
La majorité présidentielle, cette plate-forme qui dirige le Sud-Kivu depuis 2006, a forte affaire, au lendemain du sacre qui porte définitivement Claude Nyamugabo et Hilaire Kikobya à la tête de la province. Les mécontentements enregistrés, il y a peu, dans le chef des membres du personnel attaché au gouvernement provincial, semblent prendre du recul ! En un clin d’œil, les irréductibles grévistes se sont convertis en enfants docile ; un signe de disponibilité au nouveau patron de la province, sachant que leur entêtement pourrait leur coûter leurs places dans le sillage de leurs excellences les ministres.
Certaines figures jadis reconnues pour leur combat pour les postes, et disparues à un certain moment sous l’ère Cishambo, refont surface aujourd’hui. Parmi ces « jobeur-jobant » (terme emprunté de l’allocution de l’opposant Defo Balibuno), nombre d’entre eux étaient tait par des postes au sein des cabinets des ministres. Ces vieux routiers de l’opportunisme reviennent tout feu tout-flamme ; à chaque occasion où des caméras, ou micros, des journalistes se présentent, on les retrouve toujours au premier front. On peut dire que ces pèlerins démocrates ont rechaussé les crampons. Leur retour sur scène est susceptible de conduire les décideurs de la majorité présidentielle à la redistribution des cartes, dans la constitution de l’équipe gouvernementale, sachant le degré de leur influence.
Les tons s’allègent dans le chef de certains enfants terribles de l’ancienne ère ! Ce mariage Wazalendo-ProCishambo ne cessera jamais de susciter interrogation et controverse ! Le groupe coriace, ayant opposé un bras-de-fer acharné à l’ancien gouverneur, a viré vers la modération en un rien de temps. La modération dans le camp des rigides, ce n’est pas du tout ce qui surprend ; mais plutôt, cette communion déclarée désormais avec le camp ennemi! Devant un intérêt commun, le choix n’est qu’un seul : Taisons-nous et mangeons ensemble.
Les lunettes à infrarouge ne sont pas de rigueur pour détecter qui aspire à quoi, ces derniers temps ! Toute la M.P, dans sa diversité, est en ébullition. Des groupuscules se forment déjà pour tenter de s’offrir un positionnement positif ; des listes circuleraient déjà dans divers partis de la majorité. Mais, sachant que les grandes décisions se prennent souvent, ou toujours, à Kinshasa, cela n’étonnera pas que des gens qui se croient bien partis, pour accéder à certains postes, soient ignorés lors du dernier verdict.
On doit s’y attendre, la formation du nouveau gouvernement fera des mécontents, et peut-être parmi les favoris théoriques. La politique étant un jeu des surprises, personne ne sait, jusqu’ici ce quel sera le sésame de la mise en place de la nouvelle équipe gouvernementale de la province. Encore faut-il tenir compte des intérêts inavoués des autorités supérieures de la mouvance.
John Achiza






