
Plusieurs dizaines des maisons ont été démolies samedi matin du 10 février 2018 à Mbobero, village situé dans le territoire de Kabare à quelques kilomètres de la ville de Bukavu.
Ces démolitions ont été exécutées par les Forces armées de la RDC et la police nationale Congolaise qui ont tiré des balles réelles pour contenir les populations qui ont tenté d’opposer une résistance.
Ce nouveau feuilleton dans le dossier qui oppose les habitants de Mbobero en territoire de Kabare et monsieur Joseph Kabila, arrive après une vive tension qui s’est observée sur le site de Mbobero alors que les éléments des forces de sécurité ont tenté de redémolir les habitations des occupants un jour avant, c’est-à-dire le vendredi 9 février.
Un problème qui date de depuis plusieurs années. Ici, le Chef de l’État, le Président Kabila est en conflit foncier ouvert avec ses compatriotes où il a érigé sa résidence privée.
Pour s’assurer de l’effectivité de l’application de la mesure, c’est bien le ministre national des affaires foncières, monsieur Lumeya Du Malegi qui est descendu à Bukavu en compagnie du conseiller du chef de l’Etat, Me Nkulu.
Devant une résistance de la population vendredi dernier, ces hautes personnalités du pays ont choisi d’amorcer des discussions avec certains habitants pour leur signifier que la mesure sera appliquée.
« Ceci intervient en dépit de la médiation initiée hier par la Nouvelle Dynamique de la Société Civile en RDC qui a échangé jusque tard dans la soirée avec le ministre national des affaires foncières, Me LUMEYA et Me NKULU, un des conseillers du Chef de l’État »regrette l’organisation dans un communiqué signé par son rapporteur provincial et qui « condamne cette énième violation des droits des citoyens démunis qui sont dépouillés du peu qu’ils ont difficilement acquis dans un État où aucun service social n’est assuré aux citoyen ».
Pour l’instant, des dizaines des familles sont sur la rue ne sachant pas à quel saint se vouer.
Cette organisation qui a accompagné les habitants de Mbobero dans ce dossier, déplore les violations des droits de l’homme qui accompagnent ces démolitions et rappelle les incidents de 2016 faisant morts d’hommes.
« L’opinion se souviendra qu’en date du 31 décembre 2016, 45 autres maisons été démolies y compris un centre hospitalier jetant à l’extérieur et à même le sol des dizaines de malades dont une femme en pleine intervention de césarienne. Dès lors, ce petit village est surmilitarisé avec des graves exactions des droits de l’homme allant jusqu’à ôter, le 17 juillet 2017, la vie à un jeune homme de 23 ans en l’abattant à bout portant pour avoir tout simplement refusé de céder son téléphone portable à un militaire de la Garde Républicaine » indique la NDSCI.
En 2016, Le gouvernement provincial du Sud-Kivu avait alors démoli, plus de quarante maisons d’habitation, sur le site de Mbobero, en territoire de Kabare.
L’exécutif provincial indiquait alors qu’il s’agissait des maisons construites sur un site privé appartenant au président de la République et que les victimes avaient été plusieurs fois sommées de déguerpir
La NDSCI qui suit ce dossier quant à elle indique que c’est impossible que ces concessions appartiennent au président Kabila « étant donné que ce dernier a acquis sa concession, il n’y a que quelques années alors que ces paysans sont là depuis des décennies bien avant même que le Président soit né ».






