Un groupe d’universitaires du Sud-Kivu s’est proposé de réfléchir sur l’affaire dite de 100 jours dans laquelle Vital Kamerhe est accusé.
Selon eux, si l’affaire Dreyfus avait conduit à la division de la France en deux blocs, le procès « Kamerhe » emporte avec lui le germe de la Balkanisation de la RDC, de la radicalisation et du tribalisme.
Revenant sur les auditions des témoins, l’influence de la presse, essentiellement de l’Ouest, à l’instar de l’affaire Dreyfus, ce procès semble orienter les poursuites dans le sens de la condamnation.
En tout cas, ce groupe constitué des professeurs d’universités, assistants et chefs des travaux estiment sans préjugé du fond, que Vital Kamerhe sera sans doute condamné non pas en raison de son implication avérée dans le détournement, mais parce qu’une certaine élite a besoin d’un coupable.
Ils font savoir que sur pied de l’article 22 de la déclaration de Kampala sur la liberté intellectuelle et la responsabilité sociale, la présente tribune inaugure une série de réflexions et d’actions qui s’inscriront dans le temps, jusqu’à l’éclatement de la vérité ontologique sur cette affaire.
Par ailleurs, ce groupe d’universitaires, en majorité des juristes, estiment que ce procès est loin d’augurer une ère nouvelle dans l’orthodoxie de la gestion des fonds publics, c’est plutôt une procédure qui semble politiquement orientée. L’escamotage de la Cour de comptes en est une preuve selon eux.
Il dénote d’une « xénophobie rampante » qui rappelle des souvenirs tristes ayant conduit à des tragédies humaines. Les allusions « poison de l’est », la qualification de « rwandais, burundais », «remarquez monsieur le Président qu’il est du Sud-Kivu », « vous n’allez pas échapper », … actuellement distillée impunément dans ce dossier constituent une menace réelle contre une partie du peuple congolais.
Vital Kamerhe, est en détention à Makala depuis le 8 avril dernier. Il est accusé de détournement présumé, des deniers publics. Il a déjà comparu plus de 4 fois et plusieurs observateurs estiment que sa responsabilité n’a jamais été prouvée ni par le ministère public ni par la partie civile.
Jean-Luc M.






