Dans une déclaration du week-end dernier et reprise ce lundi sur le site de la Fondation Panzi, le docteur Denis Mukwege condamne les dernières tueries de Beni et en appelle à l’action de tous les Congolais.
Pour Denis Mukwege, il est temps pour les Congolais de passer aux actes « concrets et efficaces » et ne plus continuer à pleurer les morts.
Il appelle également le gouvernement à mettre tout en œuvre pour assurer la sécurité des personnes et de leurs biens.
« Je compatis à la peine des familles éplorées et exprime mes condoléances les plus attristées ainsi que ma solidarité avec toute la communauté de Beni. Je condamne sans réserve ces crimes barbares et lâches. Je plaide pour qu’une enquête sérieuse soit conduite dans les meilleurs délais et que les responsables de ce massacre soient poursuivis et punis. J’exhorte le gouvernement congolais à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection de la population, en rappelant que la protection de civils constitue l’une des premières responsabilités de l’État. J’invite la classe politique congolaise à s’unir aux organisations de la société civile et aux forces armées congolaises afin de chercher des solutions durables à ces attaques qui continuent à endeuiller la ville martyre de Beni. Je les exhorte à œuvrer au renforcement des mesures de sécurité collectives de la population et d’agir en prévention comme en répression de ces crimes odieux. Au peuple congolais dans son ensemble, l’heure est venue de ne plus se limiter à pleurer nos morts et à dénoncer les crimes dont nous sommes en permanence victimes. Il faut maintenant des actes concrets et efficaces. Restons solidaires avec la population de Beni, comme nous l’avons été récemment avec nos compatriotes du Kasaï et ceux d’autres régions éprouvées » écrit Mukwege.
Il appelle les États Africains à agir pour « éteindre le feu » rappelant que la tradition veut cela quand la « case du voisin brûle ». Mukwege demande également à la communauté internationale de condamner « ces actes terroristes » et de punir les commanditaires.
« Aux États frères africains, le drame congolais ne peut plus être regardé avec indifférence. Lorsque la case du voisin brûle, la tradition africaine impose à chacun d’agir pour éteindre le feu. Ces deux décennies de massacres et de souffrances au Congo sont un profond déshonneur pour l’ensemble de notre continent. Je prie enfin la communauté internationale de condamner ces actes terroristes et de punir sans réserve leurs commanditaires. » dit-il.
Pour rappel, au moins 18 personnes ont été tuées le samedi dernier à Beni dans les affrontements entre les Forces de Sécurité et des présumés rebelles ADF.
Les condamnations viennent de partout dans le pays, mais le gouvernement Congolais ne s’est pas encore prononcé sur ce énième massacre.
Adonis Lubambo
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