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    Janvier, [nom d’emprunt] est un survivant du massacre de Katogota, Plaine de la Ruzizi, survenu il y a de cela 21 ans. Il a perdu tous les membres de sa famille y compris ses parents et tous ses frères.

    Celui-ci raconte comment son père a été amené de chez lui vers 15 heures de la journée du 14 mai 2000; jusqu’à la rivière Ruzizi où il a été égorgé et jeté dans ladite rivière.  Sa mère, elle et ses 6 frères et sœurs; ont été tués par balle dans la cachette où ils étaient. « Janvier » comme d’autres survivants se bat désormais pour la justice contre ces odieux crimes. (Interview).

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    LaPrunelleRDC: Bonjour monsieur

    Janvier: Bonjour

    LaPrunelleRDC: Voudriez-vous nous parler de ce que vous avez vécu le 14 mai 2000 ici à Katogota?

    Janvier: Le 14 mai 2000, il y avait mutation des militaires en provenance de Lubarika pour Bwegera. Le militaire de Lubarhika n’étaient pas contents de cette mutation qu’il ont préféré la saboter.

    C’étaient des militaires très coriaces. On ne pouvait pas nous approcher d’eux. C’étaient des rebelles du RCD.

    Ce commandant a alors monté un coup en plaçant des militaires en un endroit appelé Mukamba. Alors que son remplaçant devrait venir à Bwegera, il lui a tendu une embuscade et il est mort à Mukamba.

    Voulant effacer toute trace de cet incident, ce même commandant va ordonner que les civils soient massacrés comme pour se venger. Il était aux environs de 15 heures quand ces militaires se sont introduits dans des ménages; tuant par armes blanches et armes à feu des centaines de personnes.

    LaPrunelleRDC: Que gardez-vous de ce jour

    Janvier: Ils sont venus chez nous à la maison, ils étaient armés et munis de couteaux, machettes et autres. Ils ont amené mon père vers la Ruzizi. Avant cela, mon père leur a quand-même supplié de ne pas le tuer. Il leur avait remis tout l’argent qu’il avait.

    Après avoir achevé mon père; ils sont revenus et ont retrouvé ma mère dans la cachette où elle se cachait avec mes frères et sœurs.  Ces militaires ont tiré à bout portant sur mes familiers. Ma mère était enceinte et n’est pas morte sur le champ. On l’a tirée du dessous du lit puis on l’a poignardé dans le ventre et on est aussi parti la jeter dans la Ruzizi.

    Comme si cela ne suffisait pas, ils sont partis chez mon oncle paternel. Ils lui ont tapé un marteau sur la tête . Il est donc mort sur le champ.

    La PrunelleRDC: Où étaient-il enterrés vos proches?

    Janvier: On n’a pas permis qu’ils soient enterrés. Après qu’ils finissaient de tuer; ils tiraient les cadavres et allaient les jeter dans la Ruzizi.

    Beaucoup d’autres ont été jetés dans des toilettes. Nous sommes rentrés le lendemain, quand nous sommes rentrés de la brousse, on a pris tous les corps dans les toilettes et les avions enterrés. Une semaine plus tard, les rebelles sont revenus aux environs de 1 heure du matin; et ont déterré tous les corps et les ont jeté dans la rivière.

     

    LaPrunelleRDC: Qu’est ce qui était à la base de cette guerre ici à Katogota

    Janvier: Tout est parti de ce conflit et refus de mutation. Entre eux, il y avait un peu comme un conflit de leadership. Malheureusement la population en est tombée victime. Celui qui devrait aller à Bwegera ne l’a pas voulu et a monté un plan pour tuer celui qui est venu le remplacer.

    LaPrunelleRDC: Combien de personnes sont mortes selon vous ce jour?

    Janvier: Dans le village, nous avions compté au total 375 personnes tuées. Mais nous pensons que ça devrait être plus que ça; car il y avait d’autres qui étaient tués qui provenaient du marché à Lubarika et qui n’étaient pas de notre village. Moi personnellement j’ai perdu 8 membres de ma famille.

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    LaPrunelleRDC: quelle est votre demande aux autorités et aux autres personnes

    Janvier: Il faut dire que pour moi, à chaque fois que cette date arrive, je me rappelle de toute la scène comme si c’était hier. Je l’ai toujours demandé: que le gouvernement congolais mette en place un mécanisme de justice pour que les auteurs de ces actes soient jugés et répondent de leurs actes.  Je n’ai pas pu étudier à cause de ces massacres. Je suis sûr que si mes parents n’étaient pas tués par ces rebelles, ma vie serait plus mieux que maintenant. Voilà pourquoi j’insiste, qu’on installe un tribunal et que l’on comparaisse avec ces criminels et que nos familles soient aussi indemnisées.

    Propos recueillis par LaPrunelleRDC

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