marie-Ange Mushobekwa a dénoncé les dernières manifestations des fidèles catholiques dont l’organisation, d’après elle, ne respecte pas l’ordre public.
«Bien que garanties par la constitution, la liberté de culte, d’opinion et des manifestations publiques doivent se faire dans le strict respect de l’ordre public comme cela se passe dans tous les pays du monde », a argumenté la ministre, le 27 février 2018, lors de son allocution à la 37ème session du Conseil des Droits de l’homme de l’ONU.
A ce sujet, Marie-Ange Mushobekwa souligne « la pénibilité » pour le gouvernement congolais de mieux encadrer les marches organisées par le CLC.
«Comment faire lorsque les organisateurs de ces manifestations choisissent les 167 paroisses répertoriées comme point de départ dans une ville de plus 10000000 d’habitants? Comment faire lorsque les organisateurs de cette marche n’indiquent aucun itinéraire aux autorités urbaines compliquant ainsi l’encadrement de ces marches par les forces de sécurité? Comment faire lorsqu’on voit certains jeunes torses nus avec des bandeaux rouges sur leurs têtes tenant des banderoles avec des messages politiques violents dans les églises et usant des sifflets en plein culte? Comment faire lorsque certains fidèles catholiques, ne partageant pas les mêmes opinions et convictions politiques que ceux qui sont proches d’une frange de l’opposition, ne peuvent plus aller librement à la messe confesser leur foi sans avoir crainte d’être lynchés, parce que certains prêtres les livrent à travers leurs discours vindicte populaire?», s’est-elle interrogée.
«En tant que ministre des Droits humains je suis embarrassée », ajoute Mushobekwa.
Le dernier bilan de la marche du 25 février fait état des trois morts et plusieurs dizaines de blessés. La Police a signalé tout de même la relaxation de tous manifestants interpellés et l’arrestation de certains officiers responsables des bévues en marge de cette manifestation.






