Le commissaire provincial de la police nationale Congolaise au Sud-Kivu a fustigé l’initiative des forces vives de la province qui ont porté plainte contre lui ce vendredi 5 Janvier 2018. Dans une interview accordée à Laprunellerdc.info (Lprdc), MRT9 et le Journal le Souverain, le numéro un de la police au Sud-Kivu n’a pas été très tendre avec les initiateurs surtout avec la nouvelle dynamique de la société civile.
Ce dimanche, c’est bien Jean-Chrysostome Kijana,(J.C) trop cité par le Général de la PNC qui a décidé de réagir à ces propos du numéro un de la police au Sud-Kivu. Le président de la NDCI promet même des poursuites judiciaires pour diffamation contre Louis Segond Karawa. Pourtant conciliant sur les questions de collaboration avec la police nationale Congolaise pour le bien-être de la population, Kijana ne compte pas transiger sur son honneur et sa réputation. (Interview) Une interview de Karawa que vous pouvez relire ici http://www.laprunellerdc.info/2018/01/06/karawa-police-sud-kivu-a-propos-de-la-plainte-contre-lui-je-ne-me-reproche-de-rien-dans-cette-histoire-moi-je-ne-suis-pas-commandant-de-villeinterview/
Lprdc : Monsieur le président national de la Nouvelle dynamique de la société civile en RDC, bonjour.
JC : Bonjour
Lprdc : Vous avez suivi la réaction trop dure du commissaire provincial de la police au Sud-Kivu qui s’est exprimé aux micros de Laprunellerdc.info, du journal le Souverain et de la MRT9 par rapport à votre plainte, la plainte des forces vives et politiques et vous avez une réaction.
J.C : Oui, j’ai suivi avec grande déception les déclarations du Général Louis Second, j’ai eu du mal et refusé à croire que celui qui parlait. Au fait, j’ai toujours un grand respect envers sa personne et je croyais avoir à faire à un officier général de grande carrure. Malheureusement, il est descendu trop bas jusqu’à nous proférer des injures publiques et autres imputations dommageables. Après tout je l’ai vite compris. Il a une conscience qui ne lui laisse pas tranquille, une conscience qui lui rappelle qu’en réprimant dans le sang ses propres concitoyens, surtout que parmi les manifestants il y a ses frères, ses amis, ses collègues de classe (le Président de notre structure à Kasha est collègue de classe à Louis Second), donc il réprime, mais en lui il est dérangé. Et quand il a vu la plainte, il s’est dit ça y est, c’est toute une carrière qui est ainsi salie, et là il a perdu tout contrôle et s’est livré à des déclarations indignes d’un officier de sa trempe. Ceux qui ne maîtrisent pas bien les rouages de pareilles poursuites pensent que c’est un fait anodin. Et, bien, N.O.N. Une plainte reste une et va le poursuivre toute sa carrière durant. Comme un officier averti, le général Louis Second s’en est rendu à l’évidence et voilà pourquoi il s’agite un peu trop. Mais, moi, je le comprends bien et au vu du respect que je lui ai toujours donné et vu mon éducation, je me refuse de descendre bas en engageant un jeu de ping-pong.
Lprdc : Monsieur le président, comment est votre moral en ce moment ? Toujours imperturbable ?
J.C : Mon moral reste très haut, je reste calme, serein, déterminé et surtout Imperturbable. Vous, savez, Monsieur le journaliste, Jean Chrysostome Kijana est un défenseur des droits de l’homme de portée internationale qui ne se laisse jamais intimider par qui que ce soit. Je suis de la nouvelle génération de ces congolais qui ont choisi la voie de l’excellence, de la vérité, de la justice et du patriotisme. Je ne fais donc pas partie ni des “Moyens” et encore plus des “Médiocres”. Donc, je n’ai rien à perdre, je n’ai aussi rien à gagner, tout ce que j’ai c’est le Congo, ma patrie qui doit sortir ragaillardie. Comme le Cardinal Malula, moi aussi je dis: “mieux vaut être crucifié pour la vérité que de crucifier la vérité”. Donc, Suis prêt à tout, y compris à mourir pour une cause noble. Si ceux qui ont des armes et portent des galons pensent nous éliminer ou nous faire un quelconque mal, OK, je les encourage à le faire, mais qu’ils sachent que même au ciel, il leur sera demandé des comptes.
Lprdc : Dès la publication de l’interview sur notre média, vous vous estimez lésé par les propos du Général Karawa et vous avez envie de porter l’affaire en justice mais cette fois pour diffamation.
J.C : Oui, que voulez-vous, cher Honneur ? Mon grand frère Louis Second que je respecte beaucoup, je le rappelle, nous taxe de tous les maux, vilipende notre organisation, fait des graves imputations dommageables, nous ne pouvons que nous plaindre en justice. Chose que comptons faire dans les heures qui suivent. Seule la justice élève une Nation. Et moi, je demeure convaincu qu’il existe encore des hommes de loi qui sont intègres et qui vont se laisser guider que par le Droit en nous remettant dans nos droits. Karawa n’a pas blessé que notre propre honneur, mais l’honneur et la réputation de toute une famille, d’une femme, de 7 enfants, dont l’aînée est aujourd’hui en 2ème CO et qui a refusé de tolérer que des propos diffamants soient tenus à l’encontre de son cher Papa, et elle m’a dit :”Papa, ne laisse pas passer de tels propos, et s’il vous tuait comme il a des armes et toute une police avec lui, moi et mes petits frères et sœurs, nous te vengerons”.
Alors, je ne peux qu’agréer à la demande de ma fille. J’espère que le Général Louis Second a aussi des enfants qui ne pourraient pas permettre qu’on le qualifie d’immoral. Comme je ne peux pas me faire justice, je me laisse à la disposition des cours et tribunaux. Nos officiers se devraient être exemplaires et comprendre que les galons qu’ils portent ne les rendent pas des extraterrestres ni des super congolais qui doivent piétiner et traiter les autres congolais de tous les maux. C’est nous civils, citoyens qui faisons d’eux ce qu’ils sont et par conséquent, ils nous doivent beaucoup d’égards.
Lprdc : Vous estimez que le commissaire de la police a réduit ce débat à votre propre personne. Avez-vous un problème particulier avec lui ?
J.C : Je n’ai aucun problème particulier avec le Général Louis. J’aurais quel problème avec lui ? Je connais pas chez lui, et lui ne connaît pas non plus chez moi. J’ai été reçu une fois par lui dans son bureau, à son invitation et c’était juste quelques jours après sa nomination à la tête de la PNC ici. Et ce jour-là, dans son bureau, moi avec certains de mes collaborateurs avons échangé dans un très bon climat et en structure citoyenne responsable, nous lui avons remis un cahier des charges clair et précis avec beaucoup d’éléments susceptibles de l’aider dans son travail. Après la séance, nous sommes partis avec mon petit véhicule. Demandez-lui si nous lui avons demandé même un seul rond. Qu’il vous dise encore quel jour et en quelles circonstances moi ou un membre de la NDSCI lui avons sollicité l’argent. Je pense que le Général devrait respecter ses concitoyens et notre organisation qui jouit d’une bonne crédibilité aux yeux de la population congolaise, une réputation qui a dépassé déjà même les frontières nationales, nous n’avons donc pas besoin de son argent, surtout quand nous regardons les conditions difficiles dans lesquelles, nos policiers, militaires et autres salariés de l’Etat, vivent. Nous ne pouvons donc pas lui ajouter à ses difficultés. La NDSCI vit de cotisations de ses organisations membres et d’autres subventions de ses partenaires. Notre Général n’a donc pas des portes à fermer, parce qu’on ne lui a jamais demandé de les ouvrir et il nous verra jamais venir chercher qu’il nous les ouvre. Si pour beaucoup, la corruption c’est la règle, à la NDSCI et nous-mêmes personnellement, sommes pas de cette école. Nous luttons contre les antivaleurs dans toutes ses formes, y compris la corruption qui se fait à ciel ouvert par certains éléments de la PNC sur nos routes ici à Bukavu. Et sommes prêts à aider notre Général à y mettre fin avant de taxer les autres de qu’ils ne sont pas.
Lprdc : Le combat et la crédibilité de la NDSCI, votre structure ne sont-ils pas mis en cause par cette sortie fracassante du responsable provincial de la PNC ?
J.C : Non, par contre la sortie ratée du Général Louis Second est venu renforcer la crédibilité et la confiance de la population dans le travail citoyen que fait la NDSCI et dont les résultats sont éloquents.
De tous les coins de la République et du monde, mon portable est sur le point d’exploser suite aux messages innombrables qui arrivent à flot, et tous les messages nous témoignent le soutien total. Le Général n’était pas obligé de parler, bon, hélas, il a préféré parler, et aujourd’hui, je suis sûr qu’il le regrette, parce que tout avisé a eu une toute autre image de notre Général.
Lprdc : Comment entrevoyez-vous la collaboration avec la police dans ce climat de méfiance qui s’installe visiblement entre vous en tant que partenaires ?
J.C : Méfiance ? Pourquoi il y aurait méfiance ? Pour moi, il n y a rien de méfiance entre la PNC et notre structure. Nous sommes une structure citoyenne responsable et avec une nouvelle vision qui considère les autorités pas comme des adversaires, mais comme des partenaires clés et incontournables. Nous n’avons rien contre le Général ni contre la PNC. N’individualisons pas cet exercice démocratique. Louis Second, reste notre général à nous tous et allons continuer à collaborer avec lui et tous les services de la PNC qui est un instrument à nous tous.
Lprdc : Votre message à l’endroit de ceux qui croient au combat de la NDSCI que vous avez l’honneur de présider ?
J.C : Notre message de la fin c’est de dire à toute la population que seule la justice élève une Nation. Apprenons à revendiquer nos droits. Quittons la naïveté et débarrassons- nous de toute peur pour le bien de notre Nation, seul patrimoine en commun que nous avons. La démocratie a des vertus, notamment la tolérance et l’acceptation d’opinions divergentes. Avoir d’opinions divergentes ne fait pas de nous des ennemis. “Tuambiyane ukweli na tuepuke ujeuri”!!!
Lprdc : Monsieur le président national de la nouvelle dynamique de la société civile en RDC, merci
JC: C’est moi qui vous remercie.
Propos recueillis par Honneur-David Safari
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